Autriche : Vers un interdit des réseaux sociaux pour les jeunes utilisateurs

Le gouvernement autrichien souhaite instaurer l’interdiction dans les plus brefs délais.
Image : APA/MAX SLOVENCIK
La discussion au sein de l’UE sur des réglementations plus strictes concernant les réseaux sociaux s’intensifie, mais l’Autriche choisit d’agir rapidement. Plutôt que de cibler des plateformes spécifiques, le gouvernement vise à interdire les fonctionnalités jugées addictives.
Le vice-chancelier Andreas Babler a annoncé qu’un projet de loi visant à interdire les réseaux sociaux pour les enfants de moins de 14 ans serait élaboré d’ici juin. Ce texte, élaboré avec l’aide d’experts, devra ensuite être notifié à l’Union européenne.
Le processus de notification à l’UE, qui prend habituellement de trois à six mois, influencera le moment de l’entrée en vigueur de cette mesure. Cependant, le gouvernement souhaite une adoption rapide du texte, avec une finalisation attendue au mois d’automne.
Pour mettre en œuvre cette interdiction, une vérification d’âge en ligne en deux étapes sera introduite, sans transmission de données personnelles. Le projet de loi des mesures envisagées devrait être prêt d’ici la fin juin.
En outre, le gouvernement prévoit de renforcer l’enseignement de la compétence médiatique en ligne et de l’intelligence artificielle dans les écoles, tout en réduisant légèrement le temps consacré aux classes de latin et aux langues étrangères.
Alors que l’UE discute activement de protections renforcées pour les jeunes en ligne, la mesure autrichienne ne vise pas spécifiquement des plateformes comme TikTok ou Snapchat mais s’attaque aux mécanismes addictifs de ces dernières, en se concentrant sur les algorithmes qui augmentent le temps passé en ligne et peuvent avoir des effets néfastes. Cela comprend également une volonté de minimiser les risques de violence sexuelle envers les enfants.
Concernant la mise en œuvre technique de la vérification d’âge, le gouvernement insiste sur la protection des données personnelles. Les informations ne doivent pas être communiquées aux plateformes ; seules des données indiquant si un utilisateur a atteint l’âge requis seront partagées. En l’absence d’une solution européenne, l’Autriche envisagera d’adopter un système conforme à la protection des données. Toutefois, aucun accord final sur un système technique spécifique n’a encore été établi.
En parallèle, la ministre allemande de la Famille, Karin Prien, anticipe de nouvelles réglementations UE dans les mois à venir et se réserve le droit d’agir au niveau national si nécessaire. Le parti CDU soutient un âge minimum de 14 ans, une position également partagée par le SPD, qui a présenté un modèle de réglementation échelonnée. En Australie, une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans a été mise en place en décembre dernier.
Points à retenir
- L’Autriche prévoit un projet de loi pour interdire les réseaux sociaux aux enfants de moins de 14 ans d’ici juin.
- Une vérification d’âge en ligne en deux étapes sera introduite pour protéger les données personnelles.
- Le gouvernement souhaite renforcer l’enseignement des compétences numériques à l’école.
- La mesure vise à réduire les risques liés aux algorithmes accrocheurs, et non contre des plateformes spécifiques.
- L’UE examine actuellement des réglementations plus strictes pour protéger les jeunes sur les réseaux sociaux.
Cette initiative autrichienne ouvre des perspectives intéressantes sur la façon dont les gouvernements peuvent agir face aux dangers des réseaux sociaux. En tant qu’observateur passionné de l’évolution des technologies numériques, je ne peux m’empêcher de me demander si d’autres pays suivront cet exemple. Il est essentiel de trouver un équilibre entre la protection des jeunes et l’accès à l’information, tout en veillant à respecter les principes fondamentaux de la vie privée. Quelque chose me dit que le débat ne fait que commencer, et j’ai hâte de voir comment les différentes nations s’adapteront à ce nouveau défi.