Le jeu controversé "Fursan al-Aqsa" retiré de Steam au Royaume-Uni
En novembre, au cœur d’un spectacle médiatique, la plateforme de jeux en ligne Steam a supprimé le jeu Fursan al-Aqsa: The Knights of the Al-Aqsa Mosque de sa vente au Royaume-Uni. Cette décision fait suite à la pression exercée par la CTIRU (Counter-Terrorism Internet Referral Unit) sur Valve, la société qui gère Steam.
Étant donné que le Hamas est considéré comme une organisation terroriste au Royaume-Uni, il n’est pas surprenant que les services de lutte contre le terrorisme aient demandé à Valve de retirer le jeu. En effet, ce dernier pourrait être interprété comme une expression de soutien au groupe, ce qui le rendrait illégal.
Lancé en 2022, Fursan al-Aqsa permet au joueur d’incarner un combattant palestinien chargé de défendre la Vieille Ville de Jérusalem face aux soldats israéliens. En novembre 2024, un nouvel ajout a été apporté au jeu par son développeur brésilien, intitulé "Operation Al-Aqsa Flood Update".
Cette mise à jour permet aux joueurs de simuler l’offensive conduite par le Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre 2023. Des captures d’écran du gameplay montrent des combattants infiltrant des bases militaires israéliennes et parachutant au combat, rappelant les attaques réelles, où des membres du Hamas avaient utilisé des parapentes pour franchir les barrières israéliennes entre la bande de Gaza et Israël.
Le tollé suscité par le jeu a été suffisamment fort pour entraîner son retrait de Steam, mais a également conduit à des accusations de double standard. Les jeux vidéo ont une longue histoire d’exploration de la violence, souvent perçue comme "terroriste".
Des jeux tels que Call of Duty: Modern Warfare 2 et la série Grand Theft Auto sont connus pour avoir permis aux joueurs de commettre des actes violents, y compris des fusillades de civils non armés.
Nidal Nijm, le développeur de Fursan al-Aqsa, a exprimé son indignation face à cette décision, suggérant que si l’on appliquait la même logique, le dernier opus de Call of Duty: Black Ops 6 devrait également être banni, car il met en scène un soldat américain tuant des Irakiens.
Le lien complexe entre les jeux vidéo et l’Islam
Les créateurs de jeux vidéo, à l’instar de leurs homologues à Hollywood, ont souvent recouru à des stéréotypes concernant les Arabes et les Musulmans. Des recherches ont identifié des archétypes récurrents, tels que l’ennemi "Arabe" ou "terroriste", et ont mis en lumière la représentation des Musulmans comme des antagonistes par défaut dans le monde du jeu vidéo.
Bien que certains jeux récents montrent des signes d’évolution et d’inclusion, la communauté des jeux vidéo continue de faire face à des défis en raison de la perception négative et stéréotypée des cultures non occidentales.
Bon à savoir
- Histoire d’inclusion : La série Assassin’s Creed a présenté plusieurs personnages musulmans, reflétant une sensibilisation à la diversité dans le développement de jeux.
- Difficultés de représentation : Les récents jeux Call of Duty tendent à s’appuyer sur des récits historiques fictifs pour éviter des thèmes d’actualité trop controversés.
- Risques financiers : La hausse des coûts de développement a conduit beaucoup d’éditeurs à se concentrer sur des remakes de titres déjà populaires, négligeant ainsi les projets inédits qui pourraient engager une narration plus diversifiée.
Ce contexte met en avant la nécessité d’une représentation plus juste et diversifiée dans le monde du jeu vidéo pour éviter de perpétuer des stéréotypes nuisibles sur les cultures et les peuples.
C’est fou de voir comment un simple jeu vidéo peut susciter autant de débats. La représentation dans les médias, même ludiques, est cruciale !