Avec l’élan initial de l’intelligence artificielle quelque peu atténué et des incertitudes croissantes concernant la trajectoire des taux d’intérêt aux États-Unis, les marchés boursiers pourraient connaître un moment de répit grâce à la fin du blocage budgétaire à Washington. Certains pourraient avancer qu’il s’agit simplement d’un retour à la normale. Cependant, ce n’est pas tant le fait lui-même qui importe, mais la dynamique positive qui l’entoure.
La majorité des bourses mondiales a enregistré des pertes significatives la semaine dernière. Le FTSE 100 a glissé de 0,3 %, le DAX a chuté de 1,6 %, le CAC 40 a perdu un peu plus de 2 %, tandis que le Nasdaq 100 a reculé de 3,1 % et le Nikkei 225 de 4 %. Seuls les indices les plus défensifs, notamment ceux axés sur les pharmaceutiques, ont montré une certaine résistance : le SMI suisse et le Bel 20 belge ont affiché des avancées modérées. Dans l’ensemble, le bilan a été négatif en raison des inquiétudes concernant le financement du boom de l’intelligence artificielle et le manque de clarté sur la politique monétaire américaine, exacerbée par le blocage gouvernemental qui a entravé la collecte et la publication d’indicateurs clés tels que l’inflation et l’emploi.
La situation pourrait commencer à se décanter après 40 jours de blocage budgétaire. Dimanche soir, avec le soutien controversé de certains élus démocrates, le Sénat a approuvé un projet de loi pour financer le gouvernement jusqu’au 30 janvier 2026. Une partie de l’opposition critique le texte, le considérant trop favorable aux républicains. La question délicate des remboursements de soins de santé sera soumise à un vote séparé. Si le projet de loi obtient l’approbation du Sénat et de la Chambre, il sera envoyé à Donald Trump pour promulgation.
L’éventuelle fin du blocage intervient à un moment où ses conséquences devenaient visibles et nuisibles, tant sur le plan médiatique qu’économique. Du point de vue du sentiment des investisseurs, il ne s’agit pas d’un jeu à somme nulle. Le retour à la normalité nourrit un biais haussier pour les actions. Ce début de semaine est marqué par cet élément, qui a déjà alimenté l’appétit pour les valeurs technologiques en Asie ce matin. Pourquoi se concentre-t-on sur les technologiques ? Parce qu’elles sont souvent plus volatiles et offrent un meilleur effet de levier, surtout après la correction de la semaine passée.
La fin du blocage budgétaire devrait avoir plusieurs conséquences. La plus attendue par les marchés sera la publication des données statistiques qui avaient été mises en attente. Elles fourniront des indices concernant la décision de la Réserve fédérale lors de sa dernière réunion de politique monétaire de l’année, prévue pour décembre. Il est cependant difficile de prévoir le rythme des annonces et leur interprétation, notamment pour les chiffres clés comme les données sur l’emploi d’octobre, prévues pour être publiées vendredi, ainsi que les chiffres sur les prix à la consommation.
En voici les points essentiels pour débuter la semaine :
Aux États-Unis, Donald Trump a proposé un paiement de 2 000 dollars à tous les Américains, excepté ceux à revenus élevés, en compensation de l’inflation causée par les tarifs douaniers.
En Russie, le Kremlin a démenti des rumeurs sur une éventuelle disgrâce du ministre des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, qui a également laissé entendre que Moscou se préparait à un essai nucléaire.
En Hongrie, Viktor Orban a annoncé avoir reçu un “bouclier financier” de la part des États-Unis face à de possibles risques de déstabilisation de l’économie hongroise.
En Chine, l’inflation a fait son retour en octobre, les prix à la consommation ayant augmenté de 0,2 % sur un an, leur plus forte progression en neuf mois.
Dans le domaine de l’intelligence artificielle, les grandes plateformes s’efforcent de minimiser les préoccupations concernant des investissements à faible rendement, qui ont provoqué des turbulences sur les marchés. Ce sujet continuera probablement d’occuper une large place dans les médias et sur les tables financières dans un futur proche. Il est essentiel de souligner que les entreprises américaines du secteur bénéficient d’un solide soutien de la part du gouvernement. Plus qu’une question de financement, il s’agit d’une course pour la domination mondiale. Alors qu’Europe réfléchit à comment légiférer sur l’IA, Washington se presse de prendre les devants, poursuivant le principe du “gagnant prend tout”.
Du côté de l’agenda macroéconomique, il est encore trop tôt pour s’attendre à un retour immédiat des données officielles aux États-Unis, l’appareil statistique ayant besoin de temps pour redémarrer après le blocage. En Europe, les regards seront tournés vers l’indice de confiance financière ZEW de l’Allemagne (mardi) et le PIB du Royaume-Uni pour le troisième trimestre (jeudi).
Sur le plan des résultats des entreprises, les chiffres des géants technologiques chinois comme Alibaba et Tencent, ainsi que les sociétés américaines liées à l’IA, sont attendus. En Asie-Pacifique, la semaine a débuté sur une note positive après l’accord préalable atteint au Sénat américain pour mettre fin au blocage budgétaire.
Points à retenir
- Les marchés boursiers mondiaux ont connu des pertes la semaine dernière, avec une légère résistance des valeurs défensives.
- Le projet de loi de financement gouvernemental pourrait apporter des éclaircissements sur la politique monétaire à venir.
- La publication des statistiques économiques attendues sera déterminante pour le sentiment des investisseurs.
- La situation en Chine mérite une attention particulière suite à une inflation inattendue.
L’actualité économique et politique actuelle soulève de nombreuses questions. Pouvons-nous vraiment attendre une normalisation des marchés sur le long terme ? Les stratégies des grands acteurs mondiaux en matière d’intelligence artificielle seront-elles suffisantes pour maintenir une situation économique stable ? Autant de réflexions qui, à mon sens, méritent d’être approfondies à l’heure où les changements s’accélèrent.
