dim. Juin 21st, 2026
Éléonora Evi
Éléonora Evi, députée du Parti démocrate, présente une interrogative sur le cas des ibis à Novara

NOVARA – La situation des ibis sacrés à Novara et les interventions controversées de la Police provinciale font désormais l’objet d’une attention parlementaire. Éléonora Evi, députée du Parti démocrate connue pour son engagement en faveur de l’environnement et des droits des animaux, annoncera une question parlementaire pour faire la lumière sur cette affaire.

« Un constat choquant et inacceptable »

« Ce qui se passe à Novara – déclare la parlementaire milanaise – est choquant et inacceptable, un traitement barbare, avec tout le respect dû à l’histoire. Des scénarios comme celui-ci en 2026 ne peuvent plus être justifiés, acceptés ou compris. »

« Je trouve également préoccupant le comportement des forces de l’ordre qui tentent d’empêcher les citoyens de prendre des photos : ce sont des mesures dignes d’un régime », ajoute Evi.

Un enjeu scientifique et des informations erronées

Les articles publiés dans notre média ont suscité un débat qui, bien que passionné, sort progressivement des clivages habituels pour se concentrer sur des arguments plus factuels.

Certaines personnes défendent le « poing de fer » de la Province, se fondant sur l’argument que l’ibis, considéré comme une espèce invasive, représente une menace significative pour la biodiversité, en particulier pour les sternes. Cependant, la base scientifique qui justifie cette « guerre » dépasse largement les limites de Novara et semble controversée.

Tout commence avec un rapport français de 2004 concernant la zone de Noirmoutier, qui soulignait la prédation des nids par les ibis. Comme l’indiquent des membres critiques de la communauté scientifique, les partisans de l’éradication ont omis un détail fondamental : la colonie de sternes avait été précédemment ravagée par une souris. Les ibis n’avaient fait que consommer opportunistiquement les restes des œufs abandonnés par le prédateur. Malgré cela, cet incident isolé, vieux de deux décennies et jamais actualisé, est devenu la pierre angulaire des plans d’éradication en Europe, y compris à Novara.

Des preuves manquantes, un risque économique

Roberta Castiglioni, experte reconnue sur les ibis, a qualifié la décision d’éradiquer cette espèce de «au minimum discutable» en raison du manque total de preuves scientifiques récentes. «L’ISPRA s’appuie sur le principe de précaution, mais il n’y a pas de données concrètes », explique-t-elle. «L’ibis sacré se nourrit principalement d’invertébrés tels que le homard de Louisiane et son bec souple le rend peu apte à chasser comme un prédateur classique.»

En plus de la question éthique, elle souligne l’impact économique considérable qu’un plan d’abattage pourrait engendrer. Les méthodes d’éradication (comme l’utilisation d’armes à feu, les déplacements des oiseaux et leur reproduction dans des sites partagés avec d’autres espèces protégées) risquent de provoquer des conséquences environnementales imprévisibles et non évaluées.

Un regard critique sur les évaluations

Les études de Castiglioni s’appuient sur celles de Loïc Marion, un écologue français renommé, qui a depuis longtemps réduit l’alarme autour de l’impact des ibis sur la biodiversité. «L’ibis a une alimentation variée et se nourrit principalement d’insectes, d’invertébrés aquatiques et de poissons. L’impact sur les espèces d’oiseaux autochtones et la compétition pour les sites de nidification ont souvent été exagérés», indique Marion.

Un appel à la suspension des abbattements

Les experts s’accordent à dire qu’il est essentiel de faire preuve de rigueur scientifique, qui semble faire défaut dans les actions initiées à Novara. Ils appellent à suspendre les plans d’abattement jusqu’à ce que des vérifications et des validations aient lieu pour éviter d’aggraver la situation. Plutôt, comme l’affirme la communauté scientifique, il serait pertinent de réfléchir à des solutions de convivialité, en adoptant des mesures adaptées à l’urbanisme pour garantir un meilleur équilibre.

Points à retenir

  • Éléonora Evi, députée, a lancé une question parlementaire sur le traitement des ibis à Novara.
  • Des actions controversées des autorités soulèvent des inquiétudes sur le respect des libertés publiques.
  • La base scientifique justifiant l’éradication des ibis est contestée.
  • Les experts soulignent l’absence de preuves et le risque d’impact économique des plans de destruction.
  • Une approche de coexistence est proposée au lieu des solutions extrêmes.

En tant que passionné de la nature et observateur des dynamiques environnementales, je trouve fascinante la manière dont nous, en tant que société, devons aborder ces enjeux délicats. La coexistence entre l’homme et la faune n’est pas simplement une question de politique, mais une réflexion sur notre place dans cet écosystème et notre responsabilité face aux générations futures. Loin d’opposer les différents acteurs, il serait plus judicieux d’engager un dialogue pour construire un avenir harmonieux. Qu’en pensez-vous ?


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