mer. Juin 24th, 2026

Une nouvelle étude remet en cause les idées reçues sur l’anatomie des dinosaures en révélant la première preuve de joues potelées chez ces créatures préhistoriques. Cette découverte inattendue offre une perspective nouvelle sur la mastication des dinosaures, suggérant que la mécanique de leur mâchoire était plus complexe, voire plus proche de celle des mammifères, que ce que l’on pensait jusqu’ici.

Des attaches tissulaires dévoilent une structure de joues insoupçonnée

Jusqu’à présent, les dinosaures étaient généralement représentés avec des visages minces, reptiliens, dépourvus de joues charnues, comme celles que l’on observe chez les mammifères. Cette idée reposait sur une méthode comparant les espèces éteintes à leurs plus proches parents vivants — à savoir les reptiles, qui ne présentent pas de muscles jouant un rôle dans la stabilisation de la mâchoire. Pourtant, certains crânes de dinosaures, comme celui de Psittacosaurus, affichent des reliefs osseux suggérant d’éventuelles attaches musculaires.

Publié dans la très sérieuse revue Journal of Anatomy, cette étude s’est penchée en détail sur la morphologie des crânes de dinosaures afin de repérer des indices osseux permettant d’inférer la présence de tissus mous. Avec une méthode innovante baptisée THLEEP (Three-dimensional HistoLogical Enthesis Entry-angle Prediction), les chercheurs ont analysé l’orientation probable de ces tissus disparus, accrochés à l’os.

La découverte de l’exoparia : une nouvelle structure tissulaire

En examinant dix spécimens de dinosaures et proches parents, l’équipe a mis au jour des preuves consistantes de tissus conjonctifs reliant l’os zygomatique (le « os de la joue ») à la mandibule (mâchoire inférieure). Ces tissus, qu’elle a nommés « exoparia », jouaient vraisemblablement un rôle de stabilisation de la mâchoire par rapport au crâne lors des mouvements masticatoires. Cette structure aurait été particulièrement utile pour les dinosaures capables de broyer leur nourriture en mastiquant.

Les auteurs résument ainsi leur hypothèse : « Nous suggérons l’existence d’un tissu conjonctif solide, reliant le zygoma à la mandibule, appelé exoparia. Sa taille et sa position proche de l’articulation cranio-mandibulaire auraient favorisé la stabilisation de la mâchoire lors des mouvements de mastication, notamment chez les dinosaures qui traitaient leur nourriture de manière active. »

Reconstitutions myologiques antérieures des crânes de dinosaures vue latérale gauche
Reconstitutions musculaires des crânes de dinosaures en vue latérale gauche. Crédit : Journal of Anatomy

Conséquences sur les habitudes alimentaires et la mécanique mandibulaire

Ce résultat remet en question la vision traditionnelle de l’anatomie et du comportement alimentaire des dinosaures. Si ces derniers possédaient des tissus mous similaires à des joues, leur mastication aurait été plus évoluée qu’on ne le croyait, avec un contrôle et une efficacité accrus dans le mouvement de la mâchoire. La présence potentielle de l’exoparia laisse même imaginer que certains dinosaures auraient pu produire des sons de mastication proches de ceux des mammifères modernes.

Il est vrai qu’aucune joue fossilisée n’a jamais été retrouvée, mais cette découverte modifie profondément la manière dont les scientifiques interprètent les crânes de dinosaures et leurs stratégies alimentaires. De quoi ouvrir la porte à un renouvellement passionnant de notre compréhension de leur comportement et de leur évolution anatomique.

Points à retenir

  • La découverte d’une structure tissulaire, nommée « exoparia », pourrait correspondre à ce que l’on appelle communément une joue « musclée » chez certains dinosaures.
  • La méthode THLEEP permet d’inférer la position des tissus mous à partir d’indices sur les os fossilisés.
  • Cette avancée suggère que la mastication des dinosaures n’était peut-être pas un simple mouvement mécanique, mais un processus plus élaboré, rappelant celui des mammifères.
  • La présence hypothétique de joues charnues pourrait modifier la restitution sonore et fonctionnelle des dinosaures lors de leurs repas.
  • Rien ne remplace encore un fossile de joue parfaitement conservé, mais la science progresse à coups d’indices parfois discrets et bien étudiés.

Au fond, qui l’aurait cru ? Nos vieux clichés de dinosaures à peine capables d’une mâchoire basique pourraient bien voler en éclats. À ce rythme, on se demande si nos amis préhistoriques ne faisaient pas aussi des grimaces en mâchant ou même des roulements de lèvres dignes des meilleurs gastronomes. En attendant, on reste là, bouche bée, à imaginer nos bons vieux T. rex avec des joues rebondies… Ce serait presque touchant, non ?


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