lun. Juin 29th, 2026

Zelda Williams, fille du regretté acteur et humoriste Robin Williams, a fermement dénoncé l’utilisation de contenus générés par intelligence artificielle mettant en scène son défunt père.

« S’il vous plaît, arrêtez de m’envoyer des vidéos de Papa créées par IA, » a-t-elle écrit lundi dans une story Instagram. « Ne pensez pas que j’ai envie de les voir ou que je vais les comprendre, ce n’est pas le cas. Si c’est pour me provoquer, j’en ai vu bien pire, je bloquerai et passerai à autre chose. Mais par décence, cessez toute cette exploitation, pour lui, pour moi, pour tout le monde. C’est absurde, une perte de temps et d’énergie, et croyez-moi, ce n’est PAS ce qu’il aurait voulu. »

Elle poursuit en exprimant sa frustration face à la réduction du legs artistique et humain à « quelque chose qui leur ressemble vaguement, suffisant pour d’autres à manipuler comme des marionnettes dans de mauvais contenus TikTok ». Une réduction qu’elle juge pathétique et dégradante, transformant la vie et l’héritage de personnalités en de vulgaires produits insipides, destinés à récolter des pouces levés numériques.

Elle condamne également la présentation de ces créations comme « le futur », rappelant que l’intelligence artificielle ne fait que recycler et régurgiter le passé, poussant les consommateurs à avaler un contenu indigeste sans fin, tandis que ceux en haut de la chaîne se délectent du spectacle.

Robin Williams et Zelda lors de la première du film RV en 2006
Robin Williams et Zelda à la première de son film RV en 2006. Photo : Mario Anzuoni/REUTERS

Cette prise de parole de Zelda Williams, actrice et réalisatrice du film d’horreur comique Lisa Frankenstein en 2024, n’est pas un coup d’essai. L’an dernier, elle avait déjà dénoncé sur Instagram l’utilisation de l’IA pour imiter des acteurs décédés ou incapables de consentir, en soutien à la campagne du Screen Actors Guild contre cette dérive. Elle soulignait alors les répercussions graves au-delà de son propre malaise, dénonçant ces répliques souvent ratées mais parfois effrayantes, comparables à des monstres de Frankenstein créés à partir des pires aspects de l’industrie du divertissement – loin de l’idéal qu’elle devrait défendre.

Dans un contexte où les deepfakes de célébrités se multiplient sur les réseaux sociaux, de la pornographie aux manipulations politiques, en passant par les escroqueries et la publicité mensongère, Zelda n’est pas la seule à s’alarmer. Début 2024, Scarlett Johansson mettait en garde contre les « dangers imminents de l’IA » à la suite d’une vidéo deepfake virale mettant en scène plusieurs personnalités juives dénonçant des propos d’antisémitisme.

En août, une publicité frauduleuse avec un deepfake de Neil Finn diffusait de fausses déclarations sur la dysfonction érectile, contraignant le groupe Crowded House à démentir.

Les vidéos récentes de Robin Williams, notamment sur TikTok, semblent souvent produites avec Sora 2, le nouvel outil de génération vidéo d’OpenAI. Parmi elles, on trouve une fausse publicité Apple ou une interaction fictive avec la regrettée Betty White. Rapidement, le flux Sora s’est rempli de vidéos utilisant des personnages protégés par droits d’auteur, issus de franchises populaires comme SpongeBob SquarePants, South Park, Pokémon ou Rick and Morty.

OpenAI assure aux détenteurs de droits qu’ils peuvent signaler les violations via un formulaire dédié et que leur équipe collabore pour bloquer l’usage non autorisé des personnages. Cependant, il n’existe pas de mécanisme simple permettant aux artistes ou studios d’exclure systématiquement leurs œuvres de cette plateforme.

Points à retenir

  • Zelda Williams déplore l’usage non consenti de l’image et de la voix de son père par l’intelligence artificielle, soulignant l’absence de respect pour son héritage humain et artistique.
  • Cette critique s’inscrit dans un débat plus large sur les deepfakes et la manipulation numérique des célébrités, qui pose des enjeux éthiques et juridiques importants.
  • Les créations d’IA pour le divertissement de masse, souvent de qualité médiocre, participent à une forme de dilution et d’appauvrissement culturel.
  • Les plateformes comme OpenAI développent des outils puissants mais peinent encore à encadrer pleinement les risques liés aux droits d’auteur et à la dignité des personnes représentées.
  • Les contentieux autour des images et voix synthétiques pourraient se multiplier, posant la question du consentement posthume et de la protection des héritages culturels.

En définitive, il semble que nous soyons à un carrefour déroutant où les prouesses technologiques flirtent avec des dérives inquiétantes. La tentation de recréer l’inaccessible, oubliant que derrière chaque image il y a une personne réelle, risque de transformer nos loisirs en un feuilleton absurde. Mais qui sait ? Peut-être que demain, il faudra un algorithme pour expliquer au public ce que signifiait vraiment « respecter un artiste ». En attendant, on peut toujours espérer que cette « future » génération ne se contente pas d’appuyer sur un bouton tout en ricanant. Après tout, on n’est jamais trop prudents avec le « progrès ».


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