The Pendragon Cycle : Rise of the Merlin — l’épisode qui franchit un cap
Après un démarrage hésitant, la série trouve enfin sa voix. Le troisième épisode de The Pendragon Cycle : Rise of the Merlin impose une atmosphère plus soignée — images, décors et tension dramatique montent en puissance — et donne à Merlin une présence plus singulière et mystérieuse.

Un royaume fracturé et des alliances fragiles
La série reprend le fil avec Merlin adultisé — désormais incarné par Tom Sharp — aux côtés des « Fils de Constance », Arellius et Uther. Leur objectif : réunifier une Angleterre morcelée sous l’autorité d’un roi suprême. Les tensions montent face aux raids saxons et aux royaumes qui se replient sur eux-mêmes, stockant provisions et défenses plutôt que d’unir leurs forces. Pendant ce temps, Merlin, initié mais en quête d’un sens plus profond, est hanté par des visions obsédantes et la certitude d’une présence magique qui l’observe.

Une mise en scène rehaussée
L’épisode marque un net progrès sur le plan visuel : CGI moins maladroits, châteaux remarquablement travaillés et plans larges de falaises, vallées et forêts primordiales. Les décors en bois des Britons et la palette de couleurs — blancs éthérés pour Charis, verts et noirs raffinés pour Morgain — participent à une esthétique cohérente qui sert le récit.

Des interprétations solides
Les interprètes portent beaucoup de la réussite de cet épisode. Tom Sharp donne à Merlin une intensité contenue, Myles Clohessy incarne un Uther rugueux et physique, et Rose Reid prête à Charis une dignité ferme. Emree Franklin conserve sa présence magnétique en Morgain, tandis qu’Alex Laurence-Phillips, dans le rôle de Pelleas, apporte une expressivité muette remarquée et un humour salvateur.

Deux scènes remarquables
Le montage du troisième épisode use de parallèles narratifs efficaces. D’une part, il aligne deux conversations opposées pour mettre en évidence les incompréhensions politiques. D’autre part, il enchaîne simultanément deux escarmouches avec une cadrage serré et un contraste de couleurs qui facilitent la lisibilité de l’action — une construction proche des grandes scènes de bataille des séries épiques récentes.
Quelques réserves
Malgré ses atouts, l’épisode n’est pas exempt de défauts : une distribution nombreuse rend parfois difficile l’identification des personnages secondaires, et quelques excès de jeu (cris ou surjeu) viennent gêner ponctuellement l’immersion. Autre détail distrayant : les yeux dits « dorés » de Merlin paraissent artificiels à l’écran, comme collés ou surexposés, ce qui casse légèrement l’illusion.
Religion et magie : un équilibre nuancé
La série continue de traiter la magie et le paganisme avec un certain respect, les opposant parfois à une figure chrétienne plus bienveillante. Ici, la dimension religieuse se fait plus discrète que dans les épisodes initiaux, même si les symboles druidiques restent visibles. Le ton religieux, jusqu’à présent, évite la lourdeur attendue et laisse de la place aux forces anciennes.
Globalement, l’adaptation signée Jeremy Boreing gagne en assurance : production, direction artistique et direction d’acteurs montrent une amélioration sensible. Si les prochains épisodes confirment cette montée en qualité, la série a le potentiel de s’inscrire parmi les récits épiques contemporains dignes d’attention.
La série est disponible sur Daily Wire+. Nouvel épisode chaque jeudi.
Points à retenir
- Le troisième épisode renforce l’identité visuelle de la série : décors soignés, plans larges et meilleure intégration des effets.
- Les enjeux politiques sont au cœur de l’épisode : royaumes divisés, menaces saxonnes et négociations tendues.
- Performances convaincantes : Merlin gagne en intensité, Morgain reste une présence forte, et Pelleas offre un contrepoint comique efficace.
- Montage parallèle réussi sur deux scènes clés — dialogues croisés et combats simultanés — qui améliorent la lisibilité dramatique.
- Points à améliorer : gestion des personnages secondaires, quelques scènes de surjeu et l’effet artificiel des yeux de Merlin.
Pour ma part, je vois dans cet épisode la preuve que la série progresse : elle apprend de ses ratés et affine son style. Reste à savoir si elle saura conserver cet élan sur la durée, clarifier certains personnages et gommer les détails techniques qui nuisent encore à l’immersion. Et vous, pensez-vous que l’univers arthurien a besoin d’une nouvelle version ambitieuse, ou préféreriez-vous des adaptations plus sobres et centrées sur les personnages ?
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