Un tribunal néerlandais a condamné mardi cinq hommes pour leur participation à la violence contre des fans israéliens de football à Amsterdam, un événement qui a choqué le monde entier et suscité des accusations d’antisémitisme.
Le tribunal de district d’Amsterdam les a déclarés coupables de divers crimes allant des agressions physiques contre des supporters de Maccabi Tel Aviv dans la rue à l’incitation à la violence dans des groupes de discussion.
La peine la plus sévère a été infligée à un homme identifié sous le nom de Sefa O., qui a été condamné à six mois d’emprisonnement pour violence publique à l’encontre de plusieurs personnes.
Les supporters de Maccabi Tel Aviv ont été la cible d’attaques à la “hit-and-run” dans les premières heures du 8 novembre, après leur match de la Ligue européenne contre le grand club d’Amsterdam, l’Ajax.
Les images de cette violence, qui a conduit à l’hospitalisation temporaire de cinq fans, ont fait le tour du monde et ont suscité une réaction furieuse en Israël, notamment des accusations de “pogrom”.
Le cas le plus grave examiné mardi était celui de Sefa O., que les procureurs ont décrit comme jouant un “rôle prépondérant” lors des événements violents.
Le tribunal a visionné des images montrant cet homme en train de frapper une personne au sol, de poursuivre des cibles et de donner des coups à la tête et au corps.
Le procureur a déclaré que ces violences avaient “peu à voir” avec le football, tout en précisant que “dans ce cas, il n’y avait aucune preuve d’intention terroriste et la violence n’était pas motivée par un sentiment antisémite.”
“La violence a été influencée par la situation à Gaza, et non par l’antisémitisme,” a ajouté le procureur.
Les agressions ont eu lieu après deux jours d’escarmouches, au cours desquels des fans de Maccabi avaient chanté des chants anti-arabes, vandalisé un taxi et brûlé un drapeau palestinien.
La police a indiqué qu’elle enquêtait sur au moins 45 personnes pour cette violence, y compris des actions menées par les supporters du club israélien.
Un autre homme, identifié comme Umutcan A., 24 ans, a été condamné à un mois d’emprisonnement pour avoir agressé des fans et arraché violemment une écharpe Maccabi à l’un d’eux.
Les procureurs avaient demandé des peines plus lourdes pour ces hommes, pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement dans le cas de Sefa O.
La juge a précisé que les personnes reconnues coupables de tels crimes devraient normalement effectuer des travaux d’intérêt général. “Cependant, le tribunal estime qu’au vu de la gravité de l’infraction et du contexte dans lequel elle a été commise, seule l’emprisonnement est appropriée,” a-t-elle déclaré.
Seul l’un des cinq hommes était présent au tribunal pour entendre le verdict, a rapporté un journaliste de l’AFP.
Un jeune homme de 22 ans, identifié comme Abushabab M., fait face à une accusation de tentative de meurtre, mais son affaire a été reportée en attente d’une évaluation psychiatrique.
Né dans la bande de Gaza et ayant grandi en zone de guerre, son avocat a déclaré au tribunal, tandis qu’il était en larmes lors de l’audience.
Six autres suspects doivent comparaitre ultérieurement, dont trois mineurs, dont les affaires seront examinées à huis clos.
Lors d’une conférence de presse très émotive le matin suivant les émeutes, la maire d’Amsterdam, Femke Halsema, a déclaré que la ville avait été “profondément blessée” par ces “émeutiers haineux antisémites.”
Cependant, Halsema a ensuite déclaré qu’elle regrettait le parallèle qu’elle avait fait entre la violence et “des souvenirs de pogroms”, précisant que ce terme avait été utilisé à des fins de propagande.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait qualifié lors de ces événements la violence d'”attaque antisémite préméditée.”
Bon à savoir
- La situation à Gaza a souvent des répercussions sur les relations entre supporters de différentes nationalités.
- La ville d’Amsterdam a mis en place des mesures pour renforcer la sécurité lors des matchs de football, notamment en quelques semaines suivant ces incidents.
- Des débats sont en cours sur la responsabilité des clubs dans la gestion du comportement de leurs supporters.
Il est crucial de réfléchir à la manière dont le football, souvent considéré comme un terrain de rassemblement et d’unité, peut parfois dégénérer en violence et raviver des tensions historiques. Comment les clubs et les communautés peuvent-ils mieux travailler ensemble afin de prévenir de telles situations à l’avenir ?