Le gouvernement de Pedro Sánchez a demandé aux dirigeants catalans de faire preuve de patience. Tout viendra en son temps, mais ce sera bel et bien négocié. Selon des informations obtenues, l’accord relatif à cession énergétique à la Catalogne, tant attendu, devrait voir le jour après la fermeture définitive de la centrale nucléaire d’Almaraz (Cáceres). Une fois cette centrale démantelée, l’accent sera mis sur l’extension de la durée de vie des réacteurs d’Ascó et de Vandellòs.
Des sources politiques affirment que le président de la Generalitat, Salvador Illa, est « très intéressé par la continuité des centrales nucléaires » et a déjà discuté de ce sujet tant avec Junts qu’avec ERC. Cependant, officiellement, il mettra en avant un programme d’inondation de la Catalogne en énergies renouvelables pour soutenir toutes les entreprises du territoire, une tâche complexe à réaliser rapidement.
En vertu du Plan National Intégré de l’Énergie et du Climat (PNIEC), approuvé en 2021 sous la houlette de l’Union européenne, toutes les centrales nucléaires en Espagne doivent fermer entre 2027 et 2035. En Catalogne, la première centrale à arrêter son activité sera Ascó I (en 2030), suivie d’Ascó II (2032) et enfin de Vandellòs II (2035). Ces trois centrales représentent 60% de la demande énergétique du territoire, alors que les cinq centrales existantes en Espagne, comptant sept réacteurs, ne couvrent que 20% de la demande nationale.
Les mêmes sources indiquent que l’ultimatum récemment lancé par Carles Puigdemont à Bruxelles, concernant le soutien éventuel au gouvernement de Sánchez et à Illa, s’est soldé par des concessions durant le reste de la législature. Toutefois, l’indépendance énergétique ne sera discutée qu’après la fermeture d’Almaraz, dissociant ainsi cet accord du soutien nécessaire pour l’adoption des Budgets de l’État en 2026.
Selon le calendrier du PNIEC, Almaraz devrait fermer son premier réacteur en 2027, après 45 ans de fonctionnement, avec le second prévu pour 2028. Cofrentes, à Valence, fermera en 2030 et Trillo, à Guadalajara, sera la dernière à débrancher. Il est important de souligner que tout accord avec les nationalistes et indépendantistes dépend uniquement des deux réacteurs d’Almaraz. « Toute avancée vers l’indépendance énergétique sera relancée après la fermeture d’Almaraz, pas avant », concluent les sources.
Le blackout, un tournant
Étonnamment, le calendrier initial bénéficiait du soutien majoritaire des partis proches du gouvernement, y compris Junts et ERC, qui prônaient l’abandon de l’énergie nucléaire dans leurs programmes électoraux. Cependant, tout a changé après le blackout survenu le 28 avril. Le 17 juin, le Congrès a accepté d’examiner une proposition de loi du PP visant à prolonger la durée de vie des centrales nucléaires, soutenue par VOX, et par l’abstention de Junts et d’ERC, ce qui n’était pas prévu pour Sánchez.
Ce changement de position des nationalistes et indépendantistes est principalement le résultat de pressions venant du territoire catalan où se trouvent les centrales nucléaires, qui souhaitent maintenir ce type de production énergétique pour ne pas perdre en compétitivité économique et en emplois.
Les sources rapportent qu’ERC, malgré ses oppositions idéologiques, se doit de défendre l’extension de la vie des centrales nucléaires catalanes en raison de la situation énergétique régionale et des emplois en jeu. Teresa Jordá, députée de l’ERC, a souligné que cette nouvelle position découle des « irresponsabilités » des gouvernements ayant failli à proposer des plans de transition énergétique adéquats pour la région.
Le compromis avec la Catalogne pourrait avoir des répercussions sur d’autres communautés où se situent des centrales nucléaires, tout comme celles qui en bénéficient. Chacune de ces régions souhaiterait recevoir un traitement similaire, comme c’est le cas avec l’accord fiscal singulier. Ces communautés risqueraient de perdre leur compétitivité régionale et leurs emplois, mais ce sujet ne semble pas susciter d’intérêt politique pour le président Sánchez.
Quoi qu’il en soit, les réacteurs des centrales d’Almaraz, qui sont voués à la fermeture, fournissent de l’énergie à l’Estrémadure, à l’Andalousie et à Madrid, et aucune de ces régions ne semble faire partie des priorités du gouvernement pour inverser cette décision. Reculer sur la fermeture d’Almaraz représenterait également une trahison envers les partenaires de Sumar, d’où la demande de patience adressée aux leaders catalans.
Les entreprises en défense
De leur côté, le gouvernement maintient que la décision de ne pas prolonger la durée de vie des centrales nucléaires est liée aux choix des compagnies électriques. Le ministère de la Transition Écologique a affirmé que « les entreprises espagnoles ne souhaitent pas prolonger l’exploitation de leurs centrales car cela exigerait d’importants investissements pour répondre aux normes de sécurité imposées par l’UE après l’incident de Fukushima, et qu’elles préfèrent investir dans les énergies renouvelables. »
Cependant, cette affirmation a suscité la colère des propriétaires des centrales – Endesa, Iberdrola, Naturgy et EDP – à l’égard du gouvernement. Des experts soulignent que l’exécutif semble occulter le fait qu’il a progressivement rendu le modèle nucléaire non viable par des hausses fiscales et la création de la Tasa Enresa pour gérer les déchets nucléaires à l’avenir.
En effet, entre 2008 et 2019, les taxes imposées aux centrales nucléaires ont augmenté de 400 %, et depuis 2019, elles ont enregistré une hausse supplémentaire de 50 %.
Points à retenir
- Pacte relatif à la cession énergétique avec la Catalogne prévu après la fermeture d’Almaraz.
- Les centrales nucléaires en Catalogne représentent une part importante de la demande régionale.
- Le PNIEC prévoit la fermeture des centrales nucléaires entre 2027 et 2035.
- Le soutien des nationalistes à la prolongation de l’énergie nucléaire résultent de pressions économiques locales.
- Le financement des énergies renouvelables soulève des questions sur la transition énergétique.
En tant que citoyen, il me semble fondamental d’interroger notre dépendance à l’énergie nucléaire et notre capacité à évoluer vers des alternatives durables. Alors que certains acteurs économiques privilégient la rentabilité immédiate, il est impératif de penser à long terme pour garantir un avenir énergétique responsable et respectueux de l’environnement. Les décisions prises aujourd’hui façonneront notre paysage énergétique de demain.
