sam. Août 15th, 2026

Gen Momoji est un mangaka relativement nouveau, ayant fait ses débuts en 2018 avec la série historique seinen “Heilang”. Après une période de silence, il revient avec un manga qui mélange action, drame et comédie, intitulé “Allons-y, Nirvana !”, qui se déroule dans un temple bouddhiste zen.

L’histoire suit Kazunobu Haramoto, un membre de bas étage de la yakuza qui rêve de gravir les échelons. Cependant, après avoir été témoin par accident de l’élimination de son groupe, Kazunobu devient la cible d’un assassin mystérieux. Ne pouvant compter sur la protection de la police, il n’a d’autre choix que de se cacher dans un temple bouddhiste zen. En prenant une nouvelle identité de moine, nommée Isshin, le gangster doit désormais suivre une routine extremement stricte sur le chemin de l’illumination.

Malgré cette prémisse apparemment farfelue, ce manga souligne les lacunes du système judiciaire japonais. Kazunobu est en danger constant et doit se cacher en raison de l’absence d’un véritable programme de protection des témoins. La décision de se réfugier dans un temple expose également un autre problème. Les personnages mentionnent que les institutions religieuses sont généralement exemptées des enquêtes policières. Cela est illustré par Seinin, un moine senior qui utilise la violence physique envers les nouveaux venus, soulignant que ce qui se passe à l’intérieur est au-dessus des lois.

Cette représentation déformée des moines bouddhistes zen permet tout de même d’apporter des éclaircissements sur la religion, même pour les lecteurs peu familiers. Kazunobu commence sans aucune connaissance, et les lecteurs découvrent la vie au temple à ses côtés, à travers diverses pratiques et rituels. Son parcours s’inspire aussi des mangas de gangsters, mettant l’accent sur des moments émouvants où les moines tissent des liens forts. Ces arcs, centrés sur l’amitié et parfois la souffrance partagée, agissent comme catalyseurs pour un développement de personnage significatif.

En plus de l’histoire, l’art de Momoji est un autre point fort. On retrouve une grande richesse de détails dans le dessin du temple historique Zenshoji, offrant aux lecteurs une immersion dans les coulisses de cet édifice emblématique. Les scènes d’action et de comédie bénéficient également d’un soin particulier, les expressions des personnages apportant une touche d’humour.

De plus, cette seconde œuvre met en avant les compétences de Momoji en matière de design de personnage. La plupart des personnages, chauves et vêtus de la tenue traditionnelle de moine, se ressemblent, à l’exception de ceux qui ne font pas partie du temple. Toutefois, chacun d’eux présente des caractéristiques physiques distinctes, même au sein d’un groupe supposé homogène. Par exemple, les quatre nouveaux moines reflètent une diversité d’origines. En tant que gangster, Kazunobu affiche une petite cicatrice sur le front, tandis que Raian est plus grand que les autres, illustrant son arrière-plan étranger.

Dans l’ensemble, “Allons-y, Nirvana !” raconte comment on peut se retrouver, contre toute attente, dans une situation difficile. À travers la lutte d’un yakuza pour survivre tout en cachant son identité dans un temple, cette œuvre fascinante nous plonge dans un drame centré sur les personnages, nous introduisant à l’univers du bouddhisme zen.

Points à retenir

  • La série mélange action, drame et moments humoristiques, attirant un large éventail de lecteurs.
  • Kazunobu, le protagoniste, illustre les dangers de la trahison et le manque de protection dans le monde de la yakuza.
  • Le contexte du temple bouddhiste zen permet d’explorer des thèmes comme la spiritualité et la rédemption.
  • Les relations entre les moines montrent une facette humaine, contrastant avec leurs idéaux de paix.
  • Le style artistique de Momoji enrichit l’expérience de lecture grâce à des détails immersifs.

En conclusion, cette œuvre me pousse à réfléchir sur la dualité de l’identité et les parcours de chacun. Alors qu’elle aborde des thèmes lourds comme la violence et la recherche de soi, elle offre aussi une fenêtre sur une culture riche et complexe. Ce récit interroge notre propre définition de la lumière et de l’obscurité, et j’ai hâte de voir comment Kazunobu continuera son voyage, dans un monde où la paix intérieure semble si difficile à atteindre.


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