Pilatus Biosciences, une entreprise biopharmaceutique basée à Épalinges, dans le canton de Vaud, va évaluer son candidat principal en immunothérapie, le PLT012, en association avec l’atezolizumab de Roche, lors d’un essai clinique de Phase 1 pour traiter le cancer du foie.
Cette étude marquera le lancement de son premier essai sur l’homme. Il s’agit de tester le PLT012 en combinaison avec l’atezolizumab (Tecentriq) chez des patients atteints de carcinome hépatocellulaire (CHC), qui est la forme la plus répandue de cancer primaire du foie.
Fondée en 2022 à partir des recherches du Ludwig Institute for Cancer Research et soutenue par le Cancer Research Institute, Pilatus développe des immunothérapies à points de contrôle métaboliques visant à reprogrammer le microenvironnement tumoral (MET). Ses activités internationales de recherche et développement (R&D) sont réparties entre la Suisse et Taïwan, avec un accent particulier sur les cancers du foie et gastro-intestinaux.
Cibler le microenvironnement tumoral dans le cancer du foie
Le PLT012 est un anticorps monoclonal humanisé conçu pour bloquer sélectivement l’absorption des lipides médiée par CD36, un mécanisme qui contribue à l’immunosuppression et à la résistance au traitement dans les tumeurs hépatiques. En ciblant le métabolisme lipidique, le PLT012 vise à transformer les tumeurs « froides » en tumeurs plus réactives, augmentant ainsi l’efficacité des inhibiteurs de point de contrôle immunitaire tels que les thérapies anti-PD-L1.
Des études précliniques ont montré que le PLT012 démontre une activité puissante en tant que monothérapie dans les modèles de cancer du foie, tout en agissant comme un puissant sensibilisateur lorsqu’il est associé à des inhibiteurs de points de contrôle. Cette double activité suggère un potentiel tant pour des effets anti-tumoraux directs que pour une meilleure réceptivité aux thérapies existantes.
« Cette collaboration représente une occasion d’explorer comment la modulation du microenvironnement tumoral peut renforcer le blocage des points de contrôle immunitaires dans le cancer du foie », a déclaré le Dr Ann-Lii Cheng, professeur titulaire à l’Université Nationale de Taïwan et président émérite du NTU Cancer Center, ainsi qu’un collaborateur scientifique de Pilatus. Le Dr Cheng a précédemment agi comme investigateur principal mondial de l’essai IMbrave150, qui a établi l’atezolizumab combiné au bévacizumab comme traitement standard pour le CHC.
Notre Opinion Tech
Il est intéressant d’observer comment l’innovation en immunothérapie continue de redéfinir le paysage des traitements contre le cancer. L’approche adoptée par Pilatus Biosciences, qui cherche à reprogrammer le microenvironnement tumoral, pourrait ouvrir des voies nouvelles et prometteuses. Cela souligne l’importance d’intégrer des stratégies multidimensionnelles lorsqu’il s’agit d’attaquer des maladies aussi complexes que le cancer. Il sera essentiel de suivre les résultats de cette étude de Phase 1 pour en évaluer l’impact sur les traitements futurs.
Bon à savoir
Le carcinome hépatocellulaire est la forme la plus fréquente de cancer du foie et est souvent associé à des maladies hépatiques chroniques, notamment la cirrhose. La recherche continue d’approches novatrices est cruciale pour améliorer les taux de survie des patients.