Une récente étude menée par DAK-Gesundheit et l’Université de médecine de Hambourg-Eppendorf révèle que les chatbots alimentés par l’intelligence artificielle (IA) sont désormais courants dans la vie quotidienne de nombreux enfants et adolescents. Cette tendance s’accompagne de nouveaux risques. Aux côtés des jeux vidéo, des réseaux sociaux et des plateformes de streaming, les applications d’IA contribuent également à des comportements problématiques.

Image : DAK-Gesundheit
Cette étude, qui fait suite à une enquête lancée en 2019, a été élargie en 2025 pour inclure environ 1 000 familles. Les résultats montrent que l’utilisation des médias numériques reste à un niveau élevé. Environ un quart des 10-17 ans utilise les réseaux sociaux de manière considérée comme à risque ou addictive, ce qui représente environ 1,5 million de jeunes en Allemagne.
Chatbots : des « amis » problématiques
Pour la première fois, l’étude a examiné l’utilisation des chatbots IA. Plus d’un quart des répondants utilise ces outils plusieurs fois par semaine. Parmi les jeunes de 15 ans et plus, plus de la moitié en fait un usage régulier.

L’étude met en lumière l’utilisation émotionnelle des chatbots. Jusqu’à 10 % des enfants et adolescents se tournent vers ces outils pour gérer la solitude ou des émotions négatives. Ce chiffre est encore plus élevé chez les adolescents présentant des symptômes dépressifs. Près d’un tiers admet avoir partagé des secrets avec un chatbot, qu’ils n’auraient pas confiés à d’autres personnes, et un nombre similaire se sent mieux compris par ces systèmes que par des humains.
Utilisation des chatbots par les jeunes
- Plus d’un tiers des 10-17 ans utilise des chatbots au moins une fois par semaine, et cette proportion dépasse la moitié à partir de 15 ans.
- Jusqu’à 10 % des jeunes utilisent les chatbots pour se distraire, réduire la solitude ou discuter de sujets personnels.
- Les adolescents en détresse psychologique développent plus souvent des liens avec les chatbots, bien qu’un lien de cause à effet reste à prouver.
Les experts font référence à ces interactions en utilisant le terme de « relations parasociales », où une attache émotionnelle unilatérale émerge, renforcée par la communication humaine des systèmes.

Des usages préoccupants persistent
Malgré l’émergence de cette nouvelle technologie, les formes traditionnelles de médias restent d’actualité. Le nombre de jeunes présentant une utilisation problématique des réseaux sociaux a récemment augmenté, avec environ 6,6 % considérés comme dépendants. De plus, chaque cinquième adolescent se tourne vers les vidéos en ligne d’une manière problématique.
L’étude révèle également que de nombreux enfants font confiance aux réponses fournies par les chatbots, plus de 40 % affirmant y croire fréquemment. Ces outils sont principalement utilisés pour des tâches scolaires, la recherche d’informations et par curiosité.

Les professionnels considèrent cette situation comme un nouveau défi pour la protection des enfants et des adolescents. Ils préconisent des réglementations claires ainsi qu’une promotion accrue des compétences médiatiques. Bien que les parents établissent souvent des règles et discutent avec leurs enfants de leur utilisation des médias, la dynamique des offres numériques complique une supervision efficace.
Points à retenir
- Un quart des jeunes âgés de 10 à 17 ans utilise les réseaux sociaux de manière liée à des comportements à risque.
- Plus de 50 % des adolescents de 15 ans et plus se connectent régulièrement aux chatbots.
- Les chatbots sont parfois perçus comme des alliés dans la gestion des émotions, notamment chez les jeunes en détresse.
- Une proportion significative d’enfants accorde du crédit aux informations fournies par ces intelligences artificielles.
- Le défi de la protection des jeunes face à ces technologies requiert éducation et régulations.
Dans un monde où les interactions virtuelles se multiplient, je suis curieux de savoir comment nous pourrions équilibrer l’utilisation des chatbots avec le besoin fondamental d’interactions humaines authentiques. La technologie a indéniablement le potentiel d’apporter soutien et réconfort, mais elle ne doit pas devenir une substitution à la quête essentielle de liens humains. Comment pouvons-nous, en tant que société, accompagner les jeunes dans cette navigation complexe ?
