« Ce qui m’a vraiment mis en colère, c’est que ce n’est pas la première fois que cela arrive. »
Cette déclaration inattendue est celle d’Ayao Komatsu, directeur de l’écurie Haas en Formule 1, alors qu’il revenait sur le Grand Prix de Grande-Bretagne – une course où son équipe a peiné face à des conditions météo changeantes – dans l’enceinte des paddocks, à l’approche du GP de Spa-Francorchamps.
Komatsu a insisté sur la nécessité pour Haas d’exécuter ses courses proprement et de saisir les opportunités. Pourtant, une fois de plus, l’équipe a manqué le coche lors de la course principale en Belgique, notamment lors du moment crucial du passage des pneus intermédiaires aux slicks.
Oliver Bearman et Esteban Ocon occupaient respectivement les 11e et 12e places lors du premier relais, mais aucun des deux n’a réussi à anticiper un arrêt au stand opportun. Plus frustrant encore, Ocon fut le dernier à chausser des pneus slick – sur le même tour que trois autres pilotes – mais sur des gommes usagées, un choix difficile à expliquer. Les monoplaces Haas ont alors dégringolé aux 14e et 20e places, pour finalement terminer 11e et 15e.
Juste en retardant son arrêt de deux tours, Ocon a perdu environ 28 secondes face à Lewis Hamilton, premier à changer ses pneus. À peine deux secondes s’expliquent par le fait que le Français a volontairement laissé passer son coéquipier Bearman. « L’équipe ne m’a pas demandé de le laisser passer, mais je le ralentissais beaucoup au milieu du circuit, et cela abîmait davantage mes pneus », a-t-il précisé après la course.

Malgré tout, Ocon n’a pas caché sa frustration devant la presse. « C’est vexant. Il y a deux décisions cruciales que nous n’avons pas prises correctement. »
« La première, c’était évidemment de rentrer deux tours trop tard. Il faudra revoir tout ça après ces deux dernières courses, car j’ai l’impression qu’en conditions humides, nous manquons de cohérence. »
« La deuxième erreur, c’était de chausser des pneus usagés alors qu’on avait une nouvelle monte prête dans le camion. J’ai en fait roulé 35 tours avec des gommes déjà utilisées. C’est une erreur coûteuse. »
Interrogé par Motorsport.com pour savoir s’il avait demandé à anticiper son arrêt, Ocon est resté prudent, pesant ses mots. « Nous allons tout analyser. Si besoin, je donnerai plus d’informations à l’avenir. Mais il existe un processus clair concernant qui prend les décisions dans l’équipe. J’estime avoir fait tout ce que je devais, mais c’est une erreur collective et nous ferons tout pour que cela ne se reproduise plus. »

En évitant de pointer du doigt son équipe, Ocon laisse entendre qu’il a probablement demandé à pit-stop plus tôt, refusé peut-être pour éviter un double arrêt rapproché, les deux voitures tournant proche l’une de l’autre. À moins que sa demande soit intervenue trop tôt, auquel cas l’équipe aurait jugé le passage aux slicks trop risqué.
De son côté, Bearman, déjà pénalisé par un arrêt tardif, a également souffert de problèmes techniques.
« C’est incroyablement frustrant, » a déploré le jeune Britannique. « Nous avons stoppé un tour trop tard pour passer des intermédiaires aux slicks et nous avons été sous-cotés par plusieurs pilotes – mais c’est compliqué de juger ça. »
« Pour ma part, je donnais peu de retour sur la piste car je galérais avec un souci moteur, notamment la charge de batterie et d’autres ennuis techniques. »
Au moins, Haas a décroché six points précieux lors du sprint, avec une impressionnante 5e et 7e place, se rapprochant d’Aston Martin, désormais à la 8e position du championnat constructeurs. Le prochain GP de Hongrie sera une nouvelle occasion de progresser… à condition de revoir les choix stratégiques.
« Je vois qu’il y aura probablement un peu de ‘météo’ là-bas aussi, » a prévenu Ocon. « Il faudra absolument régler nos réglages avant d’y arriver. Mais il n’y a aucune raison pour que nous ne performions pas là-bas. »
Points à retenir
- Les erreurs stratégiques récurrentes coûtent cher à Haas face aux équipes plus expérimentées.
- Le passage des pneus intermédiaires aux slicks reste un moment critique, surtout sous des conditions météorologiques instables.
- Ocon semble en partie responsable, mais la chaîne décisionnelle au sein de l’équipe inquiète par son manque de réactivité.
- Bearman, tout en jouant un rôle d’équipe, a souffert de soucis techniques qui n’ont rien arrangé.
- Malgré tout, Haas montre des signes d’amélioration en sprint, à suivre dans les prochaines courses.
- Le Grand Prix de Hongrie pourrait bien être un nouveau terrain d’apprentissage, notamment en stratégie sous la pluie.
En somme, on a l’impression que le manque de synchronisation chez Haas coûte des places et des secondes précieuses, mais au moins ils ne manquent pas d’auto-critique. Restons curieux de voir s’ils parviendront à transformer ces petits couacs en leçons efficaces. Après tout, ce serait dommage de gâcher encore du spectacle, non ? Je parie toutefois que le paddock préfère quand ça fuse un peu plus…