dim. Août 2nd, 2026

Depuis son lancement en novembre 2020, Pix s’est imposé comme le mode de paiement privilégié au Brésil, remplaçant presque entièrement les espèces et les cartes. Ce système de paiements instantanés, développé par la Banque centrale du Brésil, permet d’effectuer des transferts facilement et rapidement, sans frais pour les utilisateurs et avec des coûts réduits pour les commerçants.

En revanche, au Chili, le même type de système sera mis en place prochainement, bien que la Banque centrale chilienne ne prévienne pas d’un dispositif similaire à Pix. Au lieu de cela, elle encourage les acteurs privés à organiser et développer ce système, à l’instar de ce qui a été fait en Espagne avec Bizum.

Dans ce contexte, des sources du secteur bancaire rapportent que plusieurs banques ont travaillé secrètement depuis près d’un an sur un projet pour élaborer un « Pix chilien », dont le lancement est prévu dans les mois à venir, même si le nom commercial reste à définir.

Comme ce projet implique une collaboration catégorique entre les banques, il devra impérativement être interopérable. Deux consultants, l’un en droit et l’autre technique, assistent ce projet, tous liés par un protocole d’accord qui comprend les banques privées et BancoEstado.

Des paiements instantanés à l’horizon

Actuellement, la carte de débit est le moyen de paiement le plus utilisé au Chili avec 81 %, suivie des espèces (64 %) et des transferts (60 %), selon l’enquête nationale d’utilisation de l’argent liquide de 2025. Cependant, cette dynamique pourrait changer grâce au nouveau système de paiements en cours d’élaboration. Ce dernier vise à offrir des paiements instantanés et interopérables, tant pour les transactions entre particuliers que pour celles réalisés avec des commerçants.

Le Chili a été un pionnier en 2008 en permettant des transferts interbancaires avec des fonds disponibles immédiatement. La Banque centrale reconnaît que bien que le système actuel de transferts électroniques possède des atouts, il doit améliorer l’expérience de paiement entre les utilisateurs et les commerçants.

Les dernières données montrent que sur une période de 12 mois se terminant en mars 2025, près de 989 millions de transferts électroniques ont été effectués, représentant 72 % du PIB. En dépit de ces chiffres impressionnants, 76 % des transferts interbancaires sont utilisés entre individus, alors que seulement 10 % sont destinés aux entreprises.

La simplicité d’un transfert est parfois contrecarrée par des étapes qui peuvent créer des erreurs de saisie, contrairement à des systèmes comme Pix, où il suffit de scanner un code QR ou d’utiliser un alias pour effectuer une transaction.

Dans le nouveau système, les utilisateurs pourront choisir un alias parmi plusieurs options telles que leur numéro de téléphone, leur RUT ou un pseudonyme, simplifiant ainsi le processus de paiement.

Il convient de se demander non pas si le Chili a besoin d’un système équivalent à Pix, mais comment renforcer un écosystème de paiements rapides et accessibles, particulièrement pour les commerçants. Pour cela, il est essentiel de promouvoir l’interopérabilité sans solutions fermées, tout en augmentant les normes de sécurité attendues par les utilisateurs.

Les tendances de paiement dans le pays

Le recours aux moyens de paiement numériques au Chili a dépassé 110 % du PIB. Bien que les transferts électroniques dominent en valeur, en termes de nombre de transactions, les cartes de débit, notamment la ContaRUT de BancoEstado, restent les plus utilisées.

Le projet en cours pourrait modifier cette tendance car les transferts fonctionnant comme des TEF, ils pourraient réduire la dépendance aux cartes, en éliminant certains frais pour les commerçants qui actuellement règlent avec les marques de cartes.

Parallèlement, des chiffres récents indiquent environ 8 millions de cartes de crédit détenues sous Mastercard et 4 millions sous Visa, ce qui montre la part importante de ces acteurs sur le marché chilien.

Perspectives et enjeux

La présidente de la Banque centrale, Rosanna Costa, a déclaré lors du Chile Day à New York qu’elle avait constitué des groupes de travail pour identifier les obstacles au développement de paiements instantanés interopérables. Elle souligne que la coordination entre les acteurs de l’industrie et des incitations économiques adéquates sont cruciales pour ce développement.

Les banques projettent de perfectionner d’abord les transferts entre particuliers avant de lancer les paiements vers les commerçants, avec une introduction d’alias et une généralisation des QR codes dans les mois à venir. Les attentes se portent sur les nouvelles directives de la Banque centrale, qui devraient être révélées lors d’un événement au mois prochain.

Points à retenir

  • Pix a largement remplacé les paiements par espèces et cartes au Brésil.
  • Le Chili se prépare à lancer un système similaire, mais sans l’initiative directe de sa Banque centrale.
  • Des banques chiliennes travaillent sur un projet de paiement instantané depuis un an.
  • La majorité des paiements interbancaires se fait actuellement entre particuliers.
  • Les systèmes de paiement comme Pix simplifient le processus de transfert d’argent.
  • Le projet chilien vise à créer un écosystème de paiements plus efficace et interconnecté.

Réfléchissons ensemble à l’impact que pourrait avoir ce nouveau système sur la vie quotidienne des Chiliens et l’essor du commerce local. Serait-il un véritable progrès vers une inclusion financière plus large, ou se heurterait-il à des résistances logiques et économiques ? Les réponses à ces questions détermineront l’avenir du paysage financier chilien.


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