Les États-Unis adoptent la réserve Bitcoin : un nouveau souffle pour la crypto au cœur des finances publiques
Alors que des entreprises diversifiées investissent massivement dans le Bitcoin et que Donald Trump salue la création d’une réserve nationale de cryptomonnaies, plusieurs États américains s’engagent dans une course législative pour instaurer leurs propres réserves en Bitcoin.
À ce jour, trois États ont adopté des lois spécifiques autorisant la constitution de réserves en Bitcoin, cinq autres ont rejeté ces initiatives, et dix-sept États étudient encore des propositions similaires, d’après les données fournies par le Bitcoin Reserve Monitor.
Parmi les États encore en réflexion figurent notamment l’Alabama, la Floride, la Géorgie, l’Illinois, le Michigan, ou encore la Caroline du Nord. La définition d’une « réserve Bitcoin » varie selon les législations : certains États envisagent d’acheter activement du Bitcoin sur le marché, tandis que d’autres se concentrent sur la gestion de cryptomonnaies saisies lors d’enquêtes ou de confiscations.
Bien que certaines propositions incluent d’autres actifs numériques, les critères stricts de capitalisation boursière – fixés généralement à un minimum de 500 milliards de dollars en moyenne annuelle – limitent en pratique la réserve au Bitcoin uniquement.
Nouveau Hampshire : le pionnier
Le Nouveau Hampshire s’est illustré en mai 2025 en devenant le premier État à adopter une loi autorisant une réserve Bitcoin, avec le vote de la HB 302. Signée par la gouverneure Kelly Ayotte, cette loi autorise le gouvernement à investir jusqu’à 5 % des fonds publics dans des actifs précieux et numériques, incluant le Bitcoin.
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Pour être éligibles, ces actifs doivent respecter des critères de capitalisation très élevés, ce qui, in fine, fait du Bitcoin le seul candidat sérieux. Le débat politique fut intense et la loi n’a été adoptée que de justesse, par 13 voix d’avance. La gouverneure s’est néanmoins félicitée de cette avancée en la qualifiant de « victoire pour l’innovation et la vision financière » de l’État.
Les réserves peuvent être détenues via des solutions de garde sécurisées, par des dépositaires qualifiés ou des véhicules d’investissement régulés.
Arizona : entre ouverture partielle et résistance
L’Arizona a entrepris plusieurs démarches autour de la conservation des cryptomonnaies d’origine étatique. En mai 2025, la HB 2749 a modifié la législation sur les biens non réclamés, permettant désormais de conserver les crypto-actifs sous leur forme d’origine plutôt que de les liquider.
Cette évolution a ouvert la porte à la gestion d’une réserve Bitcoin à partir des actifs saisis ou confisqués.
Mais les tentatives visant à élargir cette disposition se sont heurtées à la résistance, avec des veto du gouverneur Katie Hobbs sur deux projets de loi majeurs :
- Le SB 1025, qui proposait l’allocation de jusqu’à 10 % des fonds publics dans les actifs numériques, rejeté pour protéger les fonds de retraite des Arizonais.
- Le HB 2324, envisageant la création d’un fonds de réserve Bitcoin alimenté par les cryptos saisies, refusé au motif qu’il risquait de réduire la collaboration entre forces locales et gouvernement central.
Texas : un modèle d’ambition
Le Texas se distingue par une approche très affirmée en faveur des réserves Bitcoin. En juin 2025, le gouverneur Greg Abbott a promulgué les lois SB 21 et HB 4488, instituant la « Texas Strategic Bitcoin Reserve ». Cette réserve est protégée légalement contre toute dissolution facile par des majorités futures, assurant une stabilité inédite dans ce domaine.
Le cadre légal autorise l’intégration de Bitcoin et d’autres actifs numériques qualifiés via des achats, forks, airdrops ou dons. Là encore, la capitalisation minimale de 500 milliards de dollars sur 24 mois élimine la plupart des cryptomonnaies, ne laissant que Bitcoin.
États ayant rejeté les réserves Bitcoin
Plusieurs États ont tenté de suivre cet exemple mais sans succès, en raison de résistances politiques et de doutes financiers. À Montana, un projet de loi (HB 429) autorisant un investissement combiné allant jusqu’à 50 millions de dollars en cryptos, stablecoins et métaux précieux a été abandonné. Des initiatives similaires ont échoué dans le Dakota du Nord, la Pennsylvanie, le Wyoming, et le Dakota du Sud où un projet visant jusqu’à 10 % d’investissement en Bitcoin a été suspendu.
En Utah, une loi plus large autour de la blockchain a été adoptée, mais les dispositions relatives à une réserve Bitcoin en ont été exclues.
Ces échecs se justifient souvent par les craintes liées à la volatilité excessive du Bitcoin, les risques juridiques et l’incertitude quant à la durabilité de la crypto comme valeur refuge pour les fonds publics.
Points à retenir
- Trois États ont officiellement légiféré pour la création d’une réserve Bitcoin ; cinq autres ont dit “non” à la crypto en fonds publics.
- Dix-sept autres États, à l’instar de la Floride ou du Michigan, réfléchissent encore à leur avenir crypto, sans se décider définitivement.
- La définition d’une réserve Bitcoin est aussi variable que la valeur du Bitcoin, mais tous insistent sur un seuil élevé de capitalisation, assurant que seul le Bitcoin y trouve sa place.
- Le Nouveau Hampshire a adopté la première loi dédiée malgré un débat électoral serré, preuve que la crypto divise encore les élus.
- L’Arizona illustre bien les tiraillements entre ouverture partielle (conservation d’actifs saisis) et prudence stricte (protection des fonds de retraite).
- Le Texas impose une vision très volontariste, avec un cadre légal solide, préservant ses réserves des soubresauts politiques futurs.
- Dans plusieurs États, les craintes liées à la volatilité du Bitcoin, la sécurité juridique et la pérennité de ces actifs ont principalement conduit au rejet des projets.
En somme, la tentative américaine de mêler fonds publics et Bitcoin illustre à la fois un courage certain et une prudence non dénuée de bon sens. Tandis que certains États surfent sur la vague crypto avec enthousiasme, d’autres tempèrent leurs ardeurs, rappelant que la révolution numérique ne se traduit pas toujours par une révolution sans heurts dans les couloirs du pouvoir. De mon point de vue, cette valse hésitation nourrit un débat fascinant où innovation rime avec scepticisme, et où la finance classique se voit invitée, parfois à contre-cœur, à danser avec la technologie. Chez LesNews, on observe tout cela avec un intérêt mêlé d’ironie : après tout, qui a dit que la politique devait manquer de piquant ?
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