Dans son ouvrage « The Stimulated Mind », le neuroscientifique britannique Tommy Wood affirme que le cerveau peut encore s’adapter à tout âge et propose diverses actions pour renforcer la plasticité cérébrale.
Le destin de notre cerveau n’est pas nécessairement celui d’vieillir en tombant dans un déclin cognitif inéluctable. Notre esprit s’épanouit et reste actif tant qu’il est stimulé. De nombreuses études récentes montrent qu’il peut rester quasi inchangé même à un âge avancé.
Ce phénomène est connu sous le nom de neuroplasticité, la capacité du cerveau à se modifier, à s’adapter et à apprendre. Bien que ce potentiel soit maximal durant l’enfance, il ne disparaît jamais totalement et permet de créer de nouveaux neurones tout au long de la vie. En fonction de nos expériences et de notre manière de les vivre, nous pouvons renforcer certaines capacités cognitives tout en en réduisant d’autres.
Le méthode
Le neuroscientifique Tommy Wood propose un « méthode des 3S » pour contrer le déclin cognitif en renforçant la plasticité cérébrale.
Les 3S – Stimulation, Sommeil, Approvisionnement – soulignent l’importance d’un cerveau bien alimenté, reposé et stimulé pour rester « jeune », actif et capable de se renouveler. Ces éléments ne sont pas nouveaux, mais rappellent des travaux scientifiques antérieurs.
Avec des exemples tirés du monde du sport, Tommy Wood explique comment le manque de stimuli peut amener le cerveau à « élaguer » des fonctions jugées non essentielles. Il évoque également la rareté des heures de sommeil dans notre société et les effets que cela peut avoir sur le nettoyage métabolique du cerveau, insistant sur l’importance d’une dieta équilibrée pour freiner le déclin cognitif. D’autres conseils, comme l’exercice physique et les interactions sociales, figurent également dans ses recommandations.
« La manière dont notre cerveau vieillit est bien plus sous notre contrôle que ce que nous pensions », déclare Wood, notant que les décisions quotidiennes que nous prenons sur la façon d’utiliser notre esprit comptent plus que des médicaments ou traitements coûteux.
Autres influences
La santé cérébrale se construit sur le long terme. La réserve cognitive, qui se développe avec chaque nouvelle connexion cérébrale, joue un rôle primordial. Le cerveau a besoin de stimuli qui passionnent pour conserver ses capacités. De plus, l’optimisme, l’humour et la générosité apparaissent comme des facteurs bénéfiques pour rester vif d’esprit.
Il existe néanmoins des obstacles qu’il est préférable de surmonter : contrôler l’émergence des maladies liées à l’âge par des dépistages médicaux, mais aussi veiller à la santé auditive, qui influence énormément le risque de démence. D’autres facteurs, comme la pollution et les conditions socio-économiques, jouent également un rôle important.
La « Commission Lancet » a identifié 14 facteurs de risque modifiables liés à presque la moitié des cas de démence :
- basse niveau d’éducation,
- perte d’audition,
- hypertension,
- tabagisme,
- obésité,
- dépression,
- inactivité physique,
- diabète,
- alcool,
- traumatismes crâniens,
- pollution,
- isolement social,
- cholestérol « mauvais » (LDL) élevé,
- déficit visuel.
Points à retenir
- Le cerveau peut s’adapter tout au long de la vie grâce à la neuroplasticité.
- Les 3S (Stimulation, Sommeil, Approvisionnement) sont essentiels pour maintenir la santé cognitive.
- Les choix quotidiens influencent significativement la manière dont notre cerveau vieillit.
- La santé globale, comme l’écoute et les conditions environnementales, joue également un rôle crucial.
- Adopter une approche proactive en matière de santé mentale et physique peut contribuer à une meilleure qualité de vie.
La complexité de notre cerveau et les moyens de le préserver nous amènent à réfléchir sur notre mode de vie. Se préoccuper de notre santé cognitive ne doit pas être perçu comme une obligation, mais comme un voyage passionnant vers l’auto-amélioration. La manière dont nous vivons et interagissons avec notre environnement continue d’influer sur notre bien-être mental. Et si nous choisissions d’être plus attentifs à ces éléments au quotidien ? N’est-il pas temps de redécouvrir le bonheur d’apprendre et de partager, même à partir de tout petit moment de la vie quotidienne ?