mer. Juin 24th, 2026

New York —

Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, a récemment déclaré lors d’une conférence sur les résultats financiers de juillet que les personnes ne portant pas de lunettes intelligentes pourraient bientôt être en « désavantage cognitif significatif » par rapport à celles qui utilisent cette technologie. Une vision audacieuse de l’avenir que Meta entend concrétiser lors de sa conférence Meta Connect cette semaine, où l’entreprise dévoilera sa stratégie et ses nouveautés.

Selon plusieurs rapports, Meta devrait présenter une nouvelle paire de lunettes intelligentes dotées d’intelligence artificielle, succédant aux Ray-Ban Stories, ses premières lunettes intelligentes commercialisées avec le groupe EssilorLuxottica. Ces lunettes, conçues pour analyser l’environnement et répondre aux questions des utilisateurs, ont rencontré un succès encourageant. Les revenus générés par ces lunettes chez EssilorLuxottica ont en effet plus que triplé en un an, positionnant Meta en leader du marché.

Si les lunettes intelligentes ne sont pas près de remplacer les smartphones, elles représentent pour Meta un moyen d’engager directement les consommateurs, diminuant sa dépendance envers le smartphone. Ce développement est crucial pour le projet de « super intelligence personnelle » que Zuckerberg décrit comme une intelligence artificielle capable de nous comprendre en profondeur, de saisir nos objectifs et de nous aider à les accomplir.

La concurrence s’annonce féroce, avec des géants comme Samsung, Google, Snap, et Amazon qui travaillent également sur leurs propres lunettes connectées intégrant la réalité augmentée, cette technologie qui superpose des images numériques au monde réel. Meta a pris une longueur d’avance avec les Ray-Ban Stories, principalement pensées pour la prise de photos et vidéos sans utiliser les mains.

Cependant, Meta n’est pas le premier à investir ce secteur. Google a lancé Google Glass en 2013, un produit qui n’avait pas séduit à cause de son coût élevé, son esthétique discutable, ses fonctions limitées et son autonomie faible. Aujourd’hui, les progrès technologiques permettent d’intégrer processeurs, batteries et caméras dans des designs plus compacts, légers et abordables, rendant ces lunettes plus attractives et fonctionnelles.

L’essor de l’intelligence artificielle est au cœur de cette nouvelle génération de lunettes. Les assistants virtuels capables de répondre instantanément aux questions liées à l’environnement rendent ces appareils bien plus pratiques. Par exemple, avec les lunettes Meta, un utilisateur peut interroger l’IA sur le goût d’un poivron ou traduire un panneau en temps réel.

Selon Bloomberg, Meta prépare un nouveau modèle doté d’un affichage directement sur les verres pour consulter applications et notifications, ainsi qu’un bracelet pour faciliter le contrôle gestuel. Ces innovations seront très probablement présentées lors de la conférence Meta Connect, qui mettra l’accent sur les « dernières innovations en matière de lunettes IA ». L’an dernier, Meta avait montré un prototype de lunettes Orion en réalité augmentée.

À l’heure actuelle, les Ray-Ban Meta ne projettent aucune image sur leurs verres, ce qui oblige les utilisateurs à se fier au son ou à une application smartphone, un point où elles pourraient être dépassées par les verres de Google offrant un affichage visuel en plus des réponses vocales. Guillaume Chansin, analyste chez Counterpoint Research, souligne que remplacer un smartphone sans retour visuel reste un défi important.

Cette ruée vers les lunettes intelligentes s’inscrit dans la tendance générale des géants de la tech à chercher à saisir la prochaine grande révolution technologique post-smartphone. L’adoption massive des écouteurs sans fil, comme les AirPods d’Apple, illustre le potentiel pour ces accessoires de devenir les nouveaux incontournables du quotidien, avec des fonctions proches : appels, communication avec assistants numériques, sans sortir son téléphone. Melissa Otto, responsable de la recherche chez S&P Global Visible Alpha, évoque l’éventuelle évolution des lunettes intelligentes en « AirPods du futur ».

Malgré ces perspectives, Meta fait face à plusieurs obstacles. Le marché des lunettes intelligentes reste de niche, avec une prévision de 13 millions d’unités expédiées en 2026, un chiffre bien modeste comparé aux centaines de millions de smartphones vendus chaque trimestre. Par ailleurs, la division Reality Labs de Meta, qui développe ces lunettes et les casques de réalité virtuelle Quest, affiche une perte opérationnelle de 4,5 milliards de dollars lors du 2e trimestre fiscal 2025, alors que les applications Meta génèrent 583 millions de dollars de revenus.

Pour Meta, les lunettes intelligentes ne sont peut-être pas une source majeure de revenus immédiate, mais elles pourraient permettre à la société de s’affranchir, à terme, des géants comme Apple et Google dans la distribution de ses services. Des tensions avec Apple sur les règles de l’App Store témoignent de ce désir d’indépendance : Zuckerberg a déjà critiqué la mainmise d’Apple sur les applications disponibles sur ses appareils.

Si les lunettes devenaient la principale interface pour discuter en vidéo ou naviguer sur les réseaux sociaux, Meta gagnerait alors un précieux contrôle sur l’expérience utilisateur, sans passer par les écosystèmes fermés des smartphones. Pour l’instant, malgré l’exposition massive de Facebook, Instagram ou Threads via smartphone, aucun utilisateur ne semble prêt à abandonner son iPhone au profit des lunettes intelligentes.

Mark Zuckerberg présentant les lunettes Ray-Ban Stories lors de Meta Connect, Menlo Park, 27 septembre 2023

En résumé, Meta espère que ses nouvelles lunettes intelligentes, enrichies à l’IA, seront le vecteur d’une nouvelle ère technologique où la frontière entre notre environnement quotidien et l’information numérique s’efface peu à peu. Reste à voir si le grand public adoptera en masse ces lunettes, alors que le smartphone règne encore en maître incontesté.

Points à retenir

  • Mark Zuckerberg anticipe un futur où ne pas porter de lunettes intelligentes constituerait un « désavantage cognitif majeur ».
  • Meta s’apprête à lancer une nouvelle paire de lunettes intelligentes avec IA, successeur des Ray-Ban Stories.
  • Ces lunettes permettent d’interagir avec l’environnement instantanément, par exemple en traduisant ou reconnaissant des objets.
  • Le marché est concurrentiel, avec Samsung, Google, Snap et Amazon également présents.
  • Les technologies embarquées deviennent plus compactes et abordables, rendant les lunettes plus pratiques.
  • La prochaine génération intégrera un affichage sur les verres et un bracelet pour commander les fonctions.
  • Smartphones et lunettes intelligentes ne sont pas encore comparables en popularité ou en usages.
  • Le challenge technologique majeur reste de proposer un retour visuel suffisant pour remplacer un smartphone.
  • Meta souhaite, via ces lunettes, réduire sa dépendance aux plateformes mobiles d’Apple et Google.
  • Les pertes actuelles dans la division Reality Labs montrent combien l’enjeu est encore risqué et incertain.

En conclusion, cette bataille pour l’avenir de la tech post-smartphone illustre bien comment les géants de la Silicon Valley cherchent à nous convaincre que porter des lunettes connectées sera bientôt aussi naturel que de consulter son téléphone. Le tout avec cette promesse d’une « super intelligence » qui en sait plus sur nous que notre meilleur ami. Perso, j’attends encore le moment où ces lunettes réussiront à me faire un café ou à me raconter une bonne blague sans faire planter l’IA. Mais patience, Meta a sûrement un plan… ou au moins un prototype cool à nous présenter ce soir.


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