jeu. Juin 25th, 2026

Lorsqu’il s’agit de réaliser des films sur la longue histoire des souffrances infligées aux Noirs aux États-Unis, les cinéastes ont souvent la bonne intuition de privilégier une narration intimiste. En racontant une histoire personnelle, comme c’est le cas dans Nickel Boys, les enjeux systémiques plus larges peuvent être révélés sans perdre de vue l’ampleur des injustices subies par ceux qui ressemblent aux personnages centraux.

Ce qui rend ce film unique, c’est la manière dont le scénariste et réalisateur RaMell Ross, en collaboration avec Joslyn Barnes, a adapté le roman de Colson Whitehead en offrant une perspective à la première personne. Pour la première moitié du film, le public découvre l’univers d’Elwood (Ethan Cole Sharp enfant, Ethan Herisse adolescent) à travers ses yeux, le personnage apparaissant seulement dans des reflets ou des photos.

Grâce à cette technique, l’impact des années tumultueuses 1960 est amplifié. Elwood est témoin de la montée de Martin Luther King, Jr., tout en devenant un élève brillant en dépit des obstacles, à Tallahassee, en Floride, où il vit avec sa grand-mère, Hattie (Aunjanue Ellis-Taylor). Alors qu’il espère intégrer une université pour réaliser ses rêves, un contrôle de routine le stoppe et il est envoyé contre son gré dans un internat.

Tentant de s’adapter à ce qui revient à une détention, il se lie d’amitié avec Turner (Brandon Wilson). Par la suite, Ross alterne les perspectives entre les deux garçons, intégrant également des flash-forwards sur un Elwood adulte, chacun faisant face aux injustices innombrables vécues à l’école. Leur amitié représente un fil fragile les reliant à l’espoir de quitter un jour cet endroit.

Bien que la perspective à la première personne puisse sembler un artifice, ici, elle souligne les circonstances déroutantes dans lesquelles se trouve Elwood. Plutôt que d’avoir accès à des informations que ni Elwood ni Turner ne pourraient connaître, nous ne pouvons voir que ce qu’ils voient, ce qui intensifie la gravité de leur situation. Ross déplace légèrement la caméra derrière la tête d’Elwood dans les scènes suivantes, un geste subtil qui aide le public à comprendre où il se trouve dans le temps et en quoi l’homme qu’il est devenu.

Alors que l’affichage du racisme manifeste dans les films est un puissant rappel de l’existence du mal dans le monde, beaucoup de productions tombent dans le piège de rendre les racistes trop unidimensionnels. Ross et Barnes s’assurent de développer des personnages comme le professeur Spencer (Hamish Linklater) et d’autres adultes, rendant leur maltraitance des enfants noirs à l’école encore plus horrible.

Bien que l’emplacement de la caméra inhabituelle empêche les acteurs de bénéficier d’un traitement de star, tant Herisse que Wilson réussissent à bien exprimer leur talent. Les aperçus fugaces de leurs visages contribuent à faire comprendre la force de leur travail hors écran. Ellis-Taylor livre une performance digne d’un prix, transmettant à la fois le cœur et le désespoir alors qu’Hattie lutte pour retrouver Elwood.

Bien que ce film ne soit pas strictement historique (le livre est une fiction inspirée d’événements réels), Nickel Boys conserve suffisamment de vérités pour captiver complètement. La perspective à la première personne attire le spectateur, avant que l’histoire ne le frappe avec des événements rendant les personnages centraux inoubliables.

Nickel Boys est actuellement projeté dans certaines salles.

Bon à savoir

  • Liens historiques : Le roman de Colson Whitehead s’inspire de la réalité et aborde des thématiques de discrimination et d’injustice.
  • Perspective cinématographique : L’approche à la première personne renforce l’immersion et la réception émotionnelle des événements vécus par les personnages.
  • Exploitation des personnages : Les personnages adultes, même s’ils sont présentés comme antagonistes, sont développés pour offrir une vue nuancée des préjugés raciaux.

Dans une époque où les récits sur les luttes raciales sont plus que jamais d’actualité, il est essentiel de nous interroger sur la manière dont ces histoires sont racontées. La représentation fidèle des luttes individuelles et collectives peut changer notre compréhension des injustices, tout en nous incitant à réfléchir sur l’avenir et la façon dont ces leçons devraient guider nos actions d’aujourd’hui.


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By Jordan Jarson

Entrepreneur passionné par le business web et le webmarketing, j'ai mon propre site e-commerces et je m'occupe d'améliorer sa visibilité en ligne. À temps perdu, je fouille le net à la recherche de pépites que je partage à la communauté.

3 thoughts on “Nickel Boys : un regard inédit sur les années 60”
  1. Ce film me touche profondément. La manière dont il dépeint les luttes personnelles tout en abordant des injustices historiques est à la fois poignante et nécessaire. Une œuvre à voir absolument.

  2. Ce film, par sa perspective intimiste, illumine les luttes des personnages avec une profondeur touchante. Une œuvre qui résonne et fait réfléchir sur notre histoire.

  3. Jordan, j’adore la façon dont tu mets en avant la perspective à la première personne ! Ça rend l’histoire encore plus poignante et immersive. Merci pour ce partage !

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