mar. Juil 14th, 2026

En 2019, je découvrais par hasard le groupe flamboyant de métal cabaret de Saint-Pétersbourg, Tardigrade Inferno, avec leur premier album Mastermind, qui mettait en scène un adorable ours d’eau comme mascotte. Dès les premières notes, j’ai été captivé. Leurs riffs puissants et leur écriture fantaisiste m’ont maintenu en haleine jusqu’à la sortie de Burn the Circus quatre ans plus tard. Ce nouvel opus a approfondi l’originalité de leur musique, dotée d’un esprit métallique plus affirmé. Pourtant, à première écoute, il semblait que Hush, le troisième album, poursuivait l’histoire laissée par Burn. Hélas, le petit tardigrade qui me tenait tant à cœur avait disparu. Que cela pouvait-il signifier ?

La formule sonore de Tardigrade Inferno ressemble à celle de Burn the Circus, avec l’ajout d’accordéons et de kazoo, et une surprenante explosion de blast beats dans la chanson “I Am Eternal”. Cependant, l’absence de leur personnage central se fait ressentir à travers Hush, qui véhicule une morbidité palpable sur ses 45 minutes, notamment dans “Dead Fish Smile”. Sans cette figure maniaque qui donnait vie et sens à leur musique, la narration de Hush semble désordonnée et peu profonde. Néanmoins, les riffs entraînants, les refrains accrocheurs et les mélodies joyeuses parviennent à garder mon intérêt pendant une période de deuil pour le Tardigrade Inferno que j’aimais tant.

Peu à peu, je me suis senti prêt à accueillir Hush, conscient qu’il ne proposerait pas l’univers décalé des précédents album. Pourtant, je reste déçu que Tardigrade Inferno ait opté pour un album de vignettes tirées de contes de fées et de monstres classiques. Des morceaux comme “Deadly Fairytales” et “Goor” renvoient à un storytelling trop générique, bien que certains détails soient captivants, comme les voix hurlantes et les silences dans “Goor”. D’autres titres, tels que “All in Your Head” et “I.C.D.”, abordent les horreurs naturelles qui hantent l’esprit humain. Bien que ce sujet s’intègre bien dans le métal en général, Tardigrade Inferno ne parvient pas à apporter la gravité ou la subversion de certains groupes influencés par ce style cabaret.

Cependant, plusieurs idées intéressantes, nouvelles astuces et détails amusants émergent de Hush. Le morceau éponyme est entraînant, avec un riff dynamique et des synthétiseurs ludiques, accompagné d’un refrain accrocheur que je ne peux m’empêcher de fredonner. “Subatomic Heist” est aussi un titre étonnant qui déborde de vitalité. De même, la clôture proggie et sombre de “I Am Eternal” annonce un retour des tardigrades, intégrant des mélodies décalées, une écriture atypique (pour ce groupe, du moins) et un jeu de guitare remarquable. Retravailler les éléments qui avaient fait le charme de Tardigrade Inferno donne à ce morceau la structure et la direction qui manquaient aux autres titres de l’album.

Je ne suis généralement pas partisan de la réutilisation d’anciennes idées ou thèmes. En effet, je préfère voir un groupe s’affirmer et évoluer lors d’une transition potentiellement polarisante. Pourtant, dans ce cas précis, la mort de leur personnage central et de l’absurdité qui l’accompagnait – ainsi que la narration conceptuelle tant appréciée – semble avoir pris le dessus sur Tardigrade Inferno dans cet album. Hush n’est pas complètement à rejeter, car il contient des idées intrigantes et des instruments novateurs qui s’intègrent bien dans le son du groupe. Cependant, il lui manque la direction et les arcs narratifs qui avaient porté leurs deux précédents albums au succès. Mon espoir pour Tardigrade Inferno est donc de retrouver cet univers captivant et de reconstruire leur cirque, car le spectacle doit continuer !


Note : Décevant
DR : 5 | Format évalué : mp3 320 kb/s
Label : Autoproduit
Sortie mondiale : 5 mars 2026

Points à retenir

  • La disparition du personnage principal a laissé un vide dans la narration de Hush.
  • Des éléments prometteurs sont présents, tels que des riffs entraînants et des mélodies accrocheuses.
  • L’album explore de nouveaux thèmes, mais manque de profondeur et de cohérence.
  • Des morceaux comme “I Am Eternal” témoignent d’un retour potentiel vers l’univers fantaisiste apprécié des fans.

Il est toujours fascinant de voir comment les groupes évoluent et se réinventent, mais cela pose également la question de l’équilibre entre l’innovation et la fidélité aux éléments qui ont forgé leur identité. Que devraient-ils conserver et qu’est-ce qui pourrait faire défaut dans leur quête de nouveauté ? C’est là toute la beauté du parcours musical, et je suis impatient de voir où cela mènera Tardigrade Inferno dans le futur.


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