mer. Juin 24th, 2026

La Formule 1 est un sport où la passion pour la vitesse se mêle souvent à une forte dose d’ego. C’est pourquoi Liam Lawson, pilote néo-zélandais du Visa Cash App Racing Bulls, apparaît comme une bouffée d’air frais, humble et authentique. Quelques jours avant que le pilote ne s’aligne sur le circuit urbain si particulier de Bakou, nous avons pu échanger avec lui via Zoom pour comprendre ce qui alimente son parcours au plus haut niveau du sport automobile. Ce qui ressort de cette conversation, c’est un pilote moins porté sur la posture que sur une concentration intense et une mentalité forgée par ses racines kiwi.

Isack Hadjar en piste durant le Grand Prix d’Italie à Monza
Isack Hadjar en piste durant le Grand Prix d’Italie à Monza, septembre 2025. (Photo Rudy Carezzevoli/Getty Images)

Quand nous l’interrogeons sur ce qui, dans son approche, relève de “l’esprit kiwi”, Liam se montre modeste. « Je ne saurais pas trop dire, honnêtement, commence-t-il. Peut-être simplement la manière dont nous faisons les choses. » À ses débuts, l’euphorie de réaliser un rêve d’enfance le motivait. Désormais, sa stratégie est simple et efficace : se concentrer uniquement sur les résultats.

« Avec le temps, c’est surtout une question de rester focalisé sur la conduite, sur le travail, et ne pas se laisser distraire par tout le reste… » confie-t-il. Dans un environnement saturé par l’attention médiatique mondiale, Liam a choisi de ne pas se laisser envahir. Une humilité rare dans le paddock de la F1, où les egos sont souvent surdimensionnés. Oubliez les apparences parfois dépeintes par F1TV ou Drive to Survive : Liam Lawson reste un gars simple, et surtout rapide au volant.

Cette concentration est son moteur. Amateur de guitare, je voulais savoir comment il parvient à gérer les distractions. Pour lui, le métier de pilote est total. « Les préparatifs sont sans fin », explique-t-il, soulignant que chaque instant passé au simulateur, à la salle de sport ou avec les ingénieurs est crucial. Lorsqu’il trouve des moments rares de détente, il privilégie des activités à la fois plaisantes et ressourçantes sur le plan mental. La musique, bien sûr, mais aussi le golf, qu’il qualifie de « nouvelle obsession » : « Quatre heures à ne pas être sur son téléphone, c’est précieux. Les parcours en Nouvelle-Zélande me manquent beaucoup, j’ai hâte d’y retourner à la fin de la saison. »

Liam Lawson dans le paddock à Bakou
Liam Lawson dans le paddock avant le Grand Prix d’Azerbaïdjan à Bakou, septembre 2025. (Photo Rudy Carezzevoli/Getty Images)

Il révèle également que cette bataille mentale est un travail quotidien. « J’ai un coach de performance depuis mes 16 ans, quand je suis parti en Europe », partage-t-il, insistant sur l’importance d’avoir « des personnes de confiance autour de moi » pour rester droit et concentré. « La pression dans ce sport génère beaucoup de bruit, raconte Liam. J’essaie de faire abstraction au maximum et de garder mon attention sur la conduite… c’est très facile de se perdre dans tout le reste. » La dimension psychologique semble être l’épreuve la plus exigeante.

En regardant devant lui, c’est le défi immédiat du circuit de Bakou qui concentre toutes ses pensées. « Ce circuit est vraiment particulier. Aucun autre ne lui ressemble », note-t-il. « Avec sa longue ligne droite, on doit utiliser peu d’appui aérodynamique, donc les voitures bougent beaucoup. »

Liam Lawson en piste à Monza
Liam Lawson en piste à Monza, Grand Prix d’Italie, septembre 2025. (Photo Rudy Carezzevoli/Getty Images)

C’est cette combinaison d’un esprit solidement ancré et d’une volonté inébranlable qui, selon lui, déterminera son avenir en Formule 1. Pour rester au sommet, le message est clair : « Il faut des résultats. De bons résultats, des points », affirme-t-il sans ambages. Après notre bref échange, alors que ses préparations reprennent, le message est limpide. Liam Lawson ne court pas seulement pour marquer des points ; il court avec un objectif précis, imperméable au bruit ambiant et solidement attaché à ses racines kiwi.

Liam Lawson poussé vers sa place sur la grille à Monza
Liam Lawson poussé vers sa place sur la grille à Monza, septembre 2025. (Photo Rudy Carezzevoli/Getty Images)

Points à retenir

  • Liam Lawson reste fidèle à une approche simple, axée sur la concentration et les résultats plutôt que sur l’ego.
  • Son identité néo-zélandaise façonne une mentalité pragmatique, discrète et déterminée.
  • Il consacre beaucoup de temps à la préparation mentale et physique, s’entourant de professionnels de confiance.
  • Les activités comme le golf et la musique lui servent à s’évader et à recentrer son esprit.
  • Le circuit de Bakou impose des contraintes uniques, avec peu d’appui et une grande instabilité des monoplaces.
  • Pour lui, prouver sa valeur passe par de solides performances et la récolte de points lors des courses.

Au final, au-delà de la vitesse, c’est la capacité à faire abstraction du tumulte extérieur qui semble faire la différence chez ce pilote. Une approche humble et concentrée, loin des feux de la rampe, qui rappelle que même dans un monde de star system motorisé, la simplicité peut être une arme redoutable. Et si parfois, je me laisse aller à penser qu’on gagnerait tous à adopter un peu plus de cette sagesse « kiwi »… c’est sans doute parce qu’il va falloir que je travaille mon putting avant de prétendre au rang de gentleman driver !


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