Poppy Playtime, le jeu développé par Mob Entertainment, est au cœur d’une action en justice contre Google, selon laquelle la société accuse ce dernier de permettre la diffusion de versions frauduleuses de son jeu. Dans un procès déposé mercredi en Californie, Mob Entertainment demande au tribunal d’ordonner le retrait de ces jeux contrefaits et de lui verser des dommages-intérêts d’au moins 150 000 dollars par œuvre enfreignant ses droits. La plainte cible également le développeur anonyme derrière les faux jeux Poppy Playtime, publiés sous le nom de Daigo Game 2020.
Daigo Game 2020 est référencé comme éditeur de deux applications Poppy Playtime sur Google Play, ainsi que de jeux basés sur Skibidi Toilet et Minecraft. L’application Minecraft, dénommée Minicraft 2020, aurait enregistré plus de 50 millions de téléchargements, selon AppMagic. À noter que Minicraft 2020 et les jeux Skibidi Toilet ont depuis été retirés du Google Play Store.
Poppy Playtime est un jeu de survie horrifique publié en épisodes, le premier étant sorti en 2021. Le jeu est disponible sur PC, consoles et mobile, avec trois chapitres déjà publiés et un quatrième attendu pour le 30 janvier. Son concept se déroule dans une inquiétante usine de jouets où le joueur doit échapper à des créatures terrifiantes, dont la plus célèbre est Hugo Huggy, un monstre bleu possédant des dents acérées. Le succès de ces jeux est indéniable avec plus de 40 millions de téléchargements tous supports confondus, et une forte présence sur YouTube, où les vidéos de gameplay et d’explications des histoires attirent des millions de vues. Une adaptation cinématographique est également en préparation par Legendary Entertainment.
Mob Entertainment souligne que Poppy Playtime se révèle être une véritable machine à sous. Après la sortie des deux premiers chapitres, l’engouement pour le troisième volet était palpable. Profiteurs de cette attente, des développeurs ont mis en ligne des applications utilisant le nom du jeu pour attirer les joueurs. Ces jeux non autorisés, intitulés Poppy Playtime Chapter 3 et Poppy Playtime Chapter 4, sont actuellement disponibles sur le Google Play Store et ont dépassé le million de téléchargements. Ces applications, bien que gratuites, incitent les joueurs à télécharger un mod payant allant de 30 à 95 dollars, selon la plainte. Les plaignants ajoutent que ceux qui ont acheté le mod ne reçoivent qu’un lien menant à une page web inactive.
D’autres jeux, réalisés par des créateurs différents, touchent apparemment à Poppy Playtime sans pour autant utiliser le nom protégé. La plainte précise que le rôle de Google dans cette situation découle de son inaction face à la présentation de ces jeux frauduleux. Mob Entertainment a déjà soumis des demandes de retrait en vertu du DMCA et a contacté directement Google. Bien que Google ait retiré le contenu en décembre, celui-ci est réapparu peu après sur le magasin d’applications.
La société évoque que ces jeux frauduleux nuisent à sa réputation en raison de leur piètre qualité, comme en témoignent « de nombreuses fautes grammaticales » et « une palette de couleurs peu attrayante », caractérisant leur nature trompeuse. La lutte de Mob Entertainment contre ces contrefaçons n’est malheureusement pas isolée. D’autres entreprises, comme celle derrière Unpacking, ont également rencontré des difficultés similaires sur des plateformes comme le Nintendo eShop, parfois inondé de produits de très faible qualité cherchant à profiter d’une mode ou d’un événement particulier.
Pour conclure, Polygon a tenté de joindre Mob Entertainment et Google, mais n’a pas réussi à contacter Daigo Game 2020.
Points à retenir
- Mob Entertainment affronte Google pour la suppression de faux jeux liés à Poppy Playtime.
- Ces applications tentent de tirer profit de l’attente autour des nouveaux chapitres du jeu.
- La qualité médiocre de ces contrefaçons nuit à la réputation de Mob Entertainment.
- D’autres créateurs rencontrent également des problèmes similaires avec des jeux peu scrupuleux sur diverses plateformes.
En somme, cette affaire soulève des questions sur la responsabilité des grandes plateformes de distribution d’applications en matière de protection des droits des développeurs et de lutte contre la fraude. Cela invite à réfléchir aux mécanismes en place pour garantir que le contenu proposé soit authentique et de qualité, tant pour les créateurs que pour les consommateurs.
C’est fascinant de voir comment les créateurs luttent contre la fraude. Cela démontre l’importance de la qualité dans l’industrie du jeu vidéo, surtout dans un monde numérique si vaste !