Les superordinateurs sont des outils essentiels pour résoudre des problèmes complexes que les ordinateurs classiques mettraient des années à traiter, comme simuler le vol d’un avion ou prédire la météo. Rocío Carratalá, une chercheuse récompensée par la Société Scientifique Informatique d’Espagne et la Fondation BBVA, explique : « Ces calculs peuvent être réalisés en quelques heures grâce à ces machines puissantes qui rendent accessible ce qui était autrefois inimaginable ». Elle partage ses travaux dans des bibliothèques de codes ouverts, affirmant : « Je suis heureuse que d’autres chercheurs puissent utiliser et construire sur mes travaux ».
« Certains scientifiques semblent trop à l’aise dans leur confort. En revanche, les négationnistes maîtrisent parfaitement leur discours, ce qui peut influencer des personnes avec des arguments basés sur des erreurs de raisonnement. »
Carratalá a contribué aux évolutions du superordinateur MareNostrum au Barcelona Supercomputing Center, qu’elle décrit comme « un lieu fascinant, similaire à une chapelle où chantent des chœurs grégoriens, sous une lueur vibrante ». Concernant l’informatique quantique, elle a une approche prudente. « Bien que tous les éléments nécessaires soient réunis, il faudra du temps avant d’atteindre les précieuses avancées que nous espérons. » Elle compare les deux domaines à des frères qui s’aiment mais se disputent. « Ils finiront par se compléter, mais cela nécessite encore des années de travail. »
Sa préoccupation face à l’essor de l’utilisation de ChatGPT comme conseiller soulève une question plus profonde : « Le problème n’est pas technologique, mais bien social. Que faisons-nous mal dans nos vies ou nos relations pour avoir honte de demander de l’aide et faire confiance à une intelligence artificielle ? » Elle rappelle que « un algorithme ne possède ni conscience ni éthique ; son rôle est simplement de fournir des réponses similaires à celles que pourrait offrir un ami. »
En observant la montée du négationnisme, Carratalá fait aussi une auto-critique : « Certains scientifiques demeurent trop confortablement installés. Les négationnistes, eux, sont très entraînés dans leur argumentation, ce qui captive de nombreuses personnes. » La réponse réside dans la vulgarisation scientifique : « C’est une responsabilité collective. C’est pourquoi des initiatives comme celle de la Fondation BBVA, visant à promouvoir une science rigoureuse, sont plus importantes que jamais. »
« Je travaille avec des matrices hiérarchiques (comme des tableaux de calculs comportant des billions de données) et j’ai développé une méthode de compression pour extraire les éléments essentiels. »
« Mes outils permettent aux superordinateurs d’économiser du temps de calcul et de l’énergie. Une de leurs applications se trouve dans la conception aéronautique. »
« J’analyse également les signaux des électrocardiogrammes et des électroencéphalogrammes pour aider les médecins à prendre de meilleures décisions ; j’enseigne à l’IA à percevoir nos émotions. »
« Je mène des recherches pour assurer la reproductibilité de la science, afin que tout chercheur puisse obtenir les mêmes résultats lors d’un même procès, ce qui est fondamental pour la méthode scientifique. »
Points à retenir
- Les superordinateurs sont essentiels pour réaliser des calculs complexes dans un délai réduit.
- La recherche ouverte favorise la collaboration entre scientifiques.
- L’informatique quantique et classique évoluent de manière complémentaire.
- La vulgarisation scientifique est cruciale face au négationnisme croissant.
En conclusion, cette discussion autour de l’évolution des technologies de calcul et de la communication scientifique nous pousse à réfléchir. Nous vivons dans une époque où la science doit être à la fois accessible et partageable. La responsabilité d’éduquer et de cultiver une vision critique face aux nouvelles technologies nous incombe à tous. Comment, en tant que société, pouvons-nous créer un environnement où la science est respectée et valorisée ?
