Les grandes entreprises de jeux vidéo semblent vouloir abolir le format physique des consoles. Xbox est la première à avoir franchi le pas en proposant des modèles sans lecteur, tandis que Game Pass a popularisé l’idée d’un avenir entièrement numérique. L’arrivée de la PS5 Pro sans lecteur et la baisse continue des ventes physiques renforcent l’idée que la PS6 suivra cette tendance. Toutefois, un ancien dirigeant de PlayStation n’est pas convaincu que cette option soit la bonne.
La PS6 ne peut pas être uniquement numérique
Shawn Layden, ancien PDG de Sony, pense que la PS6 ne pourra pas être exclusivement numérique. Dans une entrevue accordée en 2025 sur le podcast Kiwi Talkz, celui qui a dirigé PlayStation jusqu’en 2019 a mentionné l’année précédente que Sony et Xbox se livrent déjà à une concurrence dans des domaines variés. Son argument principal repose sur la géographie : “Je ne pense pas que Sony puisse réussir de cette manière. Xbox a eu plus de succès avec cette stratégie, car son marché se concentre principalement dans des pays anglophones comme les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud”, a-t-il déclaré.
En revanche, PlayStation opère dans plus de 65 pays, dont de nombreux territoires manquent d’infrastructures Internet adaptées à un modèle exclusivement numérique. “Si nous allons vers le numérique, combien de mon marché ne pourra pas réaliser cette transition ?”, se questionne-t-il. Layden souligne que Sony doit sérieusement envisager cette question avant de prendre une décision. En tout cas, la comparaison avec Xbox permet d’établir des distinctions intéressantes.

Layden reconnait aussi que la stratégie numérique d’Xbox est efficace pour Microsoft, car sa base de joueurs se trouve dans des pays disposant d’une infrastructure digitale performante. Sony, quant à lui, joue dans des marchés émergents et diversifiés, et doit donc éviter d’appliquer la même stratégie, au risque de perdre des parts de marché. Malgré tout, et selon les données de Circana, les modèles de PS5 avec lecteur de disque continuent de dominer les ventes aux États-Unis par rapport aux modèles uniquement numériques.


Layden n’écarte pas la possibilité d’un scénario mixte, qui semble être le choix le plus réaliste. Il ne serait pas surprenant que Sony sorte la PS6 avec deux formats comme cela a déjà été fait avec la PS5, permettant ainsi aux joueurs de choisir et de conserver l’option physique pour ceux qui préfèrent ou en ont besoin. Cela dit, il avertit qu’il y aura un point de non-retour pour une transition radicale vers le numérique, où Sony devra accepter des pertes : “D’accord, nous pouvons abandonner cette partie du marché”.
Ce changement n’interviendra pas avant plusieurs années, et nous devons encore vérifier la véracité de rapports indiquant que la sortie de la PS6 pourrait être retardée à 2028 ou 2029, en raison de la crise de la mémoire RAM. “Le marché mondial de Sony est si vaste que je pense qu’il serait difficile pour eux d’abandonner totalement le marché physique, même avec la prochaine génération”, ajoute Layden, dont les propos sont appuyés par un analyste de renom.

Mat Piscatella, directeur exécutif de Circana, prédit que PlayStation aura encore “une génération” pour vendre des jeux physiques chez les détaillants, tandis que Nintendo pourrait tenir “deux autres générations” avant d’effectuer une transition complète. Cependant, il est probable qu’Xbox adopte le numérique avec sa prochaine console, qui devrait être un appareil hybride entre une console et un PC. Si Piscatella a raison, la PS6 devrait encore inclure un lecteur de disque, tandis que la PS7 se retrouvera dans un territoire beaucoup plus incertain, bien que la chute des ventes physiques suscite des inquiétudes parmi les passionnés de ce format.


Pour répondre à votre curiosité, les chiffres ne laissent guère de place à l’optimisme. Au premier trimestre de l’exercice 2025, 83 % des ventes de jeux PlayStation étaient numériques, contre 76 % en moyenne sur l’ensemble de l’année fiscale 2024, selon Icon-Era. La tendance est croissante, puisqu’au T2 de 2024, ce pourcentage était de 70 %, passant à 74 % au T3 et atteignant 80 % au T4. En Europe, les chiffres de 2024 sont encore plus probants : 131,6 millions de jeux vendus numériquement (soit une augmentation de 15 % par rapport à l’année précédente) contre 56,5 millions en physique (une baisse de 22 %), selon VGChartz.
Aux États-Unis, entre janvier et août 2024, 78 % des ventes de PS5 étaient déjà numériques; la Xbox Series X|S affichait un chiffre de 91 %, comme le rapporte Circana. La conclusion est claire : le format physique n’est pas mort, mais il est en déclin, et à des rythmes différents selon les marchés. Ainsi, Sony ne peut pas prendre la décision de passer entièrement au numérique, et ce, du moins pas tout de suite.
Points à retenir
- Shawn Layden, ancien PDG de Sony, remet en question l’avenir numérique exclusif de la PS6.
- La présence de PlayStation dans plus de 65 pays rend une transition vers le numérique complexe.
- Les modèles PS5 avec lecteur de disque continuent de dominer les ventes aux États-Unis.
- Les ventes numériques de jeux PlayStation atteignent 83 % au premier trimestre 2025.
- Un scénario mixte semble plus plausible pour la PS6 selon les experts.
Cette discussion sur l’avenir du format des consoles soulève une question intéressante : jusqu’à quel point les entreprises de jeu doivent-elles s’adapter à la demande numérique tout en prenant en compte les besoins des marchés moins développés ? À titre personnel, je pense qu’il est crucial de trouver un équilibre qui permette à la fois l’innovation et l’inclusion de tous les joueurs, quelle que soit leur situation géographique.
