jeu. Juin 25th, 2026

Les développeurs de logiciels basés aux États-Unis sont les plus grands utilisateurs mondiaux d’assistants de codage basés sur l’intelligence artificielle (IA), une tendance aux répercussions économiques nationales significatives, selon une récente étude.

Quatre chercheurs – Simone Daniotti, Johannes Wachs, Xiangnan Feng et Frank Neffke – ont analysé 80 millions de soumissions de code sur GitHub entre 2018 et 2024 avec un modèle d’apprentissage automatique. Leur étude révèle qu’en 2024, environ 30,1 % des fonctions Python soumises depuis les États-Unis ont été générées par IA.

L’Allemagne arrive en deuxième position avec 24,3 %, suivie de la France à 23,2 %, de l’Inde (21,6 %), de la Russie (15,4 %) et de la Chine (11,7 %).

Selon ce travail, lorsque l’usage de l’IA atteint 30 % dans la production de code, le nombre de contributions trimestrielles augmente de 2,4 %. En croisant ces données avec les tâches occupées par les programmeurs et leurs salaires, les chercheurs estiment la valeur annuelle de cette assistance IA entre 9,6 et 14,4 milliards de dollars pour l’économie américaine.

Ces chiffres vont dans le sens des déclarations de Satya Nadella, le PDG de Microsoft, qui affirme qu’environ 30 % du code produit chez Microsoft est aujourd’hui écrit par IA.

Les auteurs ajoutent que, si l’on considère les gains de productivité relevés dans d’autres études – jusqu’à 26 % d’amélioration –, le bénéfice économique pourrait grimper entre 64 et 96 milliards de dollars par an.

Ils reconnaissent toutefois certaines limites à leur analyse, notamment la possible sous-estimation liée à l’oubli de plateformes comme Gitee, très utilisée en Chine, ou le fait de considérer Python comme un indicateur représentatif de l’ensemble du développement logiciel. Leur modèle repose aussi sur l’hypothèse que le taux d’adoption de l’IA sur GitHub reflète celui d’autres environnements.

Néanmoins, les chercheurs restent optimistes quant à l’impact positif de l’IA sur la productivité. Ils soulignent que l’adoption de ces technologies favorise l’expérimentation et la découverte de nouvelles bibliothèques logicielles, enrichissant les compétences des développeurs – à condition que ces bibliothèques ne soient pas purement imaginaires, nées de l’IA elle-même.

En dehors de la programmation, les effets économiques de l’IA pourraient être plus modérés. Par exemple, une étude du MIT avait avancé l’an dernier un gain de productivité global limité à environ 0,7 % grâce à l’IA.

Points à retenir

  • Les développeurs américains sont en tête pour l’usage d’assistants IA dans le codage, avec un tiers du code Python potentiellement généré par ces outils.
  • La montée en productivité liée à l’IA se traduit par une hausse des contributions trimestrielles sur GitHub de 2,4 %, ce qui représente une manne économique importante.
  • Les chiffres sont à prendre avec précaution : la réalité est sans doute plus nuancée, notamment à cause des différences entre les langages de programmation et les plateformes internationales.
  • L’IA pousse les développeurs à explorer de nouvelles bibliothèques, ce qui peut stimuler l’innovation… tant que ces bibliothèques ne sont pas des chimères sorties tout droit d’un algorithme trop créatif.
  • Sur le plan macroéconomique, le gain lié à l’IA reste discuté, avec des estimations oscillant entre un effet puissant dans la tech et un impact plus mesuré à l’échelle globale.

En fin de compte, il semble que l’intelligence artificielle commence à véritablement transformer la manière dont on écrit du code, avec des gains économiques non négligeables. Mais, comme souvent dans le domaine, on navigue entre promesses ambitieuses et précautions nécessaires – en espérant que l’IA ne nous donne pas un jour un code aussi improbable que ses bibliothèques fictives. C’est peut-être le moment pour les humains de rester vigilants, tout en profitant un peu des miracles numériques. Après tout, qui n’aime pas un assistant bosseur, même s’il a parfois l’imagination débordante ?


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