mer. Juin 24th, 2026

La Commission nigériane de protection des données (NDPC) et Meta Platforms Inc., maison-mère de Facebook et Instagram, sont parvenues à un accord pour régler l’amende de 32,8 millions de dollars infligée à Meta ainsi que les diverses injonctions émises à son encontre, liées à des violations présumées de la vie privée des utilisateurs nigérians.

Les avocats des deux parties ont informé la Justice James Omotosho, juge à la Cour fédérale d’Abuja, qu’un accord était en cours, quelques instants seulement avant une audience prévue pour statuer sur une contestation préliminaire de la NDPC contre Meta ainsi qu’une demande de modification des documents judiciaires présentée par le géant américain.

Dans ses observations initiales, la NDPC avait affirmé que la plainte de Meta était juridiquement infondée et que la Cour n’avait pas compétence pour examiner cette affaire. Elle reprochait aussi à Meta de ne pas avoir respecté les règles relatives à la procédure de contrôle judiciaire régies par l’ordre 34 des règles de procédure civile de 2019 de la Cour fédérale.

Lors de l’audience, Fred Onwuobia, avocat principal de Meta, a indiqué que les parties privilégiaient désormais une résolution à l’amiable, demandant ainsi à la justice de suspendre son jugement afin de ne pas compromettre les négociations en cours. « Un projet d’accord a déjà été échangé », a-t-il précisé, sollicitant un report pour permettre un compte-rendu sur l’état des discussions.

Son homologue, Adeola Adedipe, a confirmé l’avancée significative des pourparlers et appelé la Cour à différer le jugement afin de pouvoir présenter un accord que la justice pourrait ratifier sous forme de « jugement sur consentement ».

Le juge Omotosho, favorable à la recherche d’un compromis, a donc décidé de repousser sa décision au 31 octobre 2025, date à laquelle il rendra soit un jugement, soit validera les termes de l’accord entre les parties.

Pour rappel, en février dernier, la NDPC avait infligé cette lourde amende à Meta, assortie de huit mesures correctives, en raison d’infractions supposées à la loi nigériane sur la protection des données. Une plainte initiale avait dénoncé l’utilisation par Meta de publicités comportementales sur Facebook et Instagram sans le consentement explicite des utilisateurs nigérians.

La Commission reprochait également à Meta de ne pas avoir soumis son audit de conformité 2022, de contrevenir aux règles de transfert transfrontalier des données et de traiter des informations concernant des personnes n’utilisant pas ses plateformes.

Meta avait contesté la procédure et les conclusions de la NDPC, arguant dans un recours introduit en mars qu’elle avait été privée de son droit à une audience équitable et d’un procès impartial. L’entreprise a demandé à la Cour d’annuler les injonctions, contestant leur conformité avec l’article 36 de la Constitution nigériane.

De son côté, la NDPC a estimé que la requête de Meta était entachée d’incohérences procédurales, reprochant à la société de vouloir modifier ses demandes en cours de route, ce qui n’est pas conforme aux règles de procédure.

Le juge avait déjà autorisé Meta à engager une procédure de contrôle judiciaire, mais refusé de suspendre l’exécution des mesures imposées par la NDPC. Après avoir entendu les arguments, il avait reporté le jugement initialement prévu à octobre 2025 pour statuer sur l’ensemble des demandes.

Points à retenir

  • Meta et la NDPC ont choisi la voie de la conciliation pour éviter un long procès autour d’une amende de 32,8 millions de dollars et plusieurs contraintes liées à des manquements à la protection des données des utilisateurs nigérians.
  • Le litige porte notamment sur le consentement des utilisateurs à des publicités ciblées, un sujet sensible dans le monde numérique actuel.
  • Le cadre légal nigérian encadre strictement la gestion des données personnelles, ce qui oblige les grandes plateformes comme Meta à s’adapter pour éviter des sanctions lourdes.
  • La nature des échanges entre Meta et la NDPC illustre les tensions croissantes entre régulateurs nationaux et géants technologiques internationaux.
  • Ce report au 31 octobre 2025 offre aux parties le temps de formaliser un accord qui pourrait servir de référence pour d’autres dossiers similaires dans la région.

Si ce dossier soulève des questions juridiques importantes autour des droits numériques, il nous invite aussi à réfléchir, en tant qu’utilisateurs, à ce que nous souhaitons vraiment autour de la protection de notre vie privée en ligne. Doit-on laisser ces plateformes gérer nos données comme bon leur semble, ou faut-il renforcer la vigilance et les contrôles ? Pour ma part, je trouve fascinant de voir à quel point ces débats, souvent techniques, ont un impact direct sur notre quotidien. Comme quoi, la tech, ce n’est pas que des machines et des codes, c’est aussi une histoire bien humaine… avec un soupçon de suspense digne d’un vrai feuilleton judiciaire !


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *