La pratique sportive transmet de précieuses leçons sur l’esprit d’équipe, la persévérance, la fixation d’objectifs et le travail acharné. Cependant, le désir d’exceller peut aussi pousser certains athlètes à adopter des comportements malsains, notamment des troubles alimentaires.
C’est précisément ce qu’a vécu l’étoile écossaise de la Formule 1, David Coulthard, qui a révélé qu’à ses débuts, il percevait la boulimie comme un « mal nécessaire ». Ancien pilote chez McLaren, Williams et Red Bull, Coulthard avouait se peser deux fois par jour afin de maintenir le poids idéal pour la compétition. Loin de considérer cela comme un problème, il y voyait simplement une condition indispensable au succès des jeunes pilotes.
Dans une interview accordée au podcast High Performance animé par Jake Humphrey, Coulthard, qui officie comme commentateur depuis sa retraite en 2008, expliquait :
« Je ne voyais pas cela comme une pression. C’était juste une nécessité pour atteindre le bon poids. »
« On sait que les pilotes doivent parfois passer par des saunas ou autres méthodes drastiques pour alléger leur masse avant une course. Boxeurs, gymnastes, et bien d’autres sports sont confrontés à ce genre de contraintes. Il s’agit simplement de dysmorphie corporelle : on ne voit pas ce que l’on est vraiment dans le miroir, mais ce que l’on ressent », ajoutait-il.
Une obsession du poids
« Je me pesais de manière obsessionnelle. Si j’avais un kilo de trop, je pensais que cela nuirait à ma performance. Adolescents, je montais sur la balance deux fois par jour : une fois le matin au réveil, le corps sec, et une fois le soir avant d’aller dormir. Cela me permettait de calculer à l’avance si j’étais dans la bonne fourchette pour le week-end de course », confie l’ancien pilote.
Un mal nécessaire
« C’était un compromis. Un mal nécessaire que je n’ai jamais partagé avec quelqu’un. Je savais que si j’avais du surpoids, quel que soit le dîner que j’avais pris, je ne le garderais pas dans mon corps. Lorsque j’ai commencé à piloter des voitures, je pesais relativement peu pour un jeune de 17 ans, car j’avais en quelque sorte privé mon corps durant mon adolescence. Il s’agissait d’éliminer toute forme de désavantage : avec un surpoids, il n’y avait aucune chance », résume Coulthard.
Daniel Magson, directeur exécutif de l’association caritative First Steps ED, souligne : « Il est encourageant de voir David s’exprimer avec une telle franchise sur son combat contre la boulimie. Chaque expérience de trouble alimentaire est unique. C’est pourquoi partager ces récits est essentiel pour briser la stigmatisation et permettre à davantage de personnes concernées d’accéder à des soutiens adaptés. »
En carrière, Coulthard a remporté treize Grands Prix et a terminé deuxième du championnat du monde des pilotes en 2001, derrière Michael Schumacher.
Points à retenir
- Le sport de haut niveau oblige parfois à des sacrifices physiques bien loin de l’image glamour que l’on s’en fait.
- Les comportements obsessionnels autour du poids, même chez les jeunes athlètes, peuvent cacher des troubles alimentaires graves.
- Les pilotes de Formule 1 ne sont pas que des pilotes, ils sont aussi des acteurs d’un ballet où le poids compte autant que la vitesse.
- Le malaise autour de l’image corporelle n’épargne aucun sport, de la gymnastique à la Formule 1.
- Parler ouvertement de ces problématiques contribue à lever le voile sur une réalité souvent taboue.
En définitive, cette confession de David Coulthard nous rappelle que derrière les exploits sportifs se cachent parfois des combats bien plus laborieux que le chrono à battre. Alors que nous célébrons la vitesse et la victoire, ne serait-il pas temps de réfléchir aussi à ce que cela coûte vraiment ? Mais bon, ce n’est que mon avis – je préfère l’idée de faire un tour de piste en dégustant un bon burger plutôt que de compter mes kilos avant de monter dans une voiture de course.