En octobre dernier, Carme Ortiz a entamé les démarches pour prendre sa retraite. Résidente de Barcelone, elle a 44 années de cotisations à son actif et tous ses documents en règle. Cependant, un dysfonctionnement informatique a fait qu’elle se retrouve sans percevoir sa pension. « J’ai reçu la décision confirmant que je remplissais les conditions pour ma retraite, mais je n’ai pas reçu les détails concernant le montant de ma pension », explique Carme. À 65 ans, elle découvre que son dossier est dans un flou administratif causé par l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) par les organismes compétents. « L’agent m’a dit : ‘Vous êtes considérée comme retraitée, mais sans rémunération' », confie-t-elle.
Malgré les assurances de la Sécurité Sociale quant à un éventuel déblocage rapide de la situation, Carme est inquiète en raison d’exemples similaires trouvés en ligne, qui ont souvent duré des mois. En septembre, un cas similaire a été évoqué dans l’émission « El contenidor » sur El món a RAC1. Ignasi a signalé qu’il se retrouvait sans pension depuis plusieurs mois, bien qu’il ait pris sa retraite en juin 2025, à cause d’un problème lié à l’IA.
Bien que le cas d’Ignasi ait été résolu peu après un contact avec El món à RAC1, Carme s’inquiète du temps qu’elle va devoir attendre sans percevoir l’argent qui lui revient. « Combien de mois devrai-je tenir sans être payée ? », s’interroge-t-elle, indignée.
Chronologie d’une erreur informatique
Le 5 octobre, Carme a demandé sa retraite en ligne. Quelques jours plus tard, le 8 octobre, elle reçoit une notification de la Sécurité Sociale. « Le courriel confirmait que je remplissais toutes les conditions et mentionnait un document attaché contenant les détails financiers. Or, ce document n’était pas joint », rapporte Carme. Intriguée par cette ommission, elle a décidé d’attendre quelques jours en espérant une réponse.
Ne recevant pas les informations attendues, Carme a tenté de prendre un rendez-vous en urgence. « J’ai essayé, mais c’était quasiment impossible; il y avait trop de demandes », regrette-t-elle. Finalement, elle parvint à obtenir un rendez-vous téléphonique, et une agent aimable lui a expliqué que « c’était très étrange et que son cas semblait bloqué ». Elle a ainsi réussi à obtenir un rendez-vous en personne deux semaines plus tard pour éclaircir la situation.
Est-ce à cause de l’inefficacité de l’IA que je dois vivre cette angoisse sans savoir quand je percevrai ma pension ?
Lors de son rendez-vous, la fonctionnaire a reconnu que la situation était atypique. « Elle m’a dit : ‘Tout est géré par des robots et l’intelligence artificielle a ses limites. Vous avez eu la malchance’. » Cette réponse, loin de la calmer, l’a mise dans une colère noire. « Ai-je vraiment à subir cette angoisse à cause de l’inaction de l’IA ? Après 44 ans de travail, je trouve cela terriblement injuste », déplore-t-elle.
Caractère rétroactif, mais factures actuelles
Selon l’agent, l’erreur de l’IA n’était pas insurmontable. Carme a donc déposé une réclamation le 20 novembre pour rectifier la situation. À ce jour, elle n’a reçu aucune réponse. Le temps que cela prend pour résoudre ce problème est l’une de ses principales préoccupations.
« L’agent m’a dit que cela serait résolu dans un à trois mois et que je toucherais mes arriérés, mais les factures doivent être réglées maintenant, pas dans trois mois. Je dépends de cette pension, je ne suis pas une personne fortunée comme Amancio Ortega et j’ai des paiements à honorer », conclut Carme. Elle met en garde : « Si la vie des travailleurs repose sur une IA, nous avons un véritable problème. Nous sommes en train de créer un monstre ! »
Points à retenir
- Carme Ortiz, 65 ans, fait face à des problèmes administratifs dus à l’IA dans le cadre de sa demande de retraite.
- Les délais de traitement des réclamations peuvent s’étendre sur plusieurs mois, entraînant une anxiété financière.
- Les témoignages de clients soulignent un flou persistant dans le fonctionnement des systèmes automatisés.
- Un appel à la prudence est lancé concernant la gestion des retraites par des technologies avancées.
En tant que citoyen, il est essentiel de réfléchir aux implications de l’automatisation dans des domaines aussi cruciaux que les retraites. Si les systèmes intelligents facilitent certaines démarches, ils ne doivent pas nuire à la vie des individus. À quoi bon avoir une technologie de pointe si elle ne sert pas le bien-être des personnes ? Cette situation soulève des questions sur la responsabilité des institutions et sur la nécessité d’une vigilance constante face aux décisions prises par des machines. Qu’en pensez-vous ?