mar. Juin 23rd, 2026

Le 16 juillet dernier, dans les zones sous contrôle des Houthis, une nouvelle coupure de 200 riyals a été mise en circulation, provoquant une vague de mécontentement parmi les habitants de Sanaa. Selon plusieurs témoignages recueillis, cette nouvelle coupure se dégrade à une vitesse alarmante, signe d’une impression de très mauvaise qualité faite avec des matériaux bas de gamme.

En effet, dès quelques jours après sa mise en circulation officielle, les usagers ont constaté que le billet perdait rapidement ses couleurs, que les impressions et les éléments de sécurité s’effaçaient, et qu’il se déchirait très facilement au moindre pli ou frottement. Ce billet donne l’impression d’être usé comme s’il avait circulé pendant des années, ce qui a suscité de vives critiques sur la qualité du produit.

Des citoyens n’ont pas caché leur déception, affirmant que le billet « se détériore au contact de la main », et qualifiant cette nouvelle émission de véritable « catastrophe économique et technique ». Pour plusieurs observateurs, ce phénomène reflète non seulement un approfondissement du laxisme, mais traduit aussi la faillite des compétences techniques et administratives des milices.

Des experts financiers soulignent que cette dégradation rapide trahit un non-respect flagrant des normes internationales, tant sur la qualité du papier que sur celle de l’encre ou des dispositifs de sécurité. Selon eux, un billet dans de telles conditions n’a aucun avenir dans un système économique fonctionnel et risque d’accroître la défiance envers la monnaie locale.

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Cette sortie intervient à peine 72 heures après une autre initiative controversée : la fabrication et la mise en circulation d’une pièce de 50 riyals, réalisée en dehors du cadre légal, sans l’aval de la Banque centrale du Yémen, qui demeure l’unique institution habilitée à émettre la monnaie.

Ce double mouvement illégal accentue la fracture monétaire en cours dans le pays, avec d’un côté la monnaie émise par le gouvernement internationalement reconnu via la Banque centrale d’Aden, et de l’autre, une monnaie imposée de force par les Houthis dans les territoires qu’ils contrôlent, sans aucun contrôle ni régulation.

Des analystes économiques mettent en garde contre les conséquences néfastes de ces émissions incontrôlées, qui aggravent l’inflation et appauvrissent davantage le pouvoir d’achat des citoyens. Ces dérives compromettent également toute tentative future de stabilisation de l’économie nationale.

Certains experts perçoivent dans ces manœuvres une stratégie unilatérale destinée à consolider le contrôle des milices sur l’économie parallèle de la région, leur permettant d’engranger des profits importants en l’absence de transparence ou de reddition de comptes.

Dans un contexte déjà marqué par une crise économique sévère et une dévaluation accélérée du riyal face aux devises étrangères, cette nouvelle coupure de qualité déplorable vient jeter un nouveau pavé dans la mare, en sapant encore un peu plus la confiance générale et en intensifiant les difficultés des populations, confrontées à la dégradation des services et à la hausse du coût de la vie.

Des voix s’élèvent au sein d’experts et d’organisations nationales et internationales, appelant à un arrêt immédiat de ces émissions illégales, et à un retour à la seule autorité compétente qu’est la Banque centrale du Yémen, afin de préserver, autant que faire se peut, l’intégrité de l’économie nationale.

Points à retenir

  • Les billets de 200 riyals nouvellement imprimés dans les zones sous contrôle des Houthis se dégradent anormalement vite, ce qui choque les usagers.
  • La qualité médiocre reflète un manque flagrant de normes internationales tant dans le choix du papier que dans les encres et les dispositifs de sécurité.
  • L’émission de cette coupure fait suite à une sortie non officielle d’une pièce de 50 riyals, accentuant la division monétaire au Yémen.
  • Il existe maintenant deux monnaies parallèles, l’une gérée par le gouvernement d’Aden et l’autre imposée par les milices dans le Nord, sans aucune supervision officielle.
  • Les conséquences sur l’économie locale sont lourdes : accélération de l’inflation, perte du pouvoir d’achat, fragilisation de la confiance dans la monnaie nationale.
  • La démarche des Houthis semble aussi viser un contrôle total de l’économie locale, au prix de la légalité et de la transparence.
  • Malgré le contexte critique, ces pratiques restent source d’un immense gâchis pour l’économie yéménite et la vie quotidienne des citoyens.

En somme, cette émission de billets défectueux illustre, de manière criante, les dérives d’un système parallèle hors contrôle qui use et abuse d’une monnaie déjà fragile. Si l’on pouvait espérer une stabilisation monétaire malgré la guerre, il semble que les milices locales préfèrent creuser davantage le fossé économique pour asseoir leur mainmise. Une stratégie aussi risquée qu’ironique, quand on sait que la confiance reste le fondement invisible mais indispensable de toute monnaie… Mais bon, qui aurait cru que la qualité d’un billet de banque deviendrait une question de survie économique et de crédibilité politique ? Voilà de quoi nourrir bien des débats, et poser la question suivante : jusqu’où peut-on supporter une monnaie qui s’effrite dans nos mains avant que le système ne s’effondre vraiment ?


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Pas des conseils en investissement

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