lun. Juin 15th, 2026

Les inondations causées par la dana ont emporté plus de 200 vies et choqué l’opinion publique, notamment en Communauté Valencia, ainsi qu’en Aragón, Castilla-La Mancha, Andalousie et Catalogne. La virulence des pluies, qui ont atteint par moments plus de 770 litres par mètre carré, avec un retour statistique de 1 000 ans, a été un facteur majeur, mais l’absence d’alertes pour préserver la population a également été déterminante. « Ce manque de coordination n’existe pas en Euskadi« , indique Rubén Santos, technicien en Prévention des Inondations de URA. Selon lui, la situation actuelle à Euskadi permettrait, en cas d’inondations similaires à celles de 1983, d’éviter un désastre aussi meurtrier.

« Tout dépend de la comparaison », explique Santos lorsqu’on évoque le risque d’inondation à Bizkaia. « À l’échelle nationale, nous ne sommes pas dans les zones les plus à risque, comme la région de Levante où la population est concentrée dans des zones vulnérables aux pluies torrentielles. Cela dit, le risque demeure important« , souligne-t-il. En effet, les inondations d’août 1983 ont causé de nombreuses pertes humaines et des dégâts économiques sans précédent en Espagne.

Santos répond fermement à la possibilité d’une répétition de tels événements. « Bien sûr que cela peut se reproduire », insiste-t-il. « C’est un phénomène naturel qui peut encore se manifester. Et cela se produira, c’est juste une question de temps« . Cependant, il souligne que les avancées actuelles aident à mieux gérer ces situations. En 1983, les bulletins météorologiques n’annonçaient pas de pluies abondantes. « On prévoyait de la pluie, mais pas de cette ampleur. Aujourd’hui, cela serait impensable ; nous disposons des technologies et des connaissances pour anticiper de tels épisodes », précise-t-il. En cas de récidive, « les inondations seraient similaires« , mais la préparation serait la clé pour éviter des pertes humaines.

Nouvelles exigences. Lors de la construction de nouvelles infrastructures, le niveau que peut atteindre l’eau dans une zone inondable est un critère essentiel. Les habitations doivent avoir leurs niveaux habitables au-dessus de cette cote, les accès aux garages et les sorties de secours doivent aussi respecter des normes de sécurité. Concernant les ponts, la réglementation impose des exigences pour éviter d’aggraver le risque d’inondation, en agissant comme un éventuel barrage. « La vulnérabilité des zones urbaines ne dépend pas uniquement des crues, mais aussi des obstacles que nous avons créés dans les cours d’eau », rappelle Rubén Santos.

Les événements de la dana d’octobre 2024 ont beaucoup appris aux experts. Sur le plan technique, ils ont permis d’approfondir la compréhension des phénomènes physiques liés aux inondations et d’identifier les zones à risque. « L’incident a révélé que les cartes d’inondation étaient insuffisantes ; il ne suffit pas de s’appuyer sur des modèles hydraulique, il faut également considérer des épisodes historiques », souligne-t-il. De plus, cela a montré l’importance de la coordination entre les différentes entités. « Nous avons constaté que le travail mené en Euskadi est efficace. L’Agence Basque de l’Eau collabore étroitement avec Euskalmet, intégrée dans la direction de la Gestion des Urgences et de la Météorologie du Gouvernement Basque. C’est cette direction qui nous fournit les prévisions météo, nous permettant d’estimer le comportement des rivières et d’émettre des alertes en cas deconditions défavorables. Ce type de coordination observé ailleurs n’est pas un problème ici, car nous sommes intégrés dans un même système« , conclut-il.

Points à retenir

  • Les inondations de 1983 demeurent un point de référence pour évaluer le risque actuel
  • Le niveau des infrastructures doit respecter des normes pour prévenir les inondations.
  • La technologie de prévision a considérablement évolué depuis les événements passés.
  • La coordination inter-établissement en Euskadi est un modèle à suivre.
  • Le changement climatique pourrait influencer la fréquence des inondations.

La question des inondations reste à examiner sous plusieurs angles. Notre capacité à anticiper ces événements tragiques est cruciale, mais cela pose aussi des défis de préparation et de gestion inter-organisationnelle. En tant que citoyen, je me retrouve souvent à réfléchir sur la manière dont nous pouvons améliorer notre résilience face à des catastrophes naturelles. Notre avenir dépend également de notre engagement collectif à bâtir des infrastructures durables et sûres. Les choix que nous faisons aujourd’hui auront sans doute un impact sur notre sécurité et celle des générations futures.


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