La COP Maame Yaa Tiwaa Addo-Danquah, conseillère technique auprès du ministre de l’Intérieur, a plaidé pour un investissement significatif dans les sciences forensiques, afin de bâtir un système judiciaire plus robuste et fiable au Ghana.
Elle a affirmé que les techniques telles que l’analyse ADN, l’empreinte digitale et la balistique fournissent des preuves plus précises et irréfutables pour condamner les véritables coupables, contrairement aux témoignages, comptes-rendus oculaires et confessions qui entraînent souvent des condamnations injustes.
La COP Tiwaa Addo-Danquah, ancienne Directrice Générale de la Direction des Enquêtes Criminelles (CID), s’est exprimée lors du deuxième colloque national sur les sciences forensiques, organisé par le Collège d’Agriculture et des Sciences Naturelles (CANS) de l’Université de Cape Coast (UCC).
Sur le thème : « Sciences forensiques pour un développement durable : Interroger l’utilisation des sciences dans le système judiciaire », l’événement visait à favoriser le dialogue entre le monde académique, les praticiens et les décideurs sur le rôle des sciences forensiques dans l’atteinte du développement durable.
Ce colloque se tient alors que des préoccupations publiques sont soulevées concernant la capacité du Ghana en matière de forensique, suite à l’acheminement de prélèvements de victimes du crash d’hélicoptère militaire à l’étranger pour des tests.
La COP Addo-Danquah a expliqué qu’envoyer ces échantillons à l’étranger était la meilleure option dans ces circonstances, car le Ghana ne disposait pas des réactifs nécessaires à cette procédure et n’avait pas non plus la possibilité de les importer dans des délais raisonnables.
Dans cette optique, elle a souligné la nécessité de produire de tels réactifs pour faire face à d’éventuelles urgences à l’avenir.
Cette enquêteuse chevronnée a insisté sur le fait que l’État doit continuellement investir dans de nouveaux équipements, infrastructures, formations, ainsi que dans la production de réactifs pour renforcer la capacité forensique du pays afin de lutter efficacement contre la criminalité.
« C’est ainsi que nous pourrons offrir la justice à tous. Il ne s’agit pas seulement de vérité, mais d’obtenir des preuves pour l’étayer. »
« Si vous ne comptez que sur la vérité et que vous arrivez au tribunal, vous n’aurez pas un dossier solide », a-t-elle ajouté.
En partageant ses expériences après 30 ans dans l’application de la loi, elle a raconté comment l’analyse des empreintes digitales, l’ADN, la toxicologie, la balistique et d’autres éléments forensiques avaient permis de résoudre des crimes et d’arrêter des coupables.
Elle a identifié un grand déficit de financement pour les forensiques, ainsi que d’autres limites, et a appelé à un effort collectif pour améliorer la situation.
Elle a souligné la nature évolutive et dynamique de la science, plaidant pour une mise à jour constante des équipements forensiques afin d’améliorer les résultats des enquêtes.
La COP Addo-Danquah a également proposé la création de davantage de laboratoires forensiques à travers le pays pour décentraliser les enquêtes, tout en plaidant pour davantage de formation dans ce domaine.
« Le Service de Police du Ghana dispose d’un laboratoire, et nous devons nous assurer qu’il y a toujours de nouveaux équipements et réactifs disponibles pour mener les enquêtes », a-t-elle souligné.
« J’imagine un Ghana où la justice est rapide, équitable et précise », a-t-elle ajouté.
Elle a exprimé son inquiétude face aux différentes agences et institutions qui travaillent en vase clos et a appelé à des collaborations plus étroites, s’appuyant sur les forces de chacun, pour atteindre l’efficacité.
« Connectons la science à la justice ; travaillons ensemble pour bâtir un système basé sur des vérités prouvées au Ghana pour chaque affaire, afin que notre système de justice pénale soit effectivement un système de justice pénale », a affirmé la COP Addo-Danquah.
La professeure Rofela Combey, provost du CANS et présidente du colloque, a maintenu que la science doit constituer un pilier d’un système judiciaire équitable et d’un développement durable.
Elle a souligné que le rôle des sciences forensiques n’était pas seulement technique, mais aussi éthique, moral et lié au développement national.
Le Dr Edward Kofi Abban, responsable du Laboratoire de DNA Forensique, Département des Enquêtes Criminelles, Service de Police du Ghana, a décrit la science forensique comme une pierre angulaire du progrès devant être exploitée stratégiquement pour lutter contre la criminalité.
Il a indiqué qu’elle était un outil précieux pour atteindre plusieurs Objectifs de Développement Durable, car elle contribue à protéger des vies et des moyens de subsistance tout en assurant la paix et l’ordre dans la société.
Le Dr Edward Danso Ansong, du Département d’Informatique de l’Université Kwame Nkrumah des Sciences et Technologies (KNUST), a démontré l’importance cruciale de la cybercriminalité, mettant en lumière la nature sophistiquée des crimes numériques d’aujourd’hui, y compris les vidéos deep fake.
Il a souligné que l’avancement technologique facilitait les attaques numériques par le biais de téléphones mobiles, de téléviseurs intelligents, d’ordinateurs portables, de véhicules, et autres dispositifs.
Il a donc lancé un appel urgent à l’utilisation de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique pour faire progresser les enquêtes et les poursuites en matière de cybercriminalité.
Notre Opinion Tech
En examinant cette déclaration sur l’importance des sciences forensiques au Ghana, il est clair que la modernisation de notre approche judiciaire doit incorporer des technologies avancées. La création et le financement de laboratoires forensiques, ainsi que l’intégration de l’intelligence artificielle dans les enquêtes, représentent des avancées cruciales. Cela pourrait transformer notre système judiciaire en garantissant une justice plus équitable et plus efficace.
Bon à savoir
La mise en œuvre des sciences forensiques au Ghana est un enjeu crucial non seulement pour le système judiciaire, mais également pour renforcer la confiance du public dans l’application de la loi. L’éducation et la sensibilisation du grand public sur ces techniques pourraient également jouer un rôle vital dans la collaboration entre les citoyens et les forces de l’ordre.
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L’investissement dans les sciences forensiques au Ghana est une étape essentielle pour renforcer la justice. Une approche moderne et technologique apportera plus de confiance aux citoyens.
L’avenir de la justice au Ghana repose sur les sciences forensiques. En alliant technologie et humanité, nous pouvons enfin offrir une véritable réponse aux attentes du peuple.