mer. Juin 24th, 2026

Le bilan global de Nico Hülkenberg pour la saison 2025 apparaît plutôt satisfaisant. Après 17 Grands Prix, le pilote expérimenté totalise déjà 37 points au championnat, ce qui le place à une solide dixième position au classement des pilotes. Son premier podium à Silverstone reste gravé dans sa mémoire, tout comme celle de ses supporters. Pourtant, au moment de son transfert chez Sauber, beaucoup pensaient qu’il devrait d’abord se contenter de modestes résultats.

Contre toute attente, Hülkenberg et sa nouvelle équipe suisse ont réussi à s’extraire du bas du classement pour s’installer au milieu du peloton. À un certain moment, ce prestigieux team a même atteint la sixième place au championnat des constructeurs. Aujourd’hui, il conserve une honorable huitième position, principalement grâce aux performances solides d’Hülkenberg. Son coéquipier Gabriel Bortoleto, avec seulement 16 points, n’a pas apporté la moitié de cette contribution.

Tout semble donc aller pour le mieux pour Hülkenberg, pourrait-on croire. Pourtant, une ombre vient ternir ce tableau plutôt brillant : ses qualifications. Ce domaine, longtemps considéré comme sa spécialité, ne lui réussit plus. Lors de ses deux dernières années chez Haas, il accédait fréquemment en Q3, malgré un matériel parfois moins performant. Cette saison, le pilote de 38 ans doit encore attendre pour décrocher une place dans la moitié avant de la grille de départ.

Les détails qui font la différence

Hülkenberg peine à expliquer pourquoi : « Notre voiture est moins performante sur un tour que sur la distance de course. Je manque encore un peu de confiance à la limite absolue, je ne me sens pas totalement à l’aise. Et souvent, dans ce peloton serré, il manque seulement quelques centièmes pour passer au tour suivant ou gagner quelques places. »

Malgré les améliorations apportées à Barcelone, le Sauber reste délicat à manier dans la zone rouge, comme le confirment les deux pilotes. Toutefois, cela n’explique pas que Bortoleto ait déjà battu Hülkenberg en qualifications à 11 reprises sur 17. Les deux disposent pourtant du même matériel. On aurait attendu d’un vétéran comme Hülkenberg qu’il maîtrise mieux une voiture difficile que son jeune coéquipier. Mais récemment, ce duel interne a tourné nettement en faveur de Bortoleto, victorieux sept fois d’affilée.

Au début de saison, la tendance était tout autre : lors des cinq premiers GP, Hülkenberg avait devancé son partenaire à quatre reprises. Mais dans les douze sessions suivantes, il ne l’a devancé que deux fois. Il serait temps d’inverser cette dynamique. Dans un contexte où l’effet DRS faiblit à cause des ailerons arrière plus petits et où les pneus Pirelli limitent les stratégies alternatives, rattraper ses concurrents en course devient de plus en plus rare.

Nico Hülkenberg - Sauber - GP Hongrie 2025
Le Sauber ne répond pas toujours parfaitement aux attentes d’Hülkenberg, notamment en qualifications.

Pas de problème fondamental

Il faut souligner que, malgré ses difficultés lors des séances qualificatives, Hülkenberg parvient à engranger des points régulièrement. Avec 243 départs en Grands Prix à son actif, il n’a visiblement rien perdu de sa vitesse en course. Ce constat contraste avec ce qui semble être une anomalie statistique en qualifications, une source probable de frustration pour le pilote lui-même.

Lors du Grand Prix de Bakou, nous avons interrogé Jonathan Wheatley, le directeur de l’équipe Sauber, sur l’origine de ces difficultés le samedi. « On me pose cette question de plus en plus souvent », admet-il. « Je ne pense pas qu’il y ait un problème fondamental. Nico est un pilote très expérimenté et rapide. La différence se joue souvent à quelques millièmes ou centièmes. Il n’a jamais manqué beaucoup de temps. »

Wheatley estime que cette « crise » des qualifications sera rapidement oubliée : « On a beaucoup parlé du fait que Nico n’était jamais monté sur le podium, et maintenant, c’est derrière nous. Je pense que ce problème de qualifications n’est qu’une phase. Il n’a pas un grand défi à surmonter, il doit juste retrouver son rythme. »

De nouveaux défis pour Bortoleto

À Bakou, le redressement n’a pas eu lieu : « En troisième séance d’essais libres, il a réalisé un très bon tour, ce qui aurait dû lui donner confiance », raconte Wheatley. « Mais un contact avec le mur en Q1 l’a privé de points de comparaison pour sa deuxième tentative. Aujourd’hui, réussir en qualification suppose de réussir son premier run et de s’améliorer étape par étape ensuite. »

Le patron de Sauber souligne aussi que Bortoleto représente un adversaire coriace en interne : « Gabriel est aussi un pilote rapide. Lorsqu’un des deux réalise un tour parfait, il gagne le duel. Sur les circuits qu’il connaît bien, Gabriel a su faire la différence dernièrement. »

Avec l’arrivée prochaine de circuits encore inconnus de Bortoleto, à Singapour, Austin, Mexico, São Paulo et Las Vegas, Hülkenberg pourrait bien mettre un terme à sa série noire. On raconte que Bortoleto est un élève assidu, qu’il apprend vite et qu’il n’hésite pas à observer son coéquipier expérimenté. Cette qualité est souvent essentielle pour devenir un pilote à succès.

Points à retenir

  • Nico Hülkenberg se situe actuellement à la 10e place du championnat pilotes en 2025, avec 37 points et un premier podium à Silverstone.
  • Sauber progresse nettement, occupant aujourd’hui la 8e place du championnat constructeurs grâce aux points de ses deux pilotes.
  • Malgré son expérience, Hülkenberg connaît des difficultés inhabituelles en qualifications, souvent battu par son jeune coéquipier Gabriel Bortoleto.
  • Le manque de confiance à la limite et la physique parfois imprévisible de la Sauber expliquent en partie ces contre-performances.
  • L’équipe et le pilote restent optimistes, estimant que ce creux de forme est passager, d’autant plus que les circuits à venir sont nouveaux pour Bortoleto.
  • Le duel interne pourrait se rééquilibrer, grâce à l’expérience d’Hülkenberg et à l’apprentissage constant de Bortoleto.

Au final, l’année 2025 résonne comme une phase pleine d’enseignements chez Sauber, où même un pilote aussi aguerri que Nico Hülkenberg peut se retrouver à devoir réviser sa manière de briller sur un tour rapide. Cela incite à se demander : dans ce sport ultra-technique et souvent redoutablement serré, combien de temps peut-on encore se permettre de compter uniquement sur l’expérience, sans s’adapter aux nouvelles réalités ?

Et entre nous, ce n’est pas moi qui plaindrais Hülkenberg trop longtemps : trouver un bon rythme en qualification, c’est un peu comme chercher ses lunettes quand on les a sur le nez—parfois on tourne en rond, alors qu’il suffirait d’un petit coup de pouce (ou d’un tracé inédit) pour remettre les pendules à l’heure. En attendant, on garde le popcorn près de soi, parce que la suite promet quelques beaux rebondissements.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *