mer. Juin 24th, 2026

Carlos Sainz n’a pas tardé à pointer du doigt les faiblesses du Williams dès les premiers essais de la saison, surtout en les comparant aux Ferrari qu’il avait conduites les années précédentes. Certes, chaque monoplace a son propre comportement, mais passer d’une Ferrari à un Williams en quelques heures seulement—comme lors des essais à Abu Dhabi—met en lumière les écarts de performance. Malheureusement, Williams a décidé de concentrer tous ses efforts sur la saison 2026 et n’a quasiment rien développé pour son FW47 en 2025, à part un pack de pièces conçu en février. Résultat : les retours précieux de Carlos n’ont pas pu se traduire en améliorations concrètes.

Williams occupe actuellement la cinquième place du championnat des constructeurs avec 70 points, mais leur régularité laisse franchement à désirer. Excepté le Grand Prix d’Australie, marqué par une météo capricieuse et de nombreux accidents, ils ont obtenu des scores à deux chiffres uniquement à Miami, Imola et Spa. Par contre, quatre autres courses—Bahreïn, Barcelone, Autriche et Hongrie—n’ont rien rapporté. À Sakhir, Carlos a dû abandonner après un accrochage avec Tsunoda alors qu’il visait le top 10. Barcelona, Spielberg et Hungaroring partagent un point commun : leurs tracés comportent de longues courbes où le Williams accuse particulièrement son manque de performance.

Carlos Sainz durant le GP de Hongrie de Formule 1
Carlos Sainz durant le Grand Prix de Hongrie de Formule 1. Crédit : Atlassian Williams Racing

« Nous manquons d’appuis aérodynamiques dans les courbes longues, » explique Sainz. « Il faut conserver la charge depuis l’entrée jusqu’au milieu de la courbe, c’est là où le manche pose problème depuis un certain temps. Du coup, les virages courts et les lignes droites nous conviennent mieux. Sur des circuits comme Barcelone, Hongrie ou Qatar, la voiture souffre. Il faudra changer de philosophie pour que la monoplace 2026 soit performante sur des tracés variés. » Le pilote espagnol ajoute qu’à Hungaroring, il a souffert tout particulièrement : « J’ai tendance à aborder la courbe en freinant fort, ce qui demande beaucoup à l’avant au niveau aérodynamique. »

« La Hongrie a toujours été un circuit compliqué pour l’équipe, » poursuit Sainz. « Après la séance de qualification, nous avons eu une longue discussion car je suis passé d’une voiture capable de viser la pole à une autre qui se bat aux alentours de la 13e place. Je peux fournir beaucoup d’informations sur ce qui manque à cette monoplace sur ce type de piste. »

Dans l’ensemble, le Williams FW47 montre également ses limites sur les circuits à forte charge aérodynamique, quelle que soit la typologie des virages. En revanche, il s’en sort mieux sur des tracés caractérisés par de longues lignes droites et une charge aérodynamique faible ou moyenne. De ce fait, les prochaines courses à Monza, Bakou et plus tard à Las Vegas suscitent une certaine attente. Carlos, pour sa part, préfère se concentrer sur ce qu’il peut maîtriser : « À court terme, mon objectif est de bien gérer les week-ends. Dans l’état actuel des choses, on ne peut rien changer à l’aéro ni au réglage. À la Hongrie, j’ai essayé plusieurs configurations et j’en suis revenu à celle qui avait donné de bons résultats à Miami et Imola. Je veux m’assurer que nos week-ends soient propres. Si c’était le cas à Spa, Miami ou Imola, les points auraient été au rendez-vous. »

Points à retenir

  • Carlos Sainz a rapidement identifié les lacunes du Williams FW47, notamment en passages rapides où l’appui aérodynamique fait défaut.
  • Williams a misé toute son énergie sur la saison 2026, laissant de côté le développement en 2025, ce qui limite l’évolution de la monoplace actuelle.
  • Le FW47 réussit mieux sur les circuits avec longues lignes droites et peu d’appui, mais peine sur les circuits exigeant des virages à haute vitesse.
  • Les écarts de performances sont flagrants lorsque l’on compare le FW47 aux Ferrari pilotées précédemment par Sainz, ce qui met en exergue le niveau technologique des deux écuries.
  • Le pilote espagnol se concentre désormais sur la gestion optimale des week-ends de course, sachant que l’amélioration technique n’est pas à l’ordre du jour.

En somme, Williams semble jouer la carte du long terme, quitte à sacrifier le présent. Quant à Carlos Sainz, il navigue tant bien que mal au milieu de ces compromis, fournissant des retours pertinents sur ce qui manque à sa monoplace. Et entre nous, on pourrait presque croire que la Formule 1 est une affaire de patience et de stratégie… ou alors simplement l’art subtil de savoir quand lancer ses pneus neufs. Qui sait ? Moi, je vais prendre des notes et rester curieux. Après tout, la saison n’est pas finie, et parfois c’est dans la frustration qu’on trouve les plus belles leçons.


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