«Comment décririez-vous ce week-end ? 2025 !» Fernando Alonso lâchait cette sentence en quittant le Grand Prix d’Italie. «Je n’ai jamais connu une telle série de mauvais résultats consécutifs ni autant de poisse dans ce sport. C’est vraiment difficile à supporter», avouait Carlos Sainz, juste hors des points. Cette saison, la chance semble avoir deux visages pour les deux pilotes espagnols. L’un comme l’autre pourraient multiplier les arguments en faveur d’un destin façonné par le hasard. La réponse d’Alonso reflétait d’ailleurs bien ces tourments. Monza a une nouvelle fois offert l’illustration d’une journée désespérante où le talent impressionnant de Max Verstappen et la promptitude de Red Bull ont fait la différence.
Après avoir placé sa monoplace dans une position improbable dès le samedi après-midi, Alonso a livré une réponse énigmatique face aux médias, sollicité sur sa prestation exceptionnelle et celle de Verstappen : «Je fais mon travail. Avoir Max Verstappen ou Fernando Alonso dans son équipe, ça comporte ses avantages et ses inconvénients.» Son visage sérieux n’a jamais bronché malgré le résultat.
La relation commence-t-elle à montrer des signes d’usure ? Quels sont les inconvénients à compter sur un pilote comme Alonso ? Les avantages, eux, ont éclaté au grand jour à Monza. L’asturien allait vers un résultat illogique avec la monoplace la moins rapide en ligne droite, se battant avec Alpine sur le circuit à la vitesse moyenne la plus élevée de la saison. «Six points», lançait-il sèchement à la fin, exprimant une nouvelle perte de points en 2025.
«Nous étions septièmes, et je ne pense pas que beaucoup de voitures aient eu à nous dépasser. Nous étions aussi rapides, voire plus, que les autres», expliquait-il après la course. La performance d’Alonso reste marquante, autant par sa durée en piste que par ce qu’il aurait pu accomplir. «La chance du dimanche, même avec la voiture de sécurité, c’est catastrophique», ajoutait-il avant le départ. À Monza, la dure réalité s’est imposée une fois de plus.
Un miracle à portée de main
Alonso est parti de façon impeccable, gagnant une place, puis, après avoir été dépassé par Hamilton au cinquième tour, il s’est calé derrière Gabriel Bortoleto, cherchant à profiter du DRS face à une voiture presque 10 km/h plus rapide en pointe. Le miracle semblait possible : marquer des points sur un circuit qui a toujours posé problème à Aston Martin. Après un arrêt aux stands, il dépassait même le Brésilien, malgré la perte du DRS. Tous deux creusaient un écart suffisant pour tenir jusqu’au drapeau à damier. Une situation comparable à la course de Lawson en Autriche.
Mais dès le 26e tour, Alonso a connu un fait rare en Formule 1 moderne : une suspension cassée. Dans la sortie d’Ascari, l’arrière a lâché. «C’est incroyable», disait-il sur la radio, en proie cette saison à des incidents variés, entre Safety Car et fiabilité. Accusation d’abus des vibreurs, ou simple défaut de pièce ? «C’est un vibreur que nous avons pris tout le week-end, tout le monde le fait d’ailleurs. Je ne sais pas encore ce qui s’est passé, mais c’est évidemment à vérifier.»
Une prestation supérieure à Albon
Au terme de la course, le visage d’Alonso ne s’éclairait pas plus que le samedi. «Ce sont des dizaines de points que la malchance nous enlève, mais il n’y a rien à faire pour nous. Je pense que nous avons fait un week-end parfait, mais la malchance, ou une panne, nous prive encore de points. Il faudra continuer à essayer.» Si Alonso avait terminé, une fois de plus, sa présence chez Aston Martin aurait clairement fait la différence, tout comme Verstappen avec Red Bull.
Du côté de Carlos Sainz, le poids de la saison 2025 commence à peser lourdement sur ses épaules. Le Madrilène est enfermé dans une spirale négative dont il peine à sortir, une sorte de cercle vicieux qui se nourrit de lui-même. Plus il essaie de remonter, plus la saison s’enlise.
Comme à Zandvoort, Sainz a devancé Albon le samedi. Mais, comme à Monza, le Britannique engrange des points tandis que le pilote espagnol semble s’éloigner dans le classement général. Pourtant, le problème n’est pas le rythme ou la performance, qui sont au rendez-vous, mais l’incapacité à assembler les pièces du puzzle nécessaires à un week-end complet.
La remontée en cours
Au départ, Sainz a conservé ses positions, s’accrochant à un peloton où le DRS lui offrait un avantage de quelques dixièmes sur dix voitures. Alors que plusieurs concurrents rentraient tôt aux stands, en 26e place il a reçu une consigne douloureuse : laisser passer Albon, qui chaussait des pneus durs pour diversifier les stratégies. Pendant ce temps, il se plaignait à plusieurs reprises du fonctionnement de la batterie.
«Nous faisions une bonne remontée, même en partant en pneus médiums. Nous étions les derniers avec cette monte et avons dû la prolonger, même si elle se dégradait.» Au 31e tour, il rentrait aux stands pour un arrêt perfectible et reprenait la piste derrière Oliver Bearman. Dans leur duel, Sainz prenait l’avantage à l’entrée du deuxième virage. Sainz a prolongé son freinage à l’extérieur, Bearman a tenté de le suivre, mais manque d’espace, ils ont tous deux fait un tête-à-queue. Bearman écopait d’une pénalité de dix secondes, et Sainz, qui a croisé la ligne d’arrivée juste derrière Isack Hadjar (parti des stands), voyait son week-end s’envoler.
Pour diverses raisons, Alonso comme Sainz subissent pleinement la nature ingrate de la course automobile, un élément inhérent à toute compétition. Cette saison, Sainz a essuyé un véritable catalogue d’incidents. «C’est difficile à comprendre, difficile à accepter, c’est sûr. C’est dur à vivre. Aujourd’hui, encore un coup dur après Zandvoort, mais ça passera, je n’ai pas le choix.» Mais, curieusement, ça ne passe toujours pas.
Points à retenir
- Fernando Alonso et Carlos Sainz traversent une série noire en 2025, où la malchance semble omniprésente, affectant leurs résultats malgré des performances solides.
- Le Grand Prix de Monza a mis en lumière la résilience d’Alonso face à des incidents mécaniques défavorables, renforçant son image de pilote tenace.
- Max Verstappen et Red Bull confirment leur maîtrise, offrant un contraste criant avec les difficultés d’Aston Martin et Ferrari.
- La bataille interne chez Aston Martin montre une dynamique complexe : performances parfois solides mais résultats rarement au rendez-vous pour les Espagnols.
- Les stratégies de course, notamment autour des pneus et des consignes d’équipe, poursuivent leur rôle crucial dans l’évolution des positions pendant les courses.
- La persévérance reste au cœur du discours des pilotes malgré la frustration des circonstances, témoignant de leur professionnalisme et motivation intacte.
Alors que la saison avance, il est fascinant d’observer comment la théorie du destin – ou simplement la poisse – influe sur le sport automobile. Dans le grand théâtre de la F1, où tout peut basculer en un instant, se pourrait-il que la chance ne soit qu’un ingrédient sur le long chemin du hasard ? Ou simplement un spectacle pour mieux tester la patience des pilotes, et la nôtre ? En tout cas, moi je dis : si la poisse était un pilote, elle aurait déjà signé un contrat à vie avec Alonso et Sainz. Mais bon, on n’est pas là pour perdre notre sens de l’humour, alors continuons à regarder la course, c’est infiniment plus divertissant, même quand ça coince.