mar. Juin 16th, 2026

Bien que l’Espagne soit engagée dans la fermeture de son parc nucléaire, la société Westinghouse, architecte de cinq des sept réacteurs espagnols, a opté pour Madrid afin d’implanter un simulateur de pointe pour les réacteurs AP1000. Ces réacteurs de troisième génération, capables de produire plus de 1 GW d’électricité, représentent aujourd’hui “la technologie nucléaire la plus avancée”. Actuellement, six réacteurs AP1000 sont en fonctionnement, dont deux aux États-Unis et quatre en Chine, avec des projets en cours pour en construire quatorze autres en Bulgarie, Pologne et Chine.

Comparés à d’autres générations de réacteurs à eau pressurisée (PWR), ces nouveaux réacteurs présentent des délais de construction réduits, des économies d’énergie et des systèmes de sécurité “passifs” permettant un arrêt sécurisé du réacteur en cas de défaillance, sans recours à des moyens externes tels que des générateurs diesel. Les responsables de Westinghouse ont indiqué que leur conception est résiliente, supportant des conditions extrêmes allant de -40°C à 50°C, rendant leur installation possible dans n’importe quel coin du globe, des pôles jusqu’aux déserts.

L’Espagne sera le premier pays européen et le troisième au monde à disposer d’un tel simulateur, après les États-Unis et la Chine. Ce dispositif formera les futurs opérateurs de ces réacteurs, qui continueront d’être construits à travers le monde, dans une salle de contrôle identique à celle d’un réacteur AP1000, équipée d’écrans numériques et d’un espace de supervision pour l’instructeur. La formation des étudiants durera entre trois et cinq ans.

Lorsqu’il a été interrogé sur les raisons du choix de Madrid pour ce projet, le président de Westinghouse pour les nouveaux réacteurs, Luca Oriani, a souligné que la capitale espagnole permet d’attirer des experts du monde entier, en particulier des ingénieurs espagnols ayant une forte expérience internationale, grâce à la dynamique industrie nucléaire espagnole. “C’est pratique pour tout le monde, et nous disposons du talent nécessaire”, a-t-il exprimé, en ajoutant que l’Espagne est unique. Xavier Coll, le président de Westinghouse Espagne, a également noté qu’entre 75 et 80 % des spécialistes espagnols se trouvent dans des installations à travers le monde, un chiffre en constante augmentation.

Une décision inévitable

Les deux responsables ont évoqué la décision espagnole de fermer ses centrales, tout en attendent de connaître l’issue de la demande de prolongation pour la centrale nucléaire d’Almaraz de trois années. Oriani est convaincu que l’Espagne reviendra à la construction de nouvelles centrales : “Les débats politiques évolueront”, a-t-il déclaré, suggérant qu’il deviendra inéluctable pour l’Espagne de construire de nouvelles installations nucléaires. “Peut-être pas cette année, ni dans cinq ans”, a-t-il ajouté, mais cette nécessité pour fournir de l’énergie accessible ne se limite plus au marché espagnol, mais touche l’ensemble de l’UE. En référence à l’expérience allemande, il a rappelé que Westinghouse a 140 ans d’expertise, dont les 60 dernières dans le secteur nucléaire espagnol.

Pour sa part, Coll a souligné que “d’un point de vue énergétique et politique, il est actuellement très compliqué de fermer les installations existantes”. “Nous verrons si le plan de fermeture se réalise comme prévu“, a-t-il conclu, selon les informations d’Europa Press.

Points à retenir

  • Westinghouse implante un simulateur AP1000 à Madrid, un développement stratégique dans la formation des opérateurs nucléaires.
  • Les réacteurs AP1000 sont censés fournir une meilleure sécurité et des coûts de construction réduits.
  • Le simulateur est la première de ce type en Europe, renforçant la place de l’Espagne dans le domaine nucléaire.
  • La majorité des experts espagnols dans le domaine nucléaire travaillent à l’international.
  • La fermeture des centrales actuelles suscite des débats sur l’avenir énergétique de l’Espagne et de l’Europe.

Il est intéressant de se demander quel sera l’impact de cette technologie sur la dynamique énergétique future de l’Espagne et de l’Europe. Alors que de nombreux pays se séparent progressivement de l’énergie nucléaire, la position de l’Espagne pourrait poser un dilemme : comment concilier innovation et besoin énergétique dans un contexte mondial en mutation ? Cette question mérite d’être explorée avec attention.


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