Yen Press, engagé à offrir les dernières nouveautés en matière de manga web aux lecteurs de langue anglaise, présente « Mad Miniscape » d’Ayumu Hirose. Ce récit mêle tranches de vie et éléments horrifiques, tout en intégrant un (semble-t-il) triangle amoureux. Malheureusement, le premier chapitre ne parvient pas à captiver le public en raison d’une approche visuelle et narrative peu engageante.
Après avoir perdu son ami d’enfance, Minoru, dans un accident de voiture, Asahi semble poursuivre sa vie d’adulte sans encombre. Pourtant, Minoru n’est pas vraiment parti ; son esprit vengeur hante le domicile d’Asahi, menaçant de lui ôter la vie si certaines conditions ne sont pas remplies. Pour sa part, Asahi ne semble pas vraiment effrayée, sauf lorsqu’elle croise Wataru, le frère cadet de Minoru. Pourquoi Minoru semble-t-il si obsédé par le besoin de le contacter, et pourquoi change-t-il soudainement d’ami à ennemi ?
Hirose s’est fait connaître sur Kadokomi, la plateforme numérique de Kadokawa dédiée aux web comics. Son succès est survenu en 2020 avec la romance surnaturelle « Oshite dame nara oshite miro ! », qui a par la suite été publiée en version papier. Toutefois, l’après-propos de l’auteur à la fin de ce premier volume indique que l’horreur est le sujet qui captive le plus son imagination, considérée comme un genre touchant « nos émotions les plus profondes, les subtilités du cœur ». Malheureusement, c’est précisément ce qui manque à « Mad Miniscape », qui réduit l’introspection des personnages à quelques bulle de dialogues où ils expriment leurs frustrations. En effet : Minoru regrette de laisser Wataru derrière, Asahi n’arrive pas à contrôler le fantôme de Minoru, et Wataru se sent responsable de la mort prématurée de son frère.
Visuellement, « Mad Miniscape » apparaît moins soigné et moins réfléchi par rapport aux précédentes œuvres d’Hirose. Le design des personnages semble inspiré d’autres mangas à succès, notamment Minoru, qui rappelle un monstre de « Tokyo Ghoul ». Les scènes supposément effrayantes se reposent sur des fontaines de sang, masquant l’incapacité (ou peut-être le refus) de représenter des corps humains mutilés ou convulsants.
Il est vrai qu’il n’existe pas de règle formelle obligeant un mangaka à révéler toutes ses cartes dès le début, et il pourrait y avoir des développements inquiétants intéressants dans les prochains chapitres. Cela dit, le démarrage de « Mad Miniscape » n’incite pas suffisamment à poursuivre la lecture.
L’horreur, en tant que genre bien défini avec une iconographie articulée, peut représenter un défi pour un artiste qui n’a pas encore d’expérience dans la création de récits ou de personnages complexes, comme c’est le cas pour Hirose. Sa tentative n’offre pas de réinterprétation intéressante des schémas récurrents de l’horreur, surtout comparée à des œuvres comme « Ghost Talker’s Daydream » de Saki Okuse, ou pour ne citer qu’un exemple plus récent, « Dara-san of Reiwa » de Haruomi Tomutsuka, qui exploitent habilement un jeu entre érotisme et humour.
En somme, « Mad Miniscape » tente timidement de présenter une vision renouvelée du manga d’horreur en adoptant un cadre de tranche de vie. Cependant, il néglige de faire agir ses personnages de manière cohérente avec les événements paranormaux qu’ils vivent, rendant l’ensemble de l’histoire peu crédible et peu divertissante.
Points à retenir
- Yen Press mise sur l’engouement des lecteurs pour les mangas en anglais.
- Les thèmes de l’amitié et de la perte sont centraux dans l’intrigue.
- Le style visuel soulève des questions de créativité et d’originalité.
- Les personnages manquent de profondeur et de développement narratif.
- Un mélange de genres pourrait révéler des potentiels intéressants dans les chapitres futurs.
Il est en effet fascinant d’explorer comment les différents genres peuvent se croiser et donner naissance à de nouvelles narrations. Je me demande si « Mad Miniscape » saura transcender ses premières limites et surprendre ses lecteurs à l’avenir. Quel type d’évolution pourrait-on espérer pour Asahi, Minoru et Wataru ? Cela mérite réflexion !
