ven. Juin 26th, 2026

Depuis fin décembre, la plateforme X, anciennement Twitter, permettait de générer des deepfakes à caractère sexuel, tant pour les adultes que pour les mineurs, grâce à un chatbot nommé Grok. Selon une chercheuse en deepfakes, il serait généré environ 6 700 images de ce type chaque heure, la majorité provenant de femmes sans leur consentement. Malgré des plaintes, ces images n’étaient pas modérées et ont continué à être créées. En réponse à des directives de la Commission européenne, X a récemment restreint cette fonctionnalité.

Avec l’achat par le milliardaire Elon Musk, la plateforme a connu une dégradation, marquée par une réduction de l’équipe de modération, un assouplissement des règles contre la discrimination, et la réhabilitation de nombreux comptes d’extrême droite, causant ainsi une impulsion à des contenus problématiques.

En parallèle, la générativité massive de ces images témoigne d’une forme de violence numérique, ce qui a suscité des critiques mondiales. La production des deepfakes a persisté, même avec des changements annoncés sur la plateforme.

Une porte-parole préoccupée

Une représentante de l’institution indépendante chargée de la protection des enfants et adolescents contre les abus sexuels a qualifié cette situation d’inquiétante : « La facilité d’accès modifie la donne. Là où il fallait auparavant un savoir-faire technique, on peut aujourd’hui générer ces contenus par une simple commande de texte. » Ces deepfakes, souvent très réalistes, représentent un risque tangible, notamment par la sexualisation des corps d’enfants, la propagation d’images violentes, et la normalisation d’une perspective de victime.

Face à cette dégradation, de nombreuses personnes, médias et institutions ont migré vers d’autres plateformes, comme LinkedIn ou Mastodon. Même l’institution contre les abus sexuels a cessé d’utiliser X, optant pour d’autres réseaux sociaux.

Fidélité et réticence des politiques

Pourtant, les autorités, de même que des élus de divers partis, continuent d’utiliser la plateforme, même après des incidents controversés. Nous avons donc contacté le ministère de l’Intérieur et d’autres députés pour comprendre leur présence persistante sur X et les éventuelles implications sur leur réputation.

Des hésitations au sein des partis

Du côté de La Gauche, la présidente Ines Schwerdtner a indiqué que des discussions étaient en cours pour décider de l’avenir sur X. Les Verts ont également exprimé leurs préoccupations, bien qu’ils aient souligné l’importance d’utiliser les réseaux sociaux pour le dialogue.

Un équilibre précaire

Roderich Kiesewetter, un homme politique de la CDU, a évoqué les complexités de l’utilisation de X : « Cela devient une démarche délicate. Bien que les problèmes sur la plateforme soient manifestes, d’autres réseaux présentent aussi leurs propres défis. En tant que politicien, je me vois dans l’obligation de dialoguer avec le public via divers canaux, tant qu’aucune recommandation légale ne nous incite à quitter ces espaces. »

Les réponses des ministères ont été plutôt standardisées, invoquant leur rôle d’information publique tout en affirmant qu’ils réévaluent en continu leur présence sur ces plateformes. Elles sont restées constantes, tant sous l’ancienne que la nouvelle administration.

Réflexions de la Commission européenne

Un porte-parole de la Commission a signalé que l’institution est toujours présente sur X, mais cherche à diversifier ses activités sur quatorze autres réseaux. Il a insisté sur l’importance d’atteindre le public cible, quelle que soit la plateforme, tout en restant attentif aux critiques.

Points à retenir

  • La génération de deepfakes à caractère sexuel soulève des inquiétudes morales et légales.
  • La facilité d’accès à ces technologies facilite leur utilisation abusive.
  • Un grand nombre d’utilisateurs, y compris des institutions, continuent à se servir de la plateforme malgré ses dérives.
  • Les partis politiques montrent des signes de division quant à la meilleure approche à adopter vis-à-vis de X.
  • Il est nécessaire de maintenir un dialogue sur l’usage éthique des nouvelles technologies.

À mon sens, la situation actuelle représente un tournant crucial pour nos interactions sur les réseaux sociaux. Ces plateformes, bien qu’essentielles pour le dialogue public, posent des défis éthiques sans précédent. Comment trouver un équilibre entre l’utilisation de ces outils et la préservation de notre dignité humaine ? Cela mérite réflexion et débat, car ces questions dépassent le simple cadre technologique pour toucher à des enjeux sociaux fondamentaux.


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