mar. Juin 16th, 2026

Josu Jon Imaz, directeur général de Repsol, insiste sur une notion qui prend de l’importance alors qu’Europe renforce son agenda climatique. La décarbonisation est l’objectif à atteindre, mais le chemin pour y parvenir revêt une importance toute aussi capitale que le but. Son message prône un réalisme fondé sur des technologies déjà disponibles, tout en tenant compte des impacts économiques.

Si le coût de la réduction des émissions s’envole, cela pourrait entraîner une perte de compétitivité et un déplacement des activités hors d’Europe. Ce déplacement pourrait réduire les emplois sur notre continent sans pour autant diminuer les émissions à l’échelle mondiale, surtout si la production se déplace vers des pays aux normes environnementales plus laxistes.

Repsol reste engagé à atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050.

Compétitivité et émissions réelles

Dans ce contexte, Imaz est particulièrement critique envers des mesures qui, en pratique, agissent comme un péage pour la production en Europe. Il soutient que le système doit inciter à une réduction efficace des émissions, et non provoquer un déplacement géographique de la production. Selon lui, la transition doit être évaluée sur des résultats tangibles, plutôt que sur des titres accrocheurs.

Repsol soutient cette position à travers une feuille de route climatique transparente et des objectifs de décarbonisation à court et moyen terme. L’entreprise maintient son engagement d’atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050, tout en établissant des objectifs intermédiaires pour 2030. L’accent est mis sur la réduction de l’empreinte carbone de ses opérations.

Le plan repose sur plusieurs leviers. La première est de développer les énergies renouvelables afin d’augmenter la production à faibles émissions et d’encourager l’électrification progressive du système. La seconde consiste à promouvoir des combustibles à faible teneur en carbone pour les usages les plus difficiles à électrifier, où le véhicule électrique ne représente pas la seule solution.

À cela s’ajoute le développement des infrastructures. Repsol a intensifié l’installation de bornes de recharge publiques et élargit son offre énergétique pour couvrir l’ensemble des besoins des utilisateurs, du transport à l’énergie domestique. L’entreprise cherche à être présente dans la vie quotidienne des conducteurs, mais aussi dans le tissu industriel nécessitant des solutions de transition.

Tecnologie : oui, mais à des coûts maîtrisables

Le directeur général de Repsol défend la nécessité d’accélérer, tout en gardant à l’esprit l’économie des projets, car sans électricité compétitive, il est difficile d’atteindre une échelle significative. L’idée est de privilégier des initiatives avec un sens industriel et d’éviter les promesses qui ne se réalisent pas.

Parallèlement, l’entreprise cadre sa stratégie dans un mélange d’investissements en transition et de décisions visant à protéger ses marges. Dans un contexte de prix volatils et de compétitivité mondiale, le défi consiste à avancer sans compromettre sa capacité d’investissement. C’est la base de son approche pragmatique.

La transition énergétique est désormais un test de compétitivité, chaque réglementation impactant l’emploi, l’investissement et le prix final. Repsol cherche à influer sur ce débat en plaidant pour une approche pragmatique et des certitudes réglementaires permettant la planification.

En résumé, Imaz ne remet pas en question l’objectif de décarbonisation, mais discute des méthodes et du rythme à adopter pour qu’elles soient durables. Repsol prône une transition que l’on peut financer, exécuter et qui préserve l’industrie sur le continent. Selon sa vision, l’enjeu est de réduire les émissions sans en altérer l’économie.

Points à retenir

  • Importance de la décarbonisation tout en préservant la compétitivité européenne.
  • Les coûts de réduction des émissions peuvent entraîner des délocalisations dommageables.
  • Repsol vise des objectifs de zéro émission nette d’ici 2050, avec des étapes intermédiaires.
  • Les énergies renouvelables et les combustibles à faible carbone sont essentiels dans la transition.
  • L’infrastructure de recharge doit être densifiée pour accompagner le changement.
  • Une approche pragmatique est nécessaire pour que la transition soit économiquement viable.

Nous vivons une époque où l’enjeu climatique se heurte à des réalités économiques. Que penser de cette transition à double facette ? Alors que les ambitions écologiques se multiplient, n’oublions pas que le chemin que nous choisissons pour y parvenir doit être tout aussi réfléchi que l’objectif final. Pour moi, cela soulève la question cruciale : comment réussir une transformation écologique sans compromettre l’avenir industriel et économique de notre continent ?


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