Andrea Kimi Antonelli, jeune espoir de la Formule 1, fait face à des critiques de plus en plus virulentes. Après les doutes exprimés sur sa capacité à s’imposer dans la catégorie reine par deux anciens champions du monde, Jacques Villeneuve et Nico Rosberg, voilà que Toto Wolff, le directeur de Mercedes, rejoint le chœur des reproches.
Le patron de l’écurie Mercedes a qualifié de « décevante » la prestation d’Antonelli lors du Grand Prix de Monza, disputé sur son terrain de prédilection. Un ton inhabituellement direct de la part de Wolff, qui avait jusque-là toujours protégé son jeune pilote.
Cette nouvelle posture traduit peut-être la volonté d’ajuster le cap. Rappelons qu’il y a un an, après un accident dans le virage Alboreto (Parabolica), Antonelli avait été récompensé par un contrat en Formule 1 lors du même week-end. Jusqu’ici, ses erreurs n’avaient guère entraîné de conséquences notables, Wolff se refusant à toute critique publique.
Après une neuvième place à Monza, Wolff a souligné : « Il ne peut pas se permettre de sortir sa voiture dans les graviers le vendredi et s’attendre à être compétitif le reste du week-end. Sa course a été décevante. Il doit désormais livrer un week-end solide, à la hauteur de ses concurrents comme Leclerc ou George Russell. »
Sur le plan purement vitesse, Antonelli ne démérite pas : depuis que Mercedes est revenu à une suspension plus classique, il parvient mieux à exploiter la performance de sa monoplace. En qualifications à Monza, il n’était devancé que de 0,043 seconde par son expérimenté coéquipier George Russell.
Cependant, la course a mis en lumière les raisons pour lesquelles Russell demeure une valeur sûre et qu’Antonelli reste un pari sur l’avenir. Dès le départ, l’Italien a glissé de la 6e à la 10e place, avant d’écoper d’une pénalité pour conduite jugée « imprévisible ».
Antonelli reconnaît : « Je suis parti un peu trop bas sur l’embrayage, j’ai immédiatement perdu de l’adhérence et plusieurs places. Cela a compromis ma course car j’ai dû courir après les autres. J’ai aussi eu du mal avec les pneus médiums, fait quelques erreurs et n’ai jamais vraiment trouvé mon rythme. »
La sanction infligée par la FIA fait suite à une manœuvre à la Curva Grande où Alexander Albon, revenu avec des pneus plus frais, a tenté un dépassement. Antonelli a serré à gauche, poussant Albon hors piste, ce qui a été considéré comme dangereux. Cette infraction a valu à Antonelli cinq secondes de pénalité et un point supplémentaire sur son permis de pilote.
Toto Wolff comprend cette décision : « C’était inutile. Albon était beaucoup plus rapide. Soit on défend avec agressivité, soit on laisse passer pour limiter les pertes de temps. La manière dont Antonelli l’a fait, ce n’était pas nécessaire. »
Antonelli a terminé 9e. En duel face à Russell, il affiche un bilan de 2-17 en qualifications et 0-19 en courses (en intégrant les sprints). Une statistique qui rappelle à Wolff le contexte de 2019, lorsque Russell avait dominé son coéquipier Robert Kubica chez Williams, ce dernier tentant un retour après un grave accident en rallye.
« Ce week-end a mal démarré pour lui avec cette sortie de piste, un peu comme à Zandvoort », commente Wolff. « Il devra offrir un week-end propre à Bakou, une piste qu’il connaît, avec moins de pression. Cette critique après Monza ne change en rien ma confiance en son potentiel. Je suis convaincu qu’il sera très bon, très bon… Mais aujourd’hui, c’était décevant. »
Antonelli retient malgré tout un point positif : « Les qualifications ont été une nette amélioration. C’était un de mes points faibles récemment. En revanche, la sortie de piste en entraînement vendredi est à corriger, car elle a nui à mes performances le samedi et dimanche. »
Wolff entend désormais soutenir Antonelli par le dialogue pour cet ultime segment de saison : « Un week-end propre, c’est aussi ne pas traîner le poids des erreurs précédentes. C’est difficile d’attaquer fort dans un virage où on est déjà sorti une fois. »
Un incident l’an dernier à Monza continue d’avoir des répercussions : « Ou alors on choisit de ne pas attaquer un pilote qui ne devrait pas gêner, comme Gasly dans une situation avec Leclerc. Kimi ne devrait pas perdre la moindre seconde derrière Gasly », s’agace Wolff.
Pour le patron de Mercedes, Antonelli réunit toutes les qualités nécessaires pour s’imposer en F1 : « C’est un pilote talentueux avec un instinct de compétiteur. Tout est là. Mais il faut qu’il se débarrasse de ses erreurs passées. »
Points à retenir
- Andrea Kimi Antonelli est fortement critiqué par des figures majeures du sport, y compris Toto Wolff, ce qui marque un tournant dans la manière dont Mercedes gère son jeune pilote.
- Malgré une vitesse pure prometteuse, Antonelli peine à concrétiser lors des courses, cumulant erreurs stratégiques et pénalités.
- Wolff reconnaît un potentiel certain tout en appelant le pilote à la maturité et à la régularité dans ses performances.
- Les erreurs répétées, notamment les sorties de piste, pèsent sur la confiance et la progression d’Antonelli, incitant Mercedes à un accompagnement plus rigoureux.
- Le duel statistique défavorable face à George Russell reflète l’écart d’expérience et la nécessité de franchir un palier dans la gestion de la course.
- Les prochaines échéances, notamment le Grand Prix de Bakou, seront décisives pour évaluer les progrès du jeune Italien, sur un circuit plus familier et avec moins de pression.
Au final, Antonelli est un pilote au talent indéniable plongé dans l’arène impitoyable de la Formule 1, où la vitesse ne suffit pas toujours et où chaque erreur se paie cash. Il doit désormais apprendre à conjuguer ses qualités athlétiques avec la rigueur stratégique exigée au plus haut niveau. Cela dit, si l’on pouvait programmer une mise à jour logicielle pour supprimer ses erreurs, ça nous ferait gagner un paquet de temps… Mais bon, un pilote sans caractère serait-il toujours si intéressant à suivre ? Je me pose la question, en souriant évidemment.