mar. Juin 23rd, 2026

Steven Soderbergh a réalisé un film surnaturel avec un scénario signé par le vétéran d’Hollywood, David Koepp. L’histoire se déroule dans un seul lieu : une maison familiale hantée. Le point de vue principal est celui d’une caméra à main, agissant comme le témoin silencieux des événements qui se déroulent. Elle nous fait explorer la maison, gravissant les escaliers, entrant et sortant des chambres, tandis qu’il semble interdit de s’aventurer dans le jardin ou sur le porche. Nous apercevons ce qu’elle voit.

Le film « Presence » est conçu avec élégance et parcimonie. Les scènes de dialogue sont présentées de manière dépouillée, souvent filmées à distance (la présence fantomatique étant distante) et entrecoupées de noirs. C’est bien joué, discipliné et intime, à la manière d’une pièce de théâtre. Cependant, un moment audacieux et peu subtil de surnaturel criant, survenant tôt dans l’histoire, semble trahir cette approche. Peut-être s’agit-il d’un compromis commercial, car en dépit d’un certain cool et de moments étrangement glaçants où un personnage jette un regard méfiant vers l’objectif, il fallait rassurer le public sur le fait qu’il s’agissait bien d’un film d’horreur. Le spectateur doit être témoin des manifestations du fantôme, tel un objet soulevé pour être repositionné dans la pièce. La musique avec ses cordes en crescendo accentue également cette sensation de frayeur.

Le fantôme peut être interprété comme une expression métaphorique du malheur terrible et de la dysfonction familiale. Au début, la maison est vide lors de leur emménagement : Chris (Chris Sullivan), Rebecca (Lucy Liu) et leurs enfants adolescents, le champion de l’équipe de natation Tyler (Eddy Maday) et la sensible Chloe (Callina Liang). La déterminée Rebecca apprécie cette maison car elle les place dans un quartier où son chéri Tyler pourra briller en tant que star du sport. Cependant, elle néglige Chloe, la préférée de Chris, qui est enfermée dans une dépression à cause des tragédies ayant frappé ses amis. D’ailleurs, cette maison semble un peu au-dessus de leurs moyens ; Rebecca, qui boit trop, aurait peut-être contourné certaines exigences financières pour obtenir son prêt. Tandis que nous, et le fantôme plutôt implacable, assistons à ses conversations téléphoniques secrètes et à la suppression d’emails, Chloe commence une romance fatale avec Ryan, l’ami de Tyler (West Mulholland).

En matière de frissons, il y a une nuance à faire entre une réaction fugace de personnages se sentant perturbés par la présence insaisissable du fantôme et ce dernier qui s’immisce de façon concrète dans leurs vies pour les effrayer durablement. Le comportement du fantôme s’avère parfois incohérent ; après avoir protégé Chloe d’un danger au début, il est difficile de comprendre pourquoi il ne réagit pas à nouveau de la même manière quand Chloe se retrouve à nouveau en danger. Peut-être que le fantôme choisit de risquer tout pour provoquer un dénouement terrible.

« Presence » présente des défauts. Il n’atteint pas le niveau de chef-d’œuvre tels que « A Ghost Story » de David Lowery ou « Les Autres » d’Alejandro Amenábar. Mais Soderbergh parvient à le diriger avec brio et rythme, alliant budget limité et haute intelligence, comme on peut s’y attendre de lui.

« Presence » sera à l’affiche aux États-Unis et au Royaume-Uni le 24 janvier, et en Australie le 6 février.

Bon à savoir

  • Steven Soderbergh est également connu pour ses œuvres variées dans le cinéma, allant du thriller au drame.
  • David Koepp a collaboré avec des réalisateurs de renom et a signé plusieurs scénarios à succès au fil des ans.
  • Le film aborde des thèmes de famille, de sécurité émotionnelle et de la lutte intérieure, tant au niveau des personnages que de la dynamique familiale.

Ce film soulève des questions sur la manière dont les environnements de vie influencent les relations familiales et la psychologie des personnages. La présence d’un fantôme peut-elle réellement symboliser les non-dits et les tensions sous-jacentes au sein d’une famille ? La discussion mérite d’être ouverte sur la manière dont la peur et l’invisible peuvent nous révéler des vérités sur notre façon d’interagir avec les autres.


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2 thoughts on “Critique de Présences – Le film de Soderbergh : un regard fantomatique sur une famille déréglée”
  1. Le film « Presence » me fait réfléchir à l’impact que notre environnement familial a sur notre bien-être. Les fantômes peuvent symboliser nos luttes invisibles, qu’en pensez-vous ?

  2. Julien, ce film semble capturer l’essence de la peur familiale ! L’idée que le fantôme symbolise des tensions est fascinante. J’ai hâte de le découvrir en salle.

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