La croyance selon laquelle la Chine se limite à adopter des technologies à grande échelle serait une idée reçue, estime l’auteur de La nouvelle géographie de l’innovation, un ouvrage récent qui cartographie l’émergence de nouveaux pôles technologiques à travers le monde en excluant les États-Unis.
« La géographie de l’innovation est en pleine transformation », conclut ce livre paru en juillet. En analysant des start-ups technologiques présentes en Chine, au Royaume-Uni, à Singapour ou encore au Canada, Mehran Gul affirme que la Chine est désormais « le seul véritable concurrent » des États-Unis dans ce domaine.
« D’autres acteurs essaient, mais ils ne parviennent pas à représenter une menace sérieuse », ajoute Gul, lauréat du prestigieux prix Bracken Bower du Financial Times/McKinsey, qui a auparavant couvert les enjeux technologiques pour le Forum économique mondial et les Nations unies.
Il souligne également que l’essor de DeepSeek et des modèles d’intelligence artificielle open source chinois, comme Qwen d’Alibaba, témoigne de la vigueur de la recherche en IA du pays.
En septembre, la publication par la revue britannique Nature d’un article scientifique évalué par des pairs sur le modèle de raisonnement R1 de DeepSeek a marqué un jalon majeur pour la communauté chinoise de l’intelligence artificielle. Par ailleurs, la famille de modèles Qwen d’Alibaba figure parmi les dix meilleurs modèles de langage à grande échelle open source au monde, selon la plateforme Hugging Face spécialisée dans le développement d’IA.
Points à retenir
- La Chine est devenue un acteur incontournable de l’innovation technologique, concurrençant directement les États-Unis, renversant l’image d’un simple imitateur.
- Des start-ups et entreprises chinoises, comme DeepSeek et Alibaba, rivalisent désormais avec les meilleurs leaders mondiaux en intelligence artificielle.
- La publication dans des revues prestigieuses comme Nature confirme la reconnaissance scientifique internationale des avancées chinoises en IA.
- Le modèle Qwen d’Alibaba est parmi les premiers modèles open source au niveau mondial, illustrant la capacité chinoise à diffuser largement ses technologies.
- Les autres pays, bien que présents, n’atteignent pas encore la vitesse ni l’envergure de la Chine en matière d’innovation technologique.
En somme, il semble que la Chine ne joue plus au simple « second violon » de l’innovation technologique mondiale. Si cette montée en puissance impressionne, on peut se demander : que réserve cette nouvelle géographie de l’innovation pour la vie quotidienne entre compétition accrue et coopération internationale ? Mais rassurons-nous, la guerre technologique ne fait peut-être que commencer, et le spectacle promet d’être passionnant à suivre, surtout pour les amateurs d’inattendu.
