dim. Juin 14th, 2026

La communauté scientifique se réjouit de l’annulation d’un projet qui menaçait la clarté des cieux dans le désert d’Atacama au Chili. Le projet, une installation de production d’hydrogène vert et d’ammoniaque d’une valeur de 10 milliards de dollars et d’une superficie de 3 000 hectares, connue sous le nom d’INNA, prévoyait la construction d’un port, de liaisons de transport vers la côte et de trois centrales solaires. Il était à l’étude par le régulateur environnemental chilien depuis près d’un an.

Les astronomes avaient à plusieurs reprises averti que sa proximité avec certains des télescopes les plus puissants du monde aurait pu endommager de manière irréversible les observations dans cette région, qui est considérée comme l’un des meilleurs sites d’astronomie terrestre au monde.

« Cette annulation signifie que le projet INNA n’aura plus d’impact négatif sur l’Observatoire de Paranal », a déclaré Itziar de Gregorio, représentante de l’Observatoire Austral Européen (ESO) au Chili, qui gère trois complexes de télescopes.

Cependant, comme l’a souligné de Gregorio, ce mégaprojet a mis en lumière la nécessité urgente de mesures de protection claires entourant les sites d’astronomie professionnelle au Chili. L’annulation ne signifie pas que le travail pour préserver les cieux soit terminé.

Le service d’évaluation environnementale du Chili a confirmé que, suite à des réunions la semaine dernière avec AES Andes – la société à l’origine de la proposition – le projet a été officiellement abandonné.

Les scientifiques avaient mis en garde que l’installation INNA aurait pu affecter les relevés en augmentant la pollution lumineuse, provoquant de légères vibrations dans la terre susceptibles de perturber les instruments, soulevant de la poussière qui pourrait se poser sur les miroirs des télescopes et accroissant la turbulence atmosphérique.

Ils ont soutenu qu’il n’était pas nécessaire de placer l’installation si près des observatoires, compte tenu des conséquences potentiellement désastreuses pour l’astronomie.

AES Andes, filiale de la société américaine AES Corporation qui produit de l’énergie au Chili, en Colombie et en Argentine via des centrales au charbon, gaz, hydroélectriques, éoliennes et solaires, a décliné tout commentaire. Cependant, dans un communiqué, elle a précisé : « Après une analyse détaillée de son portefeuille de projets, [AES Andes] a décidé de cesser l’exécution du projet INNA », tout en affirment qu’il était « absolument compatible » avec d’autres activités dans la région.

Une lettre ouverte, publiée en décembre et signée par le lauréat du prix Nobel 2020, Reinhard Genzel, avait appelé le gouvernement chilien à abandonner le projet proposé, car l’installation aurait été située à seulement 11,6 km de Paranal, l’un des observatoires les plus importants au monde.

Le Very Large Telescope (VLT), situé à 2 600 mètres d’altitude, a permis des découvertes ayant conduites à trois prix Nobel. Parallèlement, sur le Cerro Armazones, la construction de l’Extremely Large Telescope (ELT) a débuté, qui sera le télescope le plus grand et le plus puissant jamais construit. Cet instrument permettra aux astronomes d’explorer des galaxies lointaines ainsi que des exoplanètes similaires à la Terre, susceptibles d’héberger la vie.

Points à retenir

  • Le projet INNA, coûtant 10 milliards de dollars, a été annulé, préservant ainsi les cieux du désert d’Atacama.
  • L’Observatoire de Paranal, géré par l’ESO, pourra continuer ses recherches sans la menace d’une pollution lumineuse accrue.
  • Les scientifiques ont souligné l’importance de protéger les sites d’astronomie au Chili.
  • AES Andes a officiellement abandonné le projet après évaluation de ses répercussions.
  • Une lettre ouverte, soutenue par des lauréats du prix Nobel, a été déterminante dans cette annulation.

Ce qui se dessine ici est une victoire pour la science et la recherche astronomique, mais cela soulève des questions plus larges sur les futurs projets d’infrastructures dans des zones sensibles. La protection de nos ressources naturelles, en particulier dans les domaines scientifiques, est essentielle. En tant qu’observateurs de ces enjeux, nous devons rester vigilants et engagés. Quelle est la prochaine étape pour garantir que nos avancées technologiques ne compromettent pas nos plus précieux atouts, comme notre capacité à explorer l’univers ?


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