lun. Juin 15th, 2026

Cette année semble marquer un tournant pour l’intelligence artificielle (IA). Elle s’invite sur nos téléphones et ordinateurs, s’immisce dans nos infrastructures numériques et d’entreprise, et redéfinit notre manière d’apprendre, de travailler et de créer. L’économie mondiale repose sur la valorisation vertigineuse des géants technologiques qui s’affrontent pour en prendre le contrôle.

<p class="dcr-130mj7b">Cependant, la course effrénée vers l'innovation pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l'humanité, comme le soutiennent les informaticiens Eliezer Yudkowsky et Nate Soares dans leur ouvrage percutant, *If Anyone Builds It, Everyone Dies* (Bodley Head). Ils mettent en garde contre la création d'une IA surintelligente pouvant surpasser l'*Homo sapiens* dans tous les domaines. "Même une IA désirant comprendre l'univers risque d'anéantir les humains en tant qu'effet collatéral", écrivent-ils, car les humains ne sont pas le moyen le plus efficace pour produire des vérités. Une lecture qui, bien qu'inquiétante, vous aidera à mieux appréhender le vocabulaire technologique actuel autour des jetons, des poids et de l’optimisation des préférences.</p>

<p class="dcr-130mj7b">Le thème de l'extinction humaine est ancien, comme l'explore l'historienne Sadiah Qureshi dans son livre *Vanished: An Unnatural History of Extinction* (Allen Lane), qui figure sur la liste des finalistes pour le prix scientifique de la Royal Society Trivedi. L'expansion coloniale et la persécution des peuples autochtones reposent souvent sur des théories darwiniennes, suggérant que certaines espèces sont vouées à dominer d'autres. L'extinction, souligne-t-elle, est un concept indissociable de la politique et de la justice sociale, que ce soit dans l’effacement des Beothuks à Terre-Neuve au 19e siècle ou les projets actuels de « dé-extinction » des mammouths laineux.</p>

<p class="dcr-130mj7b">L'idée que les paysages, tout comme les êtres humains, doivent avoir des droits est développée par Robert Macfarlane dans *Is a River Alive?* (Hamish Hamilton). En racontant les histoires de trois rivières menacées à travers le monde, il avance une thèse à la fois ancienne et audacieuse : les rivières méritent d'être reconnues comme des êtres vivants, bénéficiant ainsi des protections juridiques qui en découlent. Ce livre, sélectionné pour le prix Wainwright d'écriture sur la conservation, a été "écrit avec les rivières qui coulent à travers ses pages", affirme-t-il, démontant toute ambiguïté quant à son engagement.</p>

<p class="dcr-130mj7b">Cette émerveillement pour la nature se retrouve également chez le biologiste Neil Shubin. Dans *Ends of the Earth* (Oneworld), également en lice pour le prix de la Royal Society, il nous entraîne vers des régions polaires dont la vulnérabilité ne cesse de croître face au changement climatique. "La glace a façonné notre monde et ouvert la voie à l'origine de notre espèce", dit-il, tout en soulignant que ces extrêmes géographiques sont de plus en plus sous pression.</p>

<p class="dcr-130mj7b">Sous le pôle nord norvégien, le Svalbard Global Seed Vault vise à soutenir l'humanité après une apocalypse. Il renferme des graines provenant de la première banque de semences, initiée en 1920 par Nikolai Vavilov, un scientifique planté aux rêves de mettre fin à la famine. Dans *The Forbidden Garden of Leningrad* (Sceptre), Simon Parkin raconte le combat touchant de Vavilov et de ses collègues pour protéger leur collection durant le siège de la ville en 1941.</p>

<p class="dcr-130mj7b">Si cela vous semble trop sombre pour ces fêtes, *Super Agers* (Simon & Schuster) pourrait vous intéresser. Le cardiologue Eric Topol a étudié les "Wellderly", ces personnes qui semblent défier les rigueurs du vieillissement, et propose des conseils fondés sur des recherches sur la longévité.</p>

<p class="dcr-130mj7b">Deux ouvrages remarquables dneurologues se détachent : *The Age of Diagnosis* (Hodder) de Suzanne O’Sullivan, qui interroge la tendance de la médecine à labelliser des aspects de la condition humaine, et *Our Brains, Our Selves* (Canongate) de Masud Husain, qui explore comment notre identité peut être perturbée par la maladie.</p>

<p class="dcr-130mj7b">Enfin, en parlant de figures marquantes, *Destroyer of Worlds* (Allen Lane) de Frank Close retrace l'histoire captivante de l'ère nucléaire, débutant par la découverte d'une tache sur une plaque photographique au 19e siècle et aboutissant à la Tsar Bomba, la plus puissante des armes jamais testées.</p>

<p class="dcr-130mj7b">Nous devrions vraiment garder ces réflexions sur l'intelligence artificielle surintelligente hors de portée.</p>

Points à retenir

  • L’intelligence artificielle progresse rapidement, mais cela suscite des questions éthiques et existentiales.
  • L’extinction humaine est liée à des enjeux politiques et sociaux, comme l’illustre l’histoire des Beothuks.
  • Les rivières peuvent également être considérées comme des entités vivantes méritant protection et reconnaissance.
  • Le Svalbard Global Seed Vault évoque la lutte pour la conservation des espèces, marquée par des histoires poignantes.
  • Les recherches sur la longévité interrogent notre compréhension des âges avancés.
  • L’histoire de la science nucléaire reste un sujet fascinant et d’une pertinence actuelle.

En conclusion, ces lectures offrent une réflexion profonde sur notre rapport avec la nature, la technologie et le besoin d’équité sociale. Alors que l’intelligence artificielle continue son ascension, il est crucial d’aborder ces questions avec prudence et responsabilité. Quelles valeurs devrions-nous préconiser pour nous assurer qu’innovation rime avec humanité ?


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