
(Crédit : Far Out / YouTube)
On peut affirmer sans hésitation que Pavement a su capturer l’esprit des années 1990, mais le chanteur Stephen Malkmus n’est pas entièrement fier de tout ce qu’il a signé à ce jour.
À sa sortie, l’album « Crooked Rain, Crooked Rain » avait pour objectif d’être plus accessible que le premier, qui était passé relativement inaperçu. Bien qu’il n’ait pas été un colossal succès, cet opus a permis au groupe de gagner en visibilité et de poser les bases de la réussite et de l’acclamation qu’ils ont connues ensuite.
Les douze morceaux de l’album illustrent parfaitement le style indie rock de Pavement et ont influencé de nombreux artistes par la suite. L’un des titres phares, « Silence Kid », se distingue par sa mémorabilité, notamment parce qu’il ouvre l’album. Ça aurait pu témoigner d’une grande confiance de la part de Malkmus, mais ce n’était pas vraiment le cas pour le principal compositeur du groupe.
Bien que ce morceau ait atteint son but, Malkmus regrette certaines paroles. Cela peut sembler surprenant, car cela porte sur un détail mineur, peu évident pourtant. Dans une interview, le guitariste a avoué son embarras face à une ligne : « L’ecstasy est si chaud à l’intérieur jusqu’à ce que cinq heures plus tard je suis en train de détruire, me fourrer la main. » Bien que peu remarquée, cette phrase est chantée vers la fin de la chanson et risquerait d’être oubliée.
Il a précisé qu’il ne se sentait pas vraiment fier de ces paroles, arguant qu’il « parlait pour l’homme ordinaire » et « traduisait l’état d’esprit de nombreux fêtards au petit matin. » Ces propos laissent perplexe quant à l’ampleur de son regret, surtout que cette ligne semble compter beaucoup plus pour lui que pour le fan moyen de Pavement.
Peut-être cette autocritique contribue-t-elle à sa créativité, lui permettant de produire une musique toujours célébrée des années plus tard. En effet, malgré leur discrétion, ces paroles ne nécessitent pas d’être surlignées, car « Silence Kid » soutient déjà une atmosphère captivante. Malkmus a cependant la chance de pointer du doigt un aspect que beaucoup de ses fans pourraient considérer comme impeccable.
Ce qui l’inquiète le plus vis-à-vis de la chanson n’est finalement pas ce que je pensais. Son interprétation évoque clairement celle de « Everyday » de Buddy Holly, une ressemblance frappante que j’ai immédiatement remarquée à la première écoute. Bien que cette cadence convienne à l’atmosphère de Pavement, cela empêche le morceau de se forger sa propre identité.
Ce serait, à mon sens, un regret bien plus sensé, mais Malkmus semble pourtant indifférent à cette observation, rendant la situation d’autant plus amusante.
Points à retenir
- Pavement a joué un rôle essentiel dans le paysage musical des années 1990.
- Le deuxième album a permis une meilleure visibilité, bien qu’il ne soit pas un succès commercial retentissant.
- La chanson « Silence Kid » est emblématique du son du groupe et a influencé d’autres artistes.
- Stephen Malkmus exprime des regrets particuliers envers certaines paroles, révélant un côté introspectif.
- La qualité de l’art semble souvent reposer sur cette autoévaluation dans le processus créatif.
En tant qu’amateur de musique, je ne peux m’empêcher de réfléchir à la complexité des émotions vécues par les artistes. La tendance à douter de soi, même lorsque la réussite est au rendez-vous, témoigne d’une profondeur chez Malkmus qui fascine. Qu’est-ce qui nous empêche d’apprécier pleinement notre travail ? C’est une question que je me pose souvent, en espérant que chaque créateur puisse trouver une voie d’expression sans jugement, car après tout, la musique est avant tout un langage universel.
