Le gouvernement basque a franchi une nouvelle étape vers la promotion de l’euskera dans l’administration. Une ordonnance publiée ce jeudi dans le Bulletin Officiel du Pays Basque (BOPV) par la conseillère de la Culture et de la Politique Linguistique, Ibone Bengoetxea, indique que les compétences linguistiques pourront désormais être attestées non seulement par le biais de titres, comme cela était exigé auparavant, mais aussi en réussissant l’OPE (opposition) en euskera ou en prouvant un usage effectif de la langue dans le cadre du travail.
Cette décision intervient après qu’une récente décision du Tribunal Supérieur de Justice du Pays Basque (TSJPV) a annulé un processus de sélection de 100 postes administratifs à la Diputación de Gipuzkoa, jugeant que l’exigence de maîtrise de l’euskera pour tous les postes portait atteinte au droit d’accès à l’emploi public dans des conditions d’égalité.
La nouvelle ordonnance établit deux voies complémentaires aux convocations habituelles du l’Institut Basque d’Administration Publique (IVAP) pour prouver les compétences linguistiques requises dans le secteur public basque. Ainsi, les employés ou candidats pourront certifier leur niveau d’euskera en se soumettant à un processus de sélection intégralement réalisé en euskera ou en démontrant leur utilisation effective de la langue dans l’exercice de leurs fonctions. Ces deux modalités viennent s’ajouter au système de titres existant, qui reste valable.
L’une des nouvelles options pour attester le niveau requis est de passer le processus de sélection en euskera. L’entité organisatrice déterminera si cette méthode sera appliquée et si une épreuve spécifique sera proposée. Dans ce cas, les candidats pourront choisir. Les examens, écrits ou oraux, seront ensuite envoyés à l’IVAP pour validation du profil linguistique requis.
La deuxième option consiste à démontrer l’utilisation de l’euskera dans le cadre professionnel, sous condition d’une ancienneté d’au moins un an dans le poste. Il faudra prouver que la majorité des tâches sont effectuées en euskera et que les interactions avec les collègues se font principalement dans cette langue, tant à l’oral qu’à l’écrit. Dans ce cas, le responsable de la personne souhaitant attester son niveau devra, par une demande à l’IVAP, certifier par écrit ses compétences linguistiques ainsi que les fonctions et tâches du poste.
Selon l’ordonnance, ces nouvelles modalités ne seront applicables que si les entités publiques ont approuvé et publié leurs plans d’utilisation linguistique et les relations de postes, et uniquement pour les profils linguistiques officiellement attribués à chaque poste. Pour l’accréditation par usage au poste, le profil devra également être déclaré obligatoire.
Chaque individu pouvoir demander sa participation à ce système d’accréditation au maximum une fois tous les deux ans. De plus, durant l’année où ce système est appliqué, il ne pourra pas participer aux convocations habituelles de l’IVAP. Autrement dit, si un individu choisit d’attester son niveau d’euskera par l’utilisation au travail, il ne pourra pas recourir à l’autre méthode de validation (passer l’OPE en euskera) lors de la prochaine convocation de la même année.
Avec l’entrée en vigueur de cette nouvelle formule, l’IVAP assumer un rôle central dans l’application du système, devant valider les épreuves des processus de sélection, corriger les productions orales et écrites, et enregistrer les accréditations dans le Registre Unifié de Titres et Certificats de l’Euskera (RUTCE). De plus, il sera chargé de publier les décisions régissant les convocations, délais et procédures.
Points à retenir
- Le système d’accréditation des compétences linguistiques en euskera s’ouvre à deux nouvelles modalités.
- Les candidats peuvent démontrer leur niveau par l’opposition en euskera ou par l’usage effectif au travail.
- Les examens pour attester le niveau d’euskera seront soumis à l’IVAP.
- Une ancienneté d’au moins un an est requise pour l’accréditation par usage professionnel.
- Les demandes d’accréditation sont limitées à une fois tous les deux ans.
Il est fascinant de voir comment cette initiative redéfinit la manière dont la langue basque est intégrée dans le milieu administratif. L’approche du gouvernement basque mérite d’être saluée pour sa volonté d’inclure davantage d’individus dans la communauté linguistique. Cela soulève aussi des questions sur l’équilibre entre préservation d’une langue et l’égalité d’accès à l’emploi. Est-ce que nous voyons ici un modèle à suivre pour d’autres régions en quête de protéger leur patrimoine linguistique tout en restant inclusives? Ce débat m’inspire véritablement et me pousse à réfléchir sur l’avenir de nos langues régionales dans un monde de plus en plus globalisé.