Les marchés asiatiques ont reculé vendredi, malgré de nouveaux records modestes enregistrés à Wall Street. La progression d’Alphabet et des actions liées à l’intelligence artificielle a aidé à compenser la forte chute du constructeur de véhicules électriques Tesla.
Au Japon, le Nikkei 225 a perdu 0,9 % pour s’établir à 41 456,23 points, interrompant ainsi deux jours de hausse. Cette baisse fait suite à l’annonce du président américain Donald Trump d’un accord commercial imposant une taxe de 15 % sur les importations japonaises, un taux plus doux que les 25 % initialement évoqués pour le 1er août.
Du côté des chiffres, l’inflation à Tokyo a ralenti en juillet avec une hausse annuelle de 2,9 % contre 3,1 % en juin. Selon ING Economics, la politique japonaise visant à contenir l’inflation commence à porter ses fruits, même si la pression sur les prix reste élevée dans la capitale. La banque centrale devrait maintenir ses taux stables lors de sa prochaine réunion fin juillet, tout en anticipant une révision à la hausse de ses prévisions d’inflation.
En Chine, les indices enregistrent également un repli : le Hang Seng de Hong Kong perd 1,1 % à 25 381,85 points et le Shanghai Composite recule de 0,4 % à 3 591,79 points.
Par ailleurs, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, devrait rencontrer la semaine prochaine les responsables chinois à Stockholm pour tenter de conclure un accord avant l’expiration d’un cessez-le-feu tarifaire prévu le 12 août. Donald Trump a évoqué une possible visite en Chine dans un contexte de détente commerciale.
ING Economics souligne que la question majeure reste la prolongation ou non de cette trêve tarifaire. Si un accord semble envisageable, les investisseurs scruteront tout ajustement des taux douaniers dans un sens ou dans l’autre.
En Corée du Sud, le Kospi a gagné 0,2 % à 3 196,05 points, tandis que l’Australie chute de 0,5 % à 8 666,90 points. Taïwan et l’Inde enregistrent aussi des baisses légères, respectivement de moins de 0,1 % et 0,8 %.
Aux États-Unis, le S&P 500 a légèrement progressé de 0,1 % pour atteindre un nouveau sommet historique à 6 363,35 points, malgré le repli de 0,7 % du Dow Jones et la hausse de 0,2 % du Nasdaq, également à un record.
Alphabet a vu son cours grimper de 1 % après avoir publié des résultats supérieurs aux attentes, notamment grâce à un investissement accru dans l’intelligence artificielle, avec un budget revu à la hausse de 10 milliards de dollars cette année, pour atteindre 85 milliards. Cette dynamique a aussi profité à Nvidia, dont les actions ont pris 1,7 % ; le fabricant de puces demeure la valeur la plus capitalisée de Wall Street.
Cependant, Tesla a chuté de 8,2 %. Malgré des résultats trimestriels conformes aux attentes et les efforts d’Elon Musk pour mettre en avant les avancées de la société dans l’IA et les robotaxis, l’intérêt des investisseurs reste limité. Musk multiplie les incursions en politique, ce qui semble repousser une partie de la clientèle potentielle. Il a prévenu que plusieurs trimestres difficiles étaient à prévoir, notamment en raison de la suppression progressive des incitations aux États-Unis.
Points à retenir
- Le Nikkei pâtit d’incertitudes commerciales, même avec une taxe adoucie à 15 % sur les importations japonaises.
- L’inflation à Tokyo ralentit, preuve que les mesures du gouvernement commencent à montrer des effets… sans que l’on puisse encore parler de miracle.
- La Chine et les États-Unis continuent leurs négociations commerciales, avec un œil attentif sur la prolongation d’un cessez-le-feu tarifaire précaire.
- Les valorisations boursières restent soutenues par l’essor de l’intelligence artificielle, un secteur chouchou qui semble faire tourner la machine financière — au moins pour l’instant.
- Étonnamment, Tesla, malgré ses promesses sur l’IA, souffre d’un cocktail détonnant entre résultats jugés moyens et stratégies commerciales discutables.
- Marchés en dents de scie : certains secteurs s’envolent, d’autres s’enfoncent, le tout dans un climat où la politique influence plus que jamais l’économie.
En résumé, on observe un spectacle boursier européen et américain mêlant éclats technologiques et soubresauts géopolitiques. L’optimisme timide pour la paix commerciale contraste avec la réalité souvent brutale de certaines entreprises, qui semblent faire les frais d’un monde en transition. Et si, finalement, la vraie intelligence artificielle dans ces marchés n’était que celle des spéculateurs ? À méditer pendant que les indices jouent au yo-yo. Moi, je vais chercher du popcorn…