Le Kids Act : Vers un meilleur cadre de protection des mineurs en ligne
Lors d’une conférence de presse, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, accompagnée de sa vice-présidente chargée de la politique numérique, Henna Virkkunen, a présenté les détails du projet de loi appelé « Kids Act ». Annoncé la veille au Parlement européen, ce texte vise à renforcer la protection des mineurs sur Internet, englobant des plateformes comme Snapchat, TikTok et Instagram, mais aussi des jeux en ligne et des chatbots intelligents.
Un encadrement adapté à l’âge
« Pas de réseaux sociaux avant 13 ans, pas de compte personnel avant 15 ans », a déclaré von der Leyen. Ce cadre vise à garantir des mesures appropriées selon l’âge des utilisateurs. Elle a souligné que pendant trop longtemps, les plateformes n’avaient pas assumé leur responsabilité dans ce domaine. Henna Virkkunen a ajouté qu’il était essentiel de contrer l’usage séduisant des médias sociaux qui captivent l’attention des jeunes.
Les règles du Kids Act, désormais formalisées par la Commission européenne, introduisent des exigences variées pour différentes catégories de services. La Commission ne souhaite pas reproduire le « modèle australien », qui impose un simple et peu efficace interdit aux moins de 16 ans. Un responsable européen a affirmé que pour les grandes entreprises, se conformer aux exigences techniques serait réalisable si elles le souhaitaient.
Une protection renforcée
Pour tous les services concernés par le Kids Act, l’objectif est de prévenir les dangers pour les enfants et les adolescents, tant en matière de comportements auto-destructeurs que de risques externes. Des dispositifs comme l’interdiction du défilement continu peuvent contribuer à protéger contre la dépendance. De plus, les systèmes de récompense pour les interactions seront également prohibés.
Les obligations les plus strictes s’appliquent aux réseaux sociaux et aux plateformes de partage de vidéos. Ces dernières devront désactiver par défaut des fonctionnalités telles que le microphone, la caméra, et la géolocalisation. Jusqu’à 13 ans, les jeunes ne pourront pas utiliser ces services de manière autonome. Pour accéder à des services vidéo, les enfants devront le faire via le compte d’un parent.
Des comptes parentaux encadrés
À partir de 13 ans, un compte sous contrôle parental sera autorisé, avec validation de l’âge et des droits de garde. Les adultes géreront ces comptes, mais sans accéder directement au contenu, afin de préserver une certaine confidentialité pour les jeunes. Ils pourront limiter l’utilisation à une heure par jour et restreindre les contacts.
Notre responsabilité collective
Les jeux en ligne, de même, devront éviter d’inciter à la dépendance et devront informer clairement sur les coûts associés aux achats en utilisant des monnaies virtuelles. Par ailleurs, les profils des jeunes utilisateurs ne seront pas publiquement visibles, protégeant ainsi leur vie privée. Les magasins d’applications joueront un rôle crucial en mettant en place un système de classification des âges pour chaque logiciel proposé.
Points à retenir
- Le Kids Act vise à encadrer l’usage des médias sociaux par les mineurs
- Des mesures adaptées selon l’âge des utilisateurs seront mises en place
- Les réseaux sociaux devront garantir la désactivation de certaines fonctionnalités par défaut
- Les comptes des mineurs devront être gérés par des adultes jusqu’à 15 ans
- Inclusivité des jeux en ligne avec un engagement contre la dépendance
Il est fascinant de réfléchir sur la manière dont ces initiatives peuvent transformer l’utilisation d’Internet pour nos jeunes. Le Kids Act, tout en étant une avancée notable, ouvre également un large débat sur l’équilibre entre protection et liberté d’accès à l’information. En tant que communauté, nous devons nous questionner sur notre responsabilité collective face à ce défi.
