dim. Juin 14th, 2026

Demain, le 16 décembre, ma chère mère, Pita Ubando Covarrubias, fêterait ses 89 ans et continuerait à jouer du piano. Pour célébrer cet anniversaire, ma merveilleuse et aimante femme, Mayté, m’a invité hier soir au spectacle intitulé « Alondra de la Parra – Gershwin, la vie en bleu ».

Ce programme musical dédié à George Gershwin constitue une véritable célébration de son immense génie, qui réussit à fusionner la tradition classique avec l’esprit vibrant du jazz, émergeant entre deux guerres.

Depuis la Rhapsody in Blue qui, en 1924, a révolutionné la musique orchestrale en unissant les nuances du jazz à la majesté symphonique, jusqu’aux pièces mémorables de Porgy and Bess et Shall We Dance, l’œuvre de Gershwin nous propose un parcours sonore qui capture l’essence d’une époque et l’universalité des émotions humaines, reflétée dans la tumultueuse New York, grâce à des éclairages visuels illustrant cette époque.

Ce programme, à la fois numérique et analogique, minutieusement élaboré, est plus qu’une simple compilation de succès : c’est un voyage à travers le swing, le blues et la musique symphonique, où chaque note évoque les paysages urbains de New York, l’élégance de la comédie musicale et la nostalgie intemporelle du piano de Gershwin, qui, comme je l’ai déjà mentionné, est à mes yeux le reflet du jazz des années 50-60.

La performance prend vie sous la direction de Doña Alondra de la Parra, dont l’intelligence musicale et la maîtrise technique parviennent à transmettre toute la complexité et la fraîcheur de l’œuvre de Gershwin.

Plus qu’une simple cheffe d’orchestre, Alondra orchestre un dialogue vivant entre les musiciens, permettant à l’ensemble de s’exprimer avec une flexibilité impressionnante, comme si chaque instrument ressentait le rythme du jazz et de la partition classique simultanément.

Son leadership va au-delà de la baguette : dans un acte audacieux, Alondra franchit les barrières traditionnelles, descend de son podium pour danser, interagir avec les musiciens et se consacrer au piano, jouant à quatre mains dans un déploiement de virtuosité complice.

Ce spectacle déborde d’énergie et de charisme, transformant la direction orchestrale en une performance où la musique et le corps se confondent dans un même langage.

Les chanteuses, dotées de voix à la fois expressives et parfaites, ajoutent une dimension théâtrale qui met en avant la riche palette émotionnelle de Gershwin, naviguant avec une remarquable aisance entre le lyrique et le populaire.

Le « solo de batterie » a été un moment magique, presque hypnotique, où le temps semblait s’arrêter. À mesure que le batteur prenait le devant de la scène, l’orchestre se taisait, comme si chaque musicien retenait son souffle pour laisser les rythmes s’exprimer. Ce qui a suivi fut une déferlante de sons alliant une technique impeccable à une expressivité viscérale, réussissant ainsi l’impensable : la batterie, souvent releguée au second plan, est devenue le narrateur principal.

Chaque frappe, chaque roulement, chaque subtil « brush » sur les cymbales semblait raconter une histoire : le pouls d’une ville en pleine effervescence, l’écho du jazz des années 30, et l’intensité brute du rythme qui nous relie à notre essence la plus profonde.

Le batteur ne se contentait pas de jouer, il « dialoguait avec les silences », improvisait avec une audace quasi théâtrale et emmenait le public dans un voyage d’émotions pures, les spectateurs étant suspendus dans l’attente, sans jamais vouloir de pause. Ce moment, bien qu’il n’ait duré que quelques secondes ou peut-être quelques minutes, a effacé les limites du temps ; toute la salle a ressenti ce frisson, comme une onde d’électricité, tandis qu’Héctor Flores électrisait nos corps et enflammait nos âmes, chacun d’entre nous souhaitait danser.

À la fin de ce solo, quand la dernière note a résonné et que le silence est revenu, le public est resté en suspens un instant, comme si nous partagions tous la même pensée : nous venions d’assister à un moment unique. La batterie, par sa puissance et sa musicalité, nous a rappelé que même le rythme le plus primitif peut se transformer en œuvre d’art lorsqu’il est joué avec autant de passion et de maîtrise.

Quant au pianiste, que dire de plus ? Au-delà de sa technique extraordinaire, son interprétation semble incarner l’esprit même de Gershwin. Chaque accord, chaque improvisation (et il y a même un responsable des improvisations en direct, Thomas Enhco, à ne pas oublier dans le contexte du jazz) semble être un clin d’œil direct au compositeur, comme si, un instant, le temps se pliait et Gershwin lui-même était présent, souriant (et fumant) au piano.

Ce programme ne se contente pas d’honorer un géant de la musique du XXe siècle mais nous rappelle la capacité unique de la musique à connecter le classique au contemporain, mêlant habilement le numérique, presque en réalité virtuelle – sans VisionPro – à l’immersion qu’offre la projection, tout en reliant le rationnel à l’émotionnel, l’ordonné au spontané, allant même jusqu’à toucher notre cœur.

Alondra de la Parra et son orchestre nous offrent un hommage audacieux, plein de fraîcheur et de sensibilité, laissant le public avec le cœur vibrant et les oreilles émerveillées.

Je suis impatient de voir si, pour 2027, un(e) virtuose (comme l’unique Alondra) nous fera vibrer à l’occasion du centenaire du Metrópolis.*

Mes sincères félicitations à toute l’équipe dirigée par Alondra, car ils nous ont vraiment rappelé que même en vivant « La Vie en Bleu », vivre est tout simplement incroyable (GNP Seguros *dixit*).

* Hey, Alondra de la Parra, si tu as besoin, je suis là pour t’aider avec le Maschinenmensch ?

Bon à savoir

  • George Gershwin est reconnu pour son rôle clé dans la transition entre la musique classique et le jazz.
  • La Rhapsody in Blue a été un jalon dans l’histoire de la musique orchestrale, mêlant des éléments jazz aux structures classiques.
  • Alondra de la Parra est une chef d’orchestre mexicaine réputée pour sa capacité à marier technique et émotion dans ses performances.


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4 thoughts on “Alondra de la Parra – Gershwin : la magie en bleu”
  1. Quelle magnifique célébration de Gershwin ! La fusion du jazz et du classique est incroyablement inspirante et Alondra de la Parra apporte une énergie vibrant à cette performance unique.

  2. Sandrine, quel hommage vibrant à Gershwin ! J’ai adoré la manière dont tu as décrit la magie du spectacle et l’énergie de la performance. Ça donne envie d’y assister !

  3. Ce spectacle a vraiment l’air enchanteur ! La fusion entre jazz et musique classique captiverait tous les amoureux de l’art. J’aimerais tant vivre cette expérience sonore !

  4. Cet hommage à Gershwin semble incroyablement vivant, c’est inspirant de voir comment la musique classique peut fusionner avec le jazz. Une belle célébration qui doit vraiment être vécue !

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