Ce qui s’est passé hier au Congrès était peu ordinaire : un homme condamné pour les attentats de Barcelone et Cambrils du 17 août a accusé le CNI de connaître les intentions de l’imam de Ripoll.
Tout cela était inhabituel : d’une part, qu’une personne condamnée à 43 ans de réclusion pour un acte terroriste témoigne personnellement devant le Congrès ; d’autre part, que le juge de surveillance pénitentiaire, au lieu de le faire comparaître par vidéoconférence, ait autorisé son transfert de la prison de Córdoba vers Madrid. Enfin, le dénouement de la séance a été surprenant, comme l’a résumé la députée du PP, Cayetana Álvarez de Toledo : "Ils ont amené un terroriste au sein de la terreur". C’est pourquoi les députés du PP ont quitté la salle, tandis que ceux du PSOE, Sumar et Vox n’ont posé aucune question. Seuls Junts, Esquerra et Bildu ont interpelé le témoin.
Deux questions ont été particulièrement cruciales. Premièrement : pourquoi témoignait-il aujourd’hui ? Étant donné qu’il était déjà condamné, il n’avait plus à craindre de représailles. Dispose-t-il de preuves ? Non, aucune, il affirme que c’est un autre terroriste qui le lui a dit. Pourtant, il souhaite que l’État enquête sur ce que le CNI savait et ne savait pas. Selon Mohamed Houli, le CNI était au courant des intentions de l’imam et a permis qu’il se rende à Ripoll pour radicaliser des individus.
"Le CNI savait ce que l’imam avait en tête et ils l’ont laissé nous manipuler. Je le dis maintenant, parce que je n’avais pas pu l’affirmer auparavant, de peur que cela entraîne des représailles ou que cela nuise à ma situation. Mais je suis déjà condamné et je n’ai rien à perdre. Je suis imame et cela s’est produit."
Une fois son témoignage terminé, le témoin a été reconduit dans la fourgonnette de police en direction de la prison. Cet événement sera utilisé par le PP et Vox pour souligner le prix que Sánchez doit payer à Junts pour pouvoir gouverner, mais l’affaire ne sera pas rouverte. Seul le président Puigdemont a insisté pour que cela soit fait, en exhortant sur le réseau X : "Il n’aurait pas pu le dire plus clairement."
En ce qui concerne les attentats du 17 août, le commissaire Villarejo, qui n’est pas vraiment réputé pour sa probité, a admis que l’État pourrait avoir cherché à instiller la peur en Catalogne, ce qui aurait ensuite échappé à son contrôle. De surcroît, l’imam de Ripoll était un informateur pour les services secrets espagnols. Le 17 août, il ne restait qu’un mois et demi avant le référendum du 1er octobre, que l’État souhaitait à tout prix empêcher. Le drame politique de cette époque ouvre la porte à toutes sortes de spéculations, notamment celles qualifiées de "théories du complot", visant à discréditer ceux qui pensent que l’État pourrait orchestrer un attentat pour se défendre. Le problème réside dans le fait que l’Espagne est consciente de cela, et cela dans un cadre démocratique.
Pour résumer, les déclarations de Mohamed Houli ne feront pas grand bruit. Sur le plan politique, Junts a réussi à amener cette question à la tribune du Congrès.
La famille de l’enfant de Rubí, décédé sur la Rambla, envisage de porter plainte contre l’ancien directeur du CNI. Cependant, les tribunaux ont rendu leur verdict et l’État a étouffé cette affaire. Fin de chapitre.
Bon à savoir
- Développements politiques : Les implications des déclarations de Houli pourraient renforcer les tensions entre le gouvernement espagnol et les partis politiques catalans.
- Réflexions sur la sécurité nationale : Les accusations concernant les services de renseignement soulèvent des questions sur l’équilibre entre sécurité nationale et libertés individuelles.
- Historique des attentats : Les attentats de 2017 chez les institutions catalanes ont été un tournant important qui a profondément marqué la société espagnole.
Ces récents échanges politiques nous rappellent que l’histoire n’est jamais complètement figée et que chaque événement peut potentiellement faire ressurgir des débats de fond sur la responsabilité gouvernementale et la sécurité. Quel rôle les citoyens doivent-ils jouer dans ce dialogue ?
Ces révélations sont consternantes. Le lien entre les services de renseignement et les attentats soulève des questions troublantes sur notre sécurité et la protection des citoyens.
Ce témoignage soulève des questions importantes sur la responsabilité des services de renseignement et leur rôle dans la sécurité nationale. La vérité doit toujours prévaloir.
C’est fascinant de voir comment un témoignage aussi choquant peut réveiller des débats sur la transparence de nos institutions. La vérité doit toujours être mise en lumière.
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