ven. Juin 12th, 2026

Après des rapports de menaces et d’hostilités à l’encontre d’une professeure de Marbourg, la police a relancé son enquête. Les étudiants et le milieu scientifique expriment leur inquiétude, tandis que le ministre concerné a promis son soutien.

Le commissariat de police de Mittelhessen a confirmé à la demande de l’hr qu’il poursuivait des investigations suite à des incidents liés à la professeure Christina Brüning, révélés par les récents articles. Ces recherches ne concernent pas les menaces de mort, mais se focalisent sur des actes de vandalisme antisémite apparus sur le campus en mai dernier. La police a enregistré une plainte et le service de sécurité de l’État a été réactivé. Les enquêteurs s’intéressent spécifiquement aux accusations d’insultes diffamatoires et à d’éventuels dommages matériels envers l’université.

Menaces de mort visant la professeure

Concernant les menaces de mort découvertes en décembre, la police a indiqué qu’il n’y a pas eu de nouveaux éléments à ce sujet et que les enquêtes avaient été closes sans résultats. Ces menaces avaient été inscrites sur les murs des bâtiments universitaires. Dans un entretien avec l’hr, la professeure d’histoire, Christina Brüning, s’est exprimée pour la première fois publiquement.

Âgée de 45 ans, elle a évoqué les hostilités répétées qu’elle subit depuis longtemps, qu’elle attribue en partie à des groupes d’extrême droite. En mai dernier, une inscription antisémite à son encontre avait également été retrouvée, associée à un appel en faveur de la Palestine.

Il reste à déterminer qui est à l’origine des menaces de mort et quels pourraient être ses motifs.

Le ministre Gremmels: « Je me solidarise expressément »

La situation est également débattue au sein des groupes parlementaires du land de Hesse. Le ministre de la Science, Timon Gremmels (SPD), a fermement condamné ces incidents dans une déclaration à l’hr, les qualifiant d’inacceptables. Il a assuré son soutien à la professeure Brüning.

Selon des informations de l’hr, Gremmels a rencontré Brüning cette semaine pour lui garantir son appui. « Nous défendons la liberté de recherche et d’enseignement », a-t-il affirmé, ajoutant que les débats doivent se tenir sur un plan scientifique. « Tout le reste est inhumain et ne peut être toléré. »

Concentration sur l’extrémisme et la recherche

Gremmels a précisé que le ministère était en étroite collaboration avec l’université et les services de sécurité. Il a indiqué que les établissements scolaires ne laisseraient pas leurs employés seuls face à de telles menaces. « Nous faisons tout pour protéger les employés confrontés à des situations de danger concret. »

Il a également souligné que son ministère accordait une attention particulière aux thèmes du droit de l’extrême droite, de l’antisémitisme et du racisme, en lien avec les risques potentiels pour les établissements d’enseignement. Le budget actuel prévoit 14 millions d’euros pour un projet de recherche intitulé « Renforcement de la recherche sur la démocratie en Hesse ».

Critiques de l’opposition

Le groupe des Verts au parlement régional a qualifié ces événements d’inquiétants. Ils ont déclaré: « Il est préoccupant que des forces d’extrême droite se sentent si en sécurité qu’elles peuvent menacer une professeure et son personnel pendant des années ».

Cependant, selon les Verts, les réactions des autorités arrivent trop tard. « Ce n’est qu’après les menaces de mort que le corps universitaire et le ministère ont réagi, ce qui est très critique. Il faut adopter une politique de tolérance zéro face aux menaces. » Cela n’est pas seulement dans l’intérêt de ceux qui sont affectés, mais également une question de défense de la liberté scientifique.

Les étudiants réclament une meilleure protection

Alice Schaller, membre du conseil du AStA de Marbourg, a exprimé son choc face aux événements: « Je suis alarmée par le fait que des acteurs d’extrême droite se sentent si à l’aise dans notre ville et que des professeurs soient directement menacés. »

Elle a appelé l’université à réagir rapidement pour garantir la protection des chercheurs et des étudiants à Marbourg.

Le corps universitaire s’inquiète pour la culture du débat

Dans une déclaration, le professeur Marcell Saß, théologien à Marbourg et président du Deutscher Hochschulverband de Hesse, a exprimé une condamnation ferme des menaces de violence. « Ce qui arrive à Mme Brüning est intolérable et ne correspond pas à notre vision de la science libre. »

Récemment, le syndicat s’était penché sur le thème de la liberté scientifique et avait apporté un soutien à l’expression d’opinions diverses. Ils estiment qu’il est crucial de protéger les débats ouverts et les chercheurs menacés, en dénonçant toute forme d’influence politique sur ce sujet.

Saß a ajouté : « Nous constatons avec inquiétude que de plus en plus, il ne s’agit plus d’arguments, mais de hostilités personnelles. »

Points à retenir

  • La police enquête sur des actes de vandalisme antisémite sur le campus de Marbourg.
  • Les menaces de mort à l’encontre de Christina Brüning ont été signalées en décembre sans nouvelles avancées.
  • Le ministre Gremmels a réaffirmé son soutien à la professeure et à la défense de la liberté de recherche.
  • L’opposition politique appelle à une réaction plus forte face aux menaces d’extrême droite.
  • Les étudiants demandent des mesures de protection accrues dans leur environnement académique.

En tant qu’observateur passionné des enjeux liés à la liberté académique, je ne peux qu’être frappé par la vulnérabilité croissante des chercheurs face à des forces d’extrême droite. Une réaction collective et proactive des institutions universitaires est cruciale pour préserver non seulement la sécurité des individus mais aussi l’intégrité de la recherche scientifique dans notre société. Comment faire en sorte que notre milieu académique soit un espace de liberté et de dialogue, exempt de menaces et de violence ? C’est une question que nous devrions tous prendre à cœur et explorer ensemble.


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