jeu. Juin 18th, 2026

Relativity Space, une entreprise de fabrication de fusées récemment acquise par l’ancien président exécutif de Google, Eric Schmidt, pourrait devancer SpaceX dans la course vers Mars.

Mardi, la NASA a annoncé qu’elle a engagé cette société pour développer un vaisseau spatial destiné à transporter une série d’instruments scientifiques, à le lancer dans l’espace et à l’envoyer vers Mars.

Le contrat fonctionne comme ceux établis avec SpaceX pour le transport de cargaisons vers la Station spatiale internationale ou avec Firefly Aerospace pour des missions sur la Lune. L’agence spatiale assume la partie scientifique, tandis que l’entreprise privée fournit l’infrastructure à coût réduit.

La mission, nommée Aeolus, inclura quatre instruments pour mesurer et photographier Mars depuis son orbite, fournissant ce que la NASA espère être la première vue quotidienne et globale des poussières, des vents et des températures de son atmosphère. Ces données permettront d’optimiser les futures visites de sondes et, un jour, d’astronautes, sur la surface de la planète rouge.

« En associant les instruments de classe mondiale de la NASA à l’innovation commerciale et à l’investissement, nous pouvons produire davantage de données scientifiques plus fréquemment et réduire le temps nécessaire pour fournir des informations essentielles aux chercheurs préparant les futures missions humaines vers Mars », a déclaré Jared Isaacman, administrateur de la NASA.

Le lancement est prévu pour 2028, un calendrier serré qui obligera Relativity à concevoir et construire le vaisseau spatial tout en finalisant la fusée qui l’emportera dans l’espace. Le montant du contrat n’a pas été divulgué, et Relativity n’a pas répondu aux sollicitations d’informations.

Isaacman, qui a déjà voyagé dans l’espace lors de deux missions privées avec SpaceX, soutient les partenariats public-privé comme celui-ci. Dans ce modèle, l’entreprise partenaire prend en charge une partie des coûts de développement, permettant à la NASA d’étirer son budget — une structure devenue un modèle pour financer des missions ambitieuses sans assumer tout le risque financier.

Toutefois, la NASA prend également des risques : Relativity, encore peu expérimentée, n’a pas la garantie que la mission atteindra même l’orbite. Des partenaires de start-ups passés ont connu des difficultés financières ou ont vu leurs atterrisseurs lunaires mal positionnés. L’objectif commercial pour Relativity va au-delà de son contrat avec la NASA, incluant des applications commerciales telles que le lancement de satellites ou le transport de cargaisons vers la Lune. Toutefois, les horizons des services commerciaux se brouillent à mesure que ces partenariats s’aventurent plus loin dans l’espace.

Fondée en 2015 par deux anciens ingénieurs de SpaceX et Blue Origin, Relativity a pour objectif d’exploiter le potentiel de l’impression 3D pour construire une fusée moins chère. Son premier modèle, le Terran-1, a été lancé en mars 2023, mais a échoué en vol. Relativity a alors décidé de se concentrer sur un modèle plus grand, le Terran R.

Avant que ce modèle ne soit prêt à être lancé, l’entreprise a rencontré des problèmes de financement, et Schmidt a pris une participation majoritaire l’année dernière, devenant directeur général. Bien qu’il soit peu loquace sur cet investissement, il montre un intérêt pour les centres de données orbitaux et pourrait utiliser Relativity pour lancer un télescope spatial financé par sa philanthropie, Schmidt Sciences.

La décision de l’ancien dirigeant tech de prendre le contrôle d’une entreprise spatiale a surpris certains observateurs, car le secteur des fusées est saturé et nécessite des investissements conséquents. Cependant, une demande considérable pour de nouvelles fusées — exacerbée par les retards de Blue Origin, fondée par Jeff Bezos — pourrait bénéficier à Schmidt si le Terran R parvient effectivement à atteindre l’espace.

Ce nouveau contrat pourrait également offrir à Schmidt l’occasion de devancer Elon Musk, un de ses interlocuteurs réguliers sur les questions de sécurité de l’IA. Bien que Musk ait souvent évoqué ses ambitions martiennes, SpaceX n’a pas encore envoyé de mission vers Mars (le Tesla lancé dans l’espace en 2018 ne compte pas). Si le lancement d’Aeolus se déroule comme prévu, cela pourrait marquer la première mission privée vers la planète rouge.

Points à retenir

  • La NASA collabore avec Relativity Space pour des missions vers Mars, favorisant les partenariats public-privé.
  • La mission Aeolus devrait offrir des informations cruciales sur l’atmosphère martienne.
  • Des défis financiers et techniques subsistent pour Relativity, qui doit prouver sa fiabilité.
  • Cette mission pourrait permettre à Relativity de se positionner sur le marché spatial au-delà de son contrat avec la NASA.
  • La concurrence et l’innovation dans le secteur spatial continuent d’évoluer, influençant le paysage commercial.

Cette dynamique entre les initiatives privées et les agences gouvernementales soulève des questions fascinantes sur l’avenir de l’exploration spatiale. En tant que passionné de science et d’innovation, je suis convaincu que ces collaborations pourraient ouvrir de nouvelles voies pour la découverte. N’est-il pas captivant de penser que demain, des missions maritiennes pourraient devenir la norme grâce à l’impulsion de ces acteurs privés ? Les avancées que nous voyons aujourd’hui sont bien plus que des chiffres : elles peuvent transformer notre compréhension de l’univers et notre place en son sein.


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